Hollande fait du terrorisme et du chômage les défis de 2016

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    * Après une année "terrible", il promet l'année de 
l'"espérance" 
    * La menace terroriste reste au "plus haut niveau" 
    * Le débat sur la déchéance de nationalité est légitime 
    * 500.000 formations supplémentaires de chômeurs 
    * Un plan de grands travaux liés à la transition énergétique 
 
 (Avec déclarations supplémentaires, contexte) 
    PARIS, 31 décembre (Reuters) - L'année 2016 sera marquée par 
la menace terroriste et la lutte contre le chômage, a déclaré 
François Hollande jeudi lors de ses voeux télévisés, annonçant 
500.000 formations supplémentaires pour les demandeurs d'emploi 
et un programme de grands travaux. 
    "Nous venons de vivre une année terrible", a dit le chef de 
l'Etat. Il a cité la série d'attentats qui ont touché la France 
en 2015, de Charlie Hebdo en janvier à "l'horreur" des attaques 
qui ont fait 130 morts le 13 novembre à Paris. 
    La menace terroriste reste "à son plus haut niveau", a-t-il 
souligné, alors que la France vit sous l'état d'urgence depuis 
le 13 novembre et est engagée dans des interventions militaires, 
en particulier en Irak et en Syrie, contre l'organisation Etat 
islamique (EI) qui a revendiqué ces attentats. 
    François Hollande a confirmé son souhait d'inscrire dans la 
Constitution la possibilité de déchoir de la nationalité 
française les binationaux nés en France condamnés pour un crime 
constituant une atteinte grave à la vie de la nation, un projet 
qui divise fortement la gauche. 
    Alors qu'il a besoin d'une majorité des trois cinquièmes du 
Parlement pour faire voter cette mesure, il a assuré qu'il 
respectait le débat qu'elle suscite. 
    "Il revient désormais au Parlement de prendre ses 
responsabilités. Le débat est légitime (...) Il doit avoir 
lieu", a-t-il dit. "Mais quand il s'agit de votre protection, la 
France ne doit pas se désunir, elle doit prendre les bonnes 
décisions, au-delà des clivages partisans et en conformité avec 
nos principes essentiels. J'y veillerai." 
    "Je n'accepterai jamais que l'on puisse opposer les Français 
entre eux", a-t-il ajouté, alors que c'est une des principales 
critiques sur son projet, accusé de discriminer les binationaux. 
     
    FORMATIONS ET GRANDS TRAVAUX  
    Sur le front économique, François Hollande n'a toujours pas 
obtenu la baisse du chômage dont il a fait une condition pour se 
présenter à l'élection présidentielle de 2017. 
    Il a déclaré lors de ces voeux que la lutte contre le 
chômage restait sa "première priorité" et dévoilé le nombre de 
formations de demandeurs d'emploi supplémentaires qui seront 
mises en place pour ce faire : "500.000 personnes de plus seront 
accompagnées vers les métiers de demain." 
    Evoquant l'apprentissage, second volet du plan pour l'emploi 
préparé par la ministre du Travail, Myriam El Khomri, il a 
assuré que ses filières "seront largement ouvertes".  
    Comme l'emploi se crée surtout dans les petites et moyennes 
entreprises, "de nouvelles aides à l'embauche seront introduites 
dès le début de la nouvelle année", a-t-il encore dit. 
    Il a par ailleurs annoncé le lancement d'un programme de 
grands travaux pour la rénovation des bâtiments, le 
développement des énergies renouvelables et la croissance verte. 
    "Nous ferons de la cause du climat un grand chantier pour 
l'emploi", a-t-il fait valoir, trois semaines après la 
conclusion par 195 pays, à Paris, d'un accord sur la lutte 
contre le réchauffement climatique.  
    Il a demandé au gouvernement la généralisation par étapes du 
service civique, dont les missions iront du soutien aux 
personnes les plus fragiles à la préservation de la planète. 
    Il a enfin estimé que l'Europe avait montré, face à l'afflux 
des réfugiés, des "insuffisances qui la mettent aujourd'hui en 
péril" et qu'elle devait sécuriser ses frontières, tout en 
accueillant ceux qui demandent l'asile. 
    "2015 fut une année de souffrance et de résistance. Alors 
faisons de 2016 une année de vaillance et d'espérance", a conclu 
François Hollande, à 16 mois de la présidentielle. 
 
 (Jean-Baptiste Vey, édité par Emmanuel Jarry) 
 
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