Hollande lance un "partenariat d'exception" avec le Japon d'Abe

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FRANÇOIS HOLLANDE LANCE UN "PARTENARIAT D'EXCEPTION3 AVEC LE JAPON
FRANÇOIS HOLLANDE LANCE UN "PARTENARIAT D'EXCEPTION3 AVEC LE JAPON

par Elizabeth Pineau

TOKYO (Reuters) - François Hollande a prôné vendredi à Tokyo un resserrement des liens entre France et Japon, désormais liés par un "partenariat d'exception" tourné vers la paix, la sécurité et une croissance retrouvée dans l'archipel mais encore en devenir en Europe.

En visite d'Etat dans la troisième puissance mondiale, le président français a salué la politique de relance par la dépense publique du Premier ministre Shinzo Abe, marquée par une chute du yen et un creusement de la dette, tout en notant qu'elle serait difficile à traduire dans la France de l'euro.

Une prudence que ne partage pas Arnaud Montebourg, l'un des sept ministres l'accompagnant à Tokyo, pour qui les recettes japonaises mises en oeuvre après 15 années de déflation économique doivent inspirer l'Europe en crise.

"Le fait qu'un pays décide, comme le Japon, d'en terminer avec la déflation est une bonne nouvelle pour l'Europe", a dit François Hollande lors d'une conférence de presse avec le chef du gouvernement japonais.

Mais les situations sont "différentes", a-t-il ajouté.

"La France est dans la zone euro, solidaire de ses partenaires, agissant avec eux, (alors que) le Japon peut décider de sa politique monétaire souverainement", a-t-il rappelé, notant l'absence d'une "commission asiatique" prompte aux recommandations comparable à la Commission européenne.

La veille, devant la presse française, Arnaud Montebourg s'était montré plus enthousiaste, invitant l'Europe "à observer de très près ce que les Japonais appellent les 'Abenomics', c'est-à-dire les idées nouvelles en matière d'économie" prônant "l'abandon du dogmatisme libéral et monétariste".

Une adhésion de nature à provoquer l'inquiétude de l'Allemagne, où de hauts responsables estiment qu'une relance par le creusement de la dette est un très mauvais exemple.

PRIORITÉ À L'EMPLOI

Le Japon a dégagé l'an dernier 2% de croissance, avec un taux de chômage de 4,2%. Il est plus de deux fois supérieur en France, qui vient d'entrer en récession.

"Notre partenariat France-Japon, doit être mis au service de la croissance et de l'emploi. C'est la priorité", a déclaré François Hollande devant la Diète, le Parlement japonais.

Comme en Inde et en Chine, cette visite d'Etat était aussi l'occasion pour le président français élu il y a un an de se faire mieux connaître d'une grande puissance asiatique.

Si l'ancien président Jacques Chirac avait une passion pour le Japon, son successeur Nicolas Sarkozy était venu, rapidement, deux fois dans l'archipel que François Hollande a, lui, choisi de privilégier au même titre que les grands pays émergents.

Le président a vanté les collaborations industrielles, à l'image de l'alliance des groupes automobiles Renault et Nissan, en matière de défense ou encore de nucléaire avec Areva, qui accompagne le pays traumatisé par l'accident de la centrale de Fukushima de mars 2011.

Il a évoqué des "coïncidences d'intérêt" entre les deux pays dépourvus de pétrole pour la recherche d'énergies du futur.

Les nouvelles technologies ne sont pas oubliées, et le président a eu l'occasion de serrer la main à quelques robots humanoïdes nés d'une collaboration entre le Centre national de recherche scientifique (CNRS) et son équivalent japonais.

HOLLANDE "PRÉOCCUPÉ" PAR LES TENSIONS EN ASIE

Au chapitre international, François Hollande s'est déclaré devant la Diète "préoccupé" par les tensions actuelles dans la région notamment liées à la querelle sino-japonaise concernant l'archipel des Senkaku-Diaoyu et aux ambitions nucléaires de la Corée du Nord.

Il a invité le Japon à un travail d'introspection sur sa propre Histoire en s'inspirant de la France et de l'Allemagne, "hier ennemis héréditaires et aujourd'hui amis solidaires".

Le Japon, "nation pacifique", a sa place au sein du conseil de sécurité de l'Onu, a-t-il dit sous les applaudissements.

Les journalistes français ont noté le lapsus du président, qui a présenté ses condoléances aux "Chinois" pour les Japonais tués lors de la prise d'otages d'In Anemas, en Algérie. Une erreur non répercutée par la traduction nippone, ont précisé des Japonais présents dans l'hémicycle.

François Hollande et sa compagne, Valérie Trierweiler, ont eu droit au faste impérial lors d'une cérémonie d'accueil dans la cour du palais sis au coeur de Tokyo et d'un dîner à l'invitation de l'empereur Akihito et de l'impératrice Michiko, qui ont échangé avec eux quelques mots en français.

L'alliance entre la France et le Japon, traditionnellement attiré par le luxe et la gastronomie tricolores, s'est aussi traduite dans le menu du déjeuner entre François Hollande et Shinzo Abe. Boeuf de Kobé et du Limousin ont été servis, de même qu'un vin de 1954, année de naissance des deux dirigeants.

Edité par Yves Clarisse

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