Hollande:-La France paiera sa "dette morale" envers Haïti

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par Peter Granitz PORT-AU-PRINCE, 12 mai (Reuters) - François Hollande a promis que la France s'aquitterait d'une "dette morale" envers Haïti mardi à Port-au-Prince, dernière étape de sa tournée marathon de quatre jours dans les Caraïbes. Cette visite officielle de François Hollande est la première d'un président français dans le pays fondé par d'anciens esclaves français qui proclamèrent l'indépendance en 1804. La question de l'argent versé par le pays à la France en 1825 en dédommagement des biens perdus pendant la révolte fait toujours débat. "On ne peut pas changer l'histoire, mais on peut changer l'avenir", a déclaré le chef de l'Etat français lors d'une cérémonie sur la place du Champ de Mars, près du Palais national détruit par le séisme de janvier 2010, en présence de son homologue Michel Martelly. Le président haïtien a déclaré que les 150 millions de francs payés sous Charles X, valorisés aujourd'hui à quelque 18 milliards d'euros, constituaient une "grave injustice" qui a empêché Haïti de se développer aussi vite que d'autres pays. Mais, tout en soulignant que son pays n'avait pas "oublié" cet épisode, Michel Martelly n'a pas poussé plus loin cette question de la dette. "Notre pays a besoin de services plus que de toute somme d'argent", a déclaré le président haïtien. "Le temps du ressentiment est passé depuis longtemps. La France a sa place dans le coeur de tous les Haïtiens", a-t-il dit. François Hollande a déclaré que la France dépenserait 130 millions d'euros au cours des cinq prochaines années dans des projets de développement en Haïti, dont 50 millions d'euros pour l'éducation. Il a également exhorté le pays à organiser des élections législatives comme prévu. Le premier tour de scrutin a été fixé au 9 août. "La démocratie est indispensable au développement d'Haïti", a insisté le président français. François Hollande a déposé une gerbe de fleurs blanches devant la statue de Toussaint Louverture, le héros révolutionnaire haïtien mort en 1803 dans une prison française. Il a vu dans son voyage un symbole d'"amitié et de solidarité". A l'extérieur du parc barricadé par les forces de l'ordre, des manifestants arboraient des pancartes réclamant le paiement par la France de sa "dette". "Hollande. L'Argent oui, morale non", pouvait-on lire. Une petite dizaine de manifestants se sont heurtés à la police antiémeute en voulant pénétrer dans la zone sécurisée. Lors de sa tournée qui l'a conduit à Saint-Martin, Saint-Barthélemy, en Martinique et en Gualedoupe, François Hollande s'est rendu à Cuba, devenant le premier chef d'Etat français à fouler le sol de l'île communiste. ID:nL5N0Y305R (Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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