Hollande "ouvre la porte" à une Inde curieuse de la France

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FRANÇOIS HOLLANDE ACHÈVE SA VISITE EN INDE AVEC PLEIN DE PROMESSES
FRANÇOIS HOLLANDE ACHÈVE SA VISITE EN INDE AVEC PLEIN DE PROMESSES

par Elizabeth Pineau

BOMBAY (Reuters) - Pauvre en contrats signés mais riche en promesses, la visite de François Hollande en Inde s'est achevée vendredi sous le regard curieux d'une presse locale qui a découvert un président décidé à stimuler les échanges économiques avec le sous-continent.

"French connection", ose le journal économique Mint sous une photo du président français et du Premier ministre Manmohan Singh. Le quotidien évoque la possible d'une vente record de 126 avions Rafale français, pour quelque 11 milliards d'euros, qui pourrait être finalisée d'ici l'été.

Mail Today choisit le même angle, en insistant sur le souci de probité des autorités françaises à l'heure où des soupçons de pots-de-vin entachent la vente à l'Inde d'hélicoptères construits par la firme italienne Finmeccanica.

Indulgent pour le président, mais sévère pour l'économie française, l'Hindustan Times souffle, lui, le chaud et le froid.

Un portrait intitulé "La nature sympathique de Hollande va-t-elle bénéficier à l'Inde ?" décrit un homme "amical", "plus souriant que tous ses prédécesseurs".

"En choisissant l'Inde pour une première visite bilatérale dans un pays d'Asie, avant la Chine en avril, il a montré que la relation avec l'Inde revêtait d'une grande importance pour la France", peut-on lire.

Le même journal dénonce la faible compétitivité française.

"Pour être un partenaire de l'Inde d'aujourd'hui, la France, frappée par la crise de l'Union européenne, doit être plus économe et affûtée chez elle", juge-t-on.

"TOUTE LA PORTE VOUS EST OUVERTE"

François Hollande a abordé le sujet à plusieurs reprises, affirmant que l'Inde et la France partageaient le souci de "hisser leur taux de croissance" - à la différence près que ce dernier devrait frôler les 5% en Inde cette année, tandis que la France peinera à atteindre les 0,8% prévus.

"Nous, en France, nous luttons pour que la croissance ne soit pas en dessous de zéro, nous y parviendrons !", a tenté de plaisanter François Hollande dans un discours à New Delhi.

"La crise de la zone euro est derrière nous", a aussi assuré le chef de l'Etat, selon qui "il ne peut pas y avoir de progrès pour un grand pays comme l'Inde s'il n'y a pas une Europe qui connaît stabilité, confiance et croissance".

Accompagné par six ministres et une cinquantaine de patrons, François Hollande a invité les entrepreneurs indiens à regarder vers la France.

"Vous n'avez pas une fenêtre, vous avez toute la porte qui vous est ouverte !", a-t-il lancé devant un parterre de décideurs économiques à Bombay.

Le président socialiste, qui a rencontré l'ensemble des dirigeants indiens, opposition comprise, a insisté sur les valeurs partagées par la France et l'Inde, deux "grandes démocraties" unies "pour la paix".

Qu'il s'agisse du nucléaire iranien ou de l'avenir de l'Afghanistan, il a salué un pays "qui à chaque fois cherche par la négociation à éviter le conflit, qui ne répond à aucune provocation (...), qui intervient partout pour favoriser les médiations ultimes, qui pour se faire comprendre assure pleinement sa sécurité".

François Hollande a remis la Légion d'honneur à Amartya Sen, 80 ans, prix Nobel d'économie dont les travaux sur le développement sont reconnus dans le monde entier.

Le président a fait sienne une parabole de l'universitaire indien sur une flûte que se disputent trois enfants qui estiment la mériter : le premier sait en jouer, le second est pauvre et le troisième a fabriqué l'instrument.

"Quel est le bon chemin ? Il n'est pas tracé d'avance", a dit le président. "Dès lors, c'est à la démocratie de définir non pas une justice absolue mais de choisir ce qui est le plus utile à la société".

Edité par Yves Clarisse

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