Hollande fait l'unanimité contre lui chez les retraités

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INFOGRAPHIE - Malgré le coup de pouce fiscal annoncé jeudi dernier par Michel Sapin, les syndicats réclament un geste en faveur du pouvoir d'achat des retraités. L'inflation étant nulle, rien n'est prévu le 1er octobre, date de la revalorisation automatique des pensions.

On les avait quittés dans un climat tendu sur la loi travail - et ils le seront sans doute ce jeudi pour la treizième et dernière journée de mobilisation -, on les retrouve côte à côte pour défendre les retraités. Mais «côte à côte» ne veut pas dire que les relations entre les syndicats contestataires et les réformistes se sont apaisées. Bien au contraire. «Nous sommes d'accord sur le constat mais nos arguments et nos revendications ne sont pas les mêmes, explique au Figaro Dominique Fabre, secrétaire générale de l'Union confédérale des retraités CFDT. Revendiquer 1700 euros par mois pour une retraite complète n'est pas raisonnable. Le climat entre nous reste tendu». «La réalité de l'intersyndicale reste la même: d'un côté les réformistes qui savent ce qu'ils veulent, réfléchissent et ne se contentent pas de dire “on veut”. Et de l'autre les contestataires dont les revendications sont plus ou moins claires et tenables», explique un syndicaliste.

Il n'empêche: CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, FSU, Sud Solidaires, UNRPA, LSR mais aussi la CFDT dénoncent ensemble l'absence de mesures en faveur du pouvoir d'achat des personnes âgées. Le 20 septembre, la CFDT prévoit une action dans toutes les régions de France pour réclamer une hausse des pensions. À Paris, le syndicat a prévu de manifester devant le ministère des Affaires sociales. Quant aux autres syndicats, ils envisagent de se mobiliser le 29 septembre. Traditionnellement, le 1er octobre, leurs pensions sont censées être revalorisées (ou pas). Pour la simple et bonne raison que l'inflation, sur laquelle les pensions sont indexées, est nulle.

C'est pourquoi tous les syndicats réclament le retour de l'indexation des pensions sur les salaires. Depuis la réforme Balladur de 1993, ce n'est plus le cas. Cette nouvelle base d'indexation a été étendue à la fonction publique par la loi Fillon de 2003 et aux régimes spéciaux par la réforme de 2008. «À l'exception d'octobre dernier (où les pensions avaient été revalorisées de 0,1%, ndlr), les pensions n'ont plus été revalorisées depuis mars 2013», déplore Didier Hotte, secrétaire général adjoint de l'Union confédérale des retraités FO.

En juillet dernier, le Comité de suivi des retraites préconisait également de revoir l'indexation des droits à la retraite afin de réduire la sensibilité du système aux variations de croissance et ainsi amortir le choc financier en cas de retournement de conjoncture. Selon un rapport du Conseil d'orientation des retraités publié en décembre dernier, le niveau de vie des retraités devrait diminuer après 2025. «En 20 ans, l'écart de niveau de vie entre les salariés et les retraités a atteint 22%», insiste Didier Hotte.

À la place d'un geste pour le pouvoir d'achat des retraités, le ministre de l'Économie et des Finances Michel Sapin a annoncé jeudi dernier, le remplacement de la réduction d'impôt pour les services à la personne et l'emploi de salariés à domicile, qui ne bénéficiait qu'aux retraités imposables, par un crédit d'impôt qui sera octroyé désormais à tous les retraités quels que soient leurs revenus. «On sent que François Hollande est entré en campagne électorale, réagit Didier Hotte. Mais je ne suis pas sûr qu'un crédit d'impôt, même si ce n'est pas négligeable, soit la priorité des retraités les plus modestes». «C'est toujours bon à prendre, rétorque Dominique Fabre. Mais ce n'est qu'un palliatif. Arrêtons de prendre de manière séquentielle ces mesurettes fiscales. Il est temps d'avoir une vraie réflexion sur notre système fiscal. En ce qui concerne les retraités, demandons-nous “comment prend-on en charge la perte d'autonomie?”. La loi d'adaptation de la société au vieillissement, que nous avons soutenue, est toutefois insuffisante car elle manque de financement».

»» Lire aussi: la RATP, SNCF, La Poste...: de nouvelles grèves contre la loi travail ce jeudi

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