Hollande mobilise pour rendre la victoire "irréversible"

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FRANÇOIS HOLLANDE EN MEETING À CLERMONT-FERRAND
FRANÇOIS HOLLANDE EN MEETING À CLERMONT-FERRAND

par Elizabeth Pineau

CLERMONT-FERRAND (Reuters) - "Le vote va se cristalliser dans les derniers jours, les dernières heures", a prévenu François Hollande jeudi en Auvergne à dix jours du premier tour de l'élection présidentielle, prélude à une "victoire" qu'il espère "irréversible".

Le candidat socialiste a mobilisé des milliers de personnes réunies place de Jaude, au coeur de Clermont-Ferrand, "où on me dit qu'on ne fête que des victoires".

"On va gagner mais je veux mériter notre victoire", a-t-il lancé, invitant les électeurs à rendre sa victoire "irréversible, irrépressible, inévitable" le 6 mai.

"C'est long encore dix jours", a-t-il reconnu devant une place noire de monde malgré le temps frais et la nuit tombante. "C'est finalement les jours les plus importants de la campagne que j'ai engagée il y a un an déjà".

Fort d'enquêtes d'opinion encourageantes, François Hollande a envoyé un message de prudence teintée de confiance, à trois jours de son grand meeting de Vincennes qui coïncide avec celui du président Nicolas Sarkozy place de la Concorde.

"Je ne dis pas que nous avons gagné, c'est bientôt que nous le saurons. Méfions-nous des annonces prématurées", a dit le député socialiste. "Nous n'avons rien gagné tant que les électeurs n'ont pas voté".

"Ce ne sont pas les marchés qui s'affolent, en ce moment c'est la droite qui s'affole !", a-t-il aussi lancé. "La leçon, elle va être donnée le 6 mai à ceux qui ont mal géré la France".

François Hollande a ajouté aux grandes lignes de son programme quelques éléments régionaux, promettant ainsi d'amener en Auvergne le TGV et l'internet à haut débit.

Il a par ailleurs marqué sa différence avec le candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon, affirmant qu'il ne saurait être "le candidat qui agrège toutes les colères, toutes les frustrations, tous les mécontentements".

Avant lui à la tribune, le sénateur Robert Hue, ex-candidat communiste à l'Elysée ayant choisi de soutenir François Hollande plutôt que Jean-Luc Mélenchon, a engagé à "prononcer, le 6 mai, le licenciement sans indemnités de Nicolas Sarkozy".

LES DERNIERS JOURS, LES DERNIÈRES HEURES

Invitant à "ne pas se tromper d'adversaire", il a mis en garde sans le nommer contre "le candidat d'une partie de la gauche au nom de je ne sais quel ancrage plus à gauche, de je ne sais quelle vertu révolutionnaire".

"Cette chance, il nous est interdit de la gâcher", a conclu Robert Hue sous les applaudissements.

Malgré la confiance affichée de socialistes impatients de revenir aux affaires dont ils sont écartés depuis dix ans, François Hollande a de nouveau délivré un message de prudence face aux journalistes.

"Le vote va se cristalliser dans les derniers jours, les dernières heures. C'est en ce sens que les enquêtes d'opinion sont toujours en retard par rapport à ce que va être le scrutin', a-t-il dit.

Il a souligné que le 21 avril 2002, "les enquêtes sortie des urnes donnaient Lionel Jospin au second tour" alors qu'il allait être devancé par le candidat de l'extrême droite Jean-Marie Le Pen.

Avant le meeting, François Hollande s'est promené dans le centre-ville, où les commentaires au sujet de l'élection étaient mitigés.

"Moi je vais voter François Hollande dès le premier tour même si je me demande quand même où il va trouver l'argent. Je ne veux pas Sarkozy contre Le Pen au second tour, ça non", dit une Clermontoise.

Une jeune femme annonce qu'elle va voter "pour Nicolas Sarkozy parce que ses propositions sont les plus réalistes". Une autre passe son chemin : "Moi et la politique, ça fait deux". Une troisième avoue que le discours de Jean-Luc Mélenchon lui a "attiré l'oeil".

Dans l'institut d'apprentissage visité par François Hollande en début d'après-midi, de futurs garagistes restent stoïques : "Il nous a salué, oui, mais n'importe quel candidat en visite ici nous aurait serré la main".

Dans la salle réservée aux apprentis coiffeurs, François Hollande ose un dernier bon mot : "L'important c'est de ne pas se faire tondre !"

Elizabeth Pineau, édité par Gérard Bon

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