Hollande-Les accords franco-britanniques sur Calais maintenus

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 (Actualisé avec Xavier Bertrand, Natacha Bouchart) 
    BRUXELLES/PARIS, 29 juin (Reuters) - Les accords 
franco-britanniques du Touquet sur l'immigration à Calais ne 
seront pas remis en cause après le vote des Britanniques sur le 
"Brexit", mais la situation des migrants peut être améliorée, a 
déclaré mercredi François Hollande.  
    Xavier Bertrand, le président Les Républicains de la région 
Hauts-de-France, et la maire LR de Calais Natacha Bouchart se 
sont élevés contre la décision du chef de l'Etat. 
    "Je voudrais lui dire (au président de la République) que 
faire comme si le 'Brexit' n'avait aucune conséquence sur la 
gestion du dossier des migrants à Calais, faire comme si le 
'Brexit' n'avait pas existé, ça n'a pas de sens", a déclaré 
Xavier Bertrand à la presse.      
    Les accords du Touquet, signés en 2010, ont pour principal 
objet de situer la frontière franco-britannique, et donc les 
contrôles, à Calais, afin de mieux maîtriser les flux 
migratoires. 
    "Remettre en cause l'accord du Touquet au prétexte que le 
Royaume-Uni a voté le 'Brexit' (...) n'a pas de sens", a déclaré 
François Hollande à l'issue d'une rencontre entre les 27 - les 
28 pays de l'Union sans le Royaume-Uni - à Bruxelles. 
    "Ce qui doit peut-être être revu, c'est comment mieux 
fonctionner entre Royaume-Uni et France pour améliorer la 
situation de ces migrants, des mineurs", a-t-il ajouté.  
     
    "POLITIQUE PARTISANE" 
    François Hollande a ironisé sur le fait que ceux qui 
demandent la suppression des accords "sont ceux-là même qui 
l'ont conclu". "C'est un vieux principe en France et dans la 
droite française, c'est de vouloir défaire ce qu'ils ont fait." 
    Xavier Bertrand a demandé au gouvernement français de 
dénoncer les accords du Touquet dès le lendemain du vote des 
Britanniques, pour déplacer la frontière au Royaume-Uni. 
    Il a réitéré sa demande en fin de journée mercredi auprès du 
ministre de l'Intérieur, qui recevait les quatre élus de la 
région concernés par le dossier. Mais Bernard Cazeneuve leur a 
confirmé la position de François Hollande. 
    Xavier Bertrand a jugé "surprenant" que le chef de l'Etat 
"déplace ce sujet sur le terrain de la politique partisane". 
"Nous avons toujours travaillé dans un esprit républicain", 
a-t-il dit. 
    Natacha Bouchart a quant à elle répété que les Britanniques 
devaient "assumer les conséquences" de leur vote. "C'est chez 
eux, dans un centre de réfugiés qu'ils doivent créer, que les 
décisions doivent être prises pour savoir s'ils acceptent ou pas 
les migrants", a-t-elle dit.  
    Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron avait indiqué en 
mars qu'en cas de "Brexit", "la France ne retiendrait plus les 
migrants à Calais". 
    Mais Bernard Cazeneuve l'avait corrigé, soulignant que le 
Royaume-Uni n'était pas dans l'espace Schengen, et que rien ne 
justifiait la remise en cause d'un traité liant deux Etats. 
    En vertu de ce traité bilatéral, le Royaume-Uni a investi 
plusieurs dizaines de millions d'euros du côté français pour 
sécuriser les infrastructures notamment portuaires, et renforcer 
les contrôles douaniers. 
    Environ 4.500 migrants sont recensés dans la "jungle" de 
Calais, et quelques centaines d'autres le long du littoral, 
notamment à Grande-Synthe. 
 
 (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse et Chine Labbé) 
 
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