Hollande plus inspiré par Mandela et Obama que par l'Elysée

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FRANÇOIS HOLLANDE CITE BARACK OBAMA PARMI SES MODÈLES DANS UN ENTRETIEN À PARIS MATCH
FRANÇOIS HOLLANDE CITE BARACK OBAMA PARMI SES MODÈLES DANS UN ENTRETIEN À PARIS MATCH

PARIS (Reuters) - François Hollande cite Nelson Mandela et Barack Obama parmi ses modèles dans un long entretien à Paris Match où le candidat socialiste à la présidentielle confie qu'il ne vivra peut-être pas à l'Elysée s'il est élu le 6 mai prochain.

Les chefs d'Etat qui l'ont marqué sont l'ancien président sud-africain, "pour son courage", et l'actuel président américain, "pour le symbole exceptionnel qu'il représente".

François Hollande cite aussi, dans l'entretien à paraître jeudi, l'ancien chancelier allemand Helmut Kohl, "pour la force qui émanait de lui et la conscience de sa responsabilité historique au moment de la réunification de l'Allemagne".

L'ancien président brésilien Luis Inacio Lula da Silva est lui aussi sur la liste, "pour avoir réussi à rester lui-même, fidèle à ses valeurs, à son combat syndical et, en même temps, à faire du Brésil un des pays les plus dynamiques du monde".

Pour ce qui est de vivre sous les ors de l'Elysée, François Hollande, qui a promis d'être un président "normal", n'est pas très chaud.

"Etre président, sauf pour des raisons impérieuses de sécurité, ne suppose pas de vivre à l'Elysée", dit-il. "Je veux garder la simplicité qui est la mienne aujourd'hui".

Parmi ses modèles, François Hollande ne cite pas Jacques Chirac, fidèle à la même terre de Corrèze et dont on le dit proche, mais il affirme avoir retenu de l'ancien président un conseil :

"Il m'a indiqué que lui-même s'était, comme candidat, fixé une règle : n'être jamais impressionné par rien, et surtout pas par son adversaire", confie l'ancien patron du PS.

François Mitterrand n'est pas oublié, notamment pour avoir su "dépasser les clivages" et combattre pour l'indépendance de la France.

Quant à l a chancelière Angela Merkel, qui a affiché son soutien à Nicolas Sarkozy et critiqué François Hollande pour sa volonté de renégocier le traité européen sur la discipline budgétaire, il lui promet de collaborer avec elle.

"Nous avons à travailler ensemble", dit-il.

"J'AI TOUJOURS EXERCÉ UN LEADERSHIP"

François Hollande, à qui ses adversaires politiques reprochent de ne pas être un chef et de ne pas savoir trancher, livre ensuite sa conception du pouvoir en se défendant de manquer d'autorité.

"J'ai toujours exercé un leadership", dit-il. "Il y a le chef qui fait peur, qui brutalise, qui soumet, et le chef qui fixe la direction à suivre, rassemble et donne confiance. Ce qui fait l'autorité, c'est l'espérance que celle-ci permet de lever, le respect qu'elle confère. Pas sa proclamation".

Le candidat socialiste dit encore préférer "un bon et durable compromis à un passage en force qui ne règle rien" et égratigne au passage la gouvernance de son principal rival, le président-candidat Nicolas Sarkozy.

"Que ceux qui s'interrogent sur ma capacité à décider regardent comment ils ont été incapables de bien décider", dit-il.

François Hollande promet en outre la transparence sur son état de santé, qu'il assure excellent, et rend hommage à sa compagne, Valérie Trierweiler, une ancienne journaliste politique à Paris Match.

"Valérie, elle, m'apporte ce qui est le plus important, son amour et sa confiance. Puis son regard de journaliste, toujours précieux", dit-il.

Le favori des sondages, qui a déjà fait savoir que lui et sa compagne ne souhaitaient pas se marier, refuse de s'étendre sur le sujet.

"C'est notre vie. Nous en déciderons ensemble", dit-il.

Patrick Vignal, édité par Yves Clarisse

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