Hollande met en garde Macron, sans trancher le conflit

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    * Il l'invite à respecter "les règles" sous peine d'éviction 
    * Pas de "démarche présidentielle" dans un gouvernement, 
dit-il 
    * Aller à la rencontre des citoyens, "c'est utile" 
    * La droite et le FN accusent Hollande d'impuissance 
 
 (Actualisé avec citations, réactions, contexte) 
    par Sophie Louet et Elizabeth Pineau 
    PARIS, 14 juillet (Reuters) - François Hollande a mis en 
demeure jeudi Emmanuel Macron de respecter les règles de 
"solidarité" du gouvernement au risque d'en être évincé, mais il 
n'a pas désavoué l'émancipation politique de son ministre de 
l'Economie. 
    Le Premier ministre, Manuel Valls, s'en est pris violemment 
mercredi à l'initiateur d'"En Marche!", au lendemain d'un 
premier meeting à Paris en vue de 2017, en l'accusant de "céder 
aux sirènes du populisme".  
    Le ministre n'a toujours rien révélé de ses intentions pour 
l'élection présidentielle et cette ambiguïté irrite au plus haut 
point dans les rangs du gouvernement et de la gauche, où des 
voix ont appelé à sa démission. 
    François Hollande, qui avait déjà mis en garde son ancien 
conseiller par le passé, n'est pas allé jusqu'à la rupture, 
préférant renouveler l'avertissement en termes diplomatiques. 
    Emmanuel Macron, a-t-il dit sur TF1 et France 2, "a mené des 
réformes, il en mène encore, il a des idées, il veut rencontrer 
les citoyens, et là dessus, c'est utile. Il faut toujours aller 
à la rencontre des autres, toujours proposer des idées 
nouvelles." 
    Mais, a ajouté le président, "il y a des règles dans un 
gouvernement. La première règle, c'est la solidarité, c'est 
l'esprit d'équipe, c'est de défendre le bilan, c'est d'être à 
plein temps dans sa tâche et donc c'est une règle qu'il doit 
respecter." 
    "Et puis il y en a une deuxième : dans un gouvernement, il 
n'a pas de démarche personnelle, encore moins présidentielle, il 
y a tout simplement servir et servir jusqu'au bout." 
    "Respecter ces règles, c'est rester au gouvernement, ne pas 
les respecter, c'est ne pas y rester", a souligné le chef de 
l'Etat. 
    "Chacun maintenant est informé", a-t-il prévenu. "Si elle 
(la règle) n'est pas respectée, il y aura les conséquences que 
je viens d'indiquer". 
    François Hollande a salué au passage l'"autorité", le 
"courage" et "le sens de l'intérêt général" du Premier ministre. 
"Il le fait aussi avec sa personnalité, mais heureusement", 
a-t-il ajouté. 
     
    "SCÈNE DE MÉNAGE" 
    Manuel Valls et Emmanuel Macron se sont embrassés jeudi sur 
la place de la Concorde, en marge du défilé du 14-Juillet auquel 
ils ont assisté avec les autres membres du gouvernement sans 
laisser percer la moindre animosité. 
    "Le 14 juillet, c'est le jour de la fête nationale, ce n'est 
pas le jour des petites phrases, des commentaires", a dit 
Emmanuel Macron sur TF1 alors qu'on l'interrogeait sur la crise 
en cours. 
    Avant François Hollande, Jean-Yves Le Drian, un proche du 
chef de l'Etat, s'était chargé de rappeler à l'ordre Emmanuel 
Macron en termes moins choisis. 
    "Le meilleur joueur (...), s'il joue tout seul, il ne marque 
pas", a dit le ministre de la Défense sur RTL. "Donc je souhaite 
qu'Emmanuel Macron soit bien dans le collectif." 
    "Il y a une chaîne de commandement, dans ce pays il y a un 
président de la République et un Premier ministre, il n'y a pas 
de ménage à trois", a-t-il ajouté. 
    L'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, aujourd'hui à 
la tête de la diplomatie française, avait pour sa part écarté 
l'hypothèse d'une éviction du ministre. 
    "Vous pensez qu'on a besoin d'une crise politique? Vous 
croyez que le pays attend ça aujourd'hui?" a-t-il lancé sur 
Europe 1.   
    La droite et le Front national ont reproché à François 
Hollande impuissance et ambiguïté. 
    Eric Woerth, secrétaire général des Républicains, a fustigé 
en François Hollande et Emmanuel Macron "la rencontre de deux 
faiblesses", un ministre tenté par la présidentielle et un 
président qui n'ose pas s'en séparer. "C'est un vrai problème", 
a-t-il commenté sur BFM TV, estimant que le président n'avait 
pas "été clair du tout". 
    "Il a décerné un énième carton jaune à Emmanuel Macron sans 
oser l'expulsion. Où est l'autorité ? Où est la responsabilité 
?", écrit pour sa part François Fillon dans un communiqué. 
    Pour Florian Philippot, vice-président du FN qui s'exprimait 
sur BFM TV, François Hollande est le simple "spectateur de la 
scène de ménage entre Manuel Valls et Emmanuel Macron." 
 
 
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  • phili646 il y a 5 mois

    INDECIS 1er ne tranche toujours pas, comme du temps où il était premier secrétaire du PS !!!!

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