Hollande prend de la hauteur, Valls à la manoeuvre

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FRANÇOIS HOLLANDE EN PRÉSIDENT ET MANUEL VALLS À LA MANOEUVRE
FRANÇOIS HOLLANDE EN PRÉSIDENT ET MANUEL VALLS À LA MANOEUVRE

par Elizabeth Pineau et Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - François Hollande centré sur le rassemblement national et Manuel Valls engagé sur l'emploi et dans les joutes politiques : les deux hommes se partagent les rôles en cette fin d'année marquée par les attentats, la COP21 et un scrutin régional détonant.

Après avoir laissé son Premier ministre en première ligne depuis le second tour des régionales, le président s'est exprimé mercredi devant le gouvernement pour évoquer l'urgence de dresser des "ponts" et de défendre l'"unité nationale" dans un pays au "visage fragmenté", allusion au nouveau record de voix enregistré par le Front national.

Comme un symbole, il inaugurera vendredi un "monument des Fraternisations" à Neuville-Saint-Vaast (Pas-de-Calais) en compagnie du président élu de la grande région Nord, le Républicain Xavier Bertrand, qui a été élu grâce aux voix socialistes après le retrait des listes PS.

"Représidentialisé" après les attentats du 13 novembre à Paris qui ont fait 130 morts et le succès de la conférence sur le climat, le chef de l'Etat veut capitaliser sur sa fragile remontée dans les sondages de popularité.

"Le président veille à rester dans la vision, à la bonne hauteur, régalien, dans l'idée de rassemblement de la Nation", souligne son entourage, qui prédit des voeux du 31 décembre dans la même veine.

Après avoir franchi la barre des 50% de bonnes opinions dans plusieurs sondages, François Hollande gagne 14 points dans le dernier tableau de bord Ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud-Radio, doublant le président des Républicains Nicolas Sarkozy.

LA SITUATION RESTE DIFFICILE

Mais la situation reste délicate, comme le souligne un sondage TNS Sofres-OnePoint pour Le Figaro, LCI et RTL selon lequel le chef de l'Etat n'accéderait pas au second tour de l'élection présidentielle s'il avait en face de lui Nicolas Sarkozy ou Alain Juppé.

A 16 mois de l'échéance, François Hollande reprendra la parole lors de ses voeux distillés durant tout le mois de janvier qui le verra se rendre plusieurs fois en régions, notamment pour ses voeux à l'armée.

Manuel Valls, lui, est à la manoeuvre.

Après s'être concentré durant toute la campagne électorale sur l'idée de faire barrage au Front national, jusqu'à parler de risque de "guerre civile", le Premier ministre a multiplié les interventions dans les médias et a soutenu Claude Bartolone dans sa campagne, finalement perdue, en Ile-de-France.

Dimanche soir, le chef de la majorité a tiré le premier les enseignements du scrutin, promettant de donner aux Français "la preuve que la politique ne reprend pas comme avant".

Le lendemain sur France 2, il annonçait un plan pour l'emploi, alors que François Hollande a fait de la baisse du chômage une condition de son retour dans la course à l'Elysée.

REMANIEMENT "PAS À L'ORDRE DU JOUR"

"Personne ne va inventer en deux jours une politique qui permettrait de régler les problèmes de chômage et de précarité, c'est un travail de longue haleine", analysait-on mardi dans l'entourage du Premier ministre.

"On est confrontés à une urgence, on doit prendre des mesures fortes au mois de janvier et d'un autre côté des sujets de fond qui demandent un travail de fond et de la raison. Et personne n'a des solutions toutes faites", ajoutait-on.

Pour ce faire, le Premier ministre n'écarte pas de faire appel à toutes les bonnes volontés, y compris à droite. Il recevra les partenaires sociaux en janvier, ainsi que les nouveaux présidents de régions aux côtés de François Hollande à l'Elysée.

Quant à l'idée d'un remaniement, elle n'est "pas à l'ordre du jour", répète-t-on à l'Elysée.

"S'il y en a un, il faut qu'il ait un sens", ajoute-t-on à Matignon, où l'on rappelle que la "porte reste ouverte" aux Verts, en délicatesse avec les positions de Manuel Valls jugées trop droitières, tout en n'écartant pas un rapprochement avec le centre.

Au gouvernement, on évoque une nécessaire refonte de l'équipe actuelle pour lancer les derniers chantiers et créer des convergences en vue de 2017.

"Le rassemblement devra se faire dès le premier tour", rappelle un ministre, qui table sur un remaniement après la fin de l'état d'urgence, prévue pour l'instant fin février. "Ce qui manque c'est la diversité politique. Hollande n'a pas envie d'un chamboule-tout, il veut une continuité et un élargissement."

(Edité par Yves Clarisse)

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  • M4760237 le samedi 19 déc 2015 à 13:24

    Le cap de Hollande et Valls, c'est le doublement du chômage d'ici 2017 : 10,5% x 2. L'idée leur serait venue à la COP21 !

  • JOG58 le mercredi 16 déc 2015 à 19:25

    il prend de la hauteur ah bon, personne ne s'en était rendu compte.Même en grimpant sur une grande echelle il aura du mal a en prendre de la hauteur....

  • indyta le mercredi 16 déc 2015 à 19:03

    et je rejouterais aussi, que pretendre que personn e n a de solutions..mouais,deja, on commence par le bon sens...et tout s enchaine...comme aux echecs

  • indyta le mercredi 16 déc 2015 à 19:02

    ceci ecrit, je me vois bien en train de dire ca a mon boss, le coup de pompe quelque part..lol!!

  • indyta le mercredi 16 déc 2015 à 19:00

    ... et d'un autre côté des sujets de fond qui demandent un travail de fond et de la raison. Et personne n'a des solutions toutes faites", ajoutait-on...bah oui c est justement le boulot que nos elus devait abattre depuis leurs investitures..

  • gchevrie le mercredi 16 déc 2015 à 18:26

    ça fait vingt ans que c'est une urgence !!!

  • danielk6 le mercredi 16 déc 2015 à 18:25

    Il ne prend pas de la hauteur il devient de plus en plus gros ce n'est pareil!

  • ANOSRA le mercredi 16 déc 2015 à 17:54

    C'est sûr qu'après avoir circulé en scooter Piaggo au début de son mandat, il ne pouvait pas descendre plus bas et donc prendre de la hauteur ne semble pas un exploit après 4 ans dans ce poste !