Hollande oppose sa fermeté aux syndicats, qui visent Valls

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    * Le président ira "jusqu'au bout" sur la loi Travail 
    * Il tente de redresser la barre après les cafouillages 
    * La CGT et FO dénoncent l'autoritarisme de Valls 
    * Matignon assume, "quitte à être impopulaire" 
 
 (Actualisé avec Hollande et Matignon) 
    PARIS, 23 juin (Reuters) - François Hollande a ignoré jeudi 
les tentatives de la CGT et Force ouvrière de l'opposer à Manuel 
Valls sur la loi Travail, réaffirmant qu'il irait "jusqu'au 
bout" de la réforme malgré une nouvelle mobilisation nationale. 
    En affichant la détermination et l'unité de l'exécutif, le 
chef de l'Etat s'est efforcé de dissiper la confusion qui a 
présidé mercredi à l'interdiction, puis finalement 
l'autorisation du défilé parisien.   
    "Sur ce projet de loi, nous irons jusqu'au bout", a-t-il 
souligné lors d'un discours à la Cité de refuge de l'Armée du 
salut, à Paris, où il a insisté sur son souci de "réduire les 
inégalités".  L8N19F1YY  
    Les dirigeants de la CGT et FO en avaient appelé jeudi matin 
au président pour débloquer la situation en mettant en cause 
l'intransigeance supposée de son Premier ministre Manuel Valls. 
    "Il faut qu'il prenne les affaires en main", a dit sur BFM 
TV le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez à propos de 
François Hollande, en soulignant que la CGT n'avait reçu à ce 
jour aucune réponse à un courrier adressé le 20 mai à l'Elysée. 
    "C'est le président de la République, c'est à lui à un 
moment donné de prendre une responsabilité", a renchéri sur 
Europe 1 le numéro un de FO Jean-Claude Mailly. 
    Philippe Martinez a demandé mercredi à François Hollande de 
recevoir "très rapidement" les organisations syndicales et de 
jeunesse. 
    Les deux responsables syndicaux s'en sont pris à Manuel 
Valls, qui, selon Philippe Martinez, "remet de l'huile sur le 
feu (...) à chaque fois qu'on essaye d'apaiser les choses". 
     
    "HUILE SUR LE FEU" 
    "Dès qu'une porte s'entrouvre pour essayer de trouver une 
solution, lui la ferme et ça c'est un problème", a-t-il ajouté 
en référence aux menaces d'interdiction brandies par Manuel 
Valls peu de temps après la rencontre entre le dirigeant de la 
CGT et la ministre du Travail, Myriam El Khomri, vendredi 
dernier. 
    Jean-Claude Mailly a opposé pour sa part le dialogue mené 
avec le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, qui a négocié 
-- avec l'aval de Matignon, assure l'entourage du Premier 
ministre -- un compromis sur la manifestation parisienne, à la 
fermeture présumée du Premier ministre. 
    "Quand vous avez un interlocuteur qui accepte de dialoguer, 
on finit par trouver une solution. Ça a été le cas hier. 
J'aimerais bien que le Premier ministre, il sache dialoguer  
également", a-t-il dit. 
    "S'il acceptait de discuter des points-clés, qu'il ne soit 
pas raide comme il l'est depuis plusieurs semaines, ce conflit 
serait terminé depuis longtemps", a ajouté le dirigeant de FO. 
    Aux critiques visant Manuel Valls, qui émanent autant des 
syndicats que d'une partie de la majorité, Matignon répond 
qu'"il faut assumer ce cadre, quitte à être impopulaire". 
    "L'exercice des responsabilités est difficile, il faut 
savoir tenir", ajoute-t-on. 
    A ceux qui disent le chef du gouvernement isolé, son 
entourage renvoie au déjeuner qui a réuni mercredi une 
cinquantaine de parlementaires socialistes et une dizaine de 
ministres, dont Jean-Jacques Urvoas (Justice) et Myriam El 
Khomri.        
 
 (Elizabeth Pineau, Yann Le Guernigou et Jean-Baptiste Vey, 
édité par Sophie Louet) 
 
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  • g.pajot il y a 6 mois

    La fermeté serait de changer le mode de financement des syndicats et de stopper le financement par nos impôts...