Hollande évoque une "reprise" et donne des perspectives à 10 ans

le
2
POUR FRANÇOIS HOLLANDE, LA REPRISE EST LÀ
POUR FRANÇOIS HOLLANDE, LA REPRISE EST LÀ

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - François Hollande a assuré dimanche que la reprise était "là" et a invité les Français à ne pas "céder au pessimisme" en fixant des perspectives pour l'économie nationale à dix ans, une manière de prendre date pour la présidentielle de 2017.

Le chef de l'Etat, qui s'est finalement "ravisé" pour se plier à la traditionnelle interview télévisée du 14-Juillet, a déclaré qu'il recourrait "dans l'idéal, le moins possible" à des augmentations d'impôts en 2014 et qu'il privilégierait le recul des dépenses afin de boucler le budget de la Nation.

Le budget, François Hollande en fait sa ligne rouge pour le gouvernement et sa majorité, priés de l'appliquer sans contestation, douze jours après l'éviction de la ministre de l'Ecologie Delphine Batho qui avait dénoncé un "mauvais" budget.

"La reprise, elle est là", a souligné le président, citant la relance de la production industrielle, de la consommation et un frémissement des embauches confortant selon lui sa promesse d'inverser la courbe du chômage d'ici à la fin de l'année.

"Il y a l'assurance que le second semestre sera meilleur que le premier", a-t-il dit, défendant les choix du gouvernement alors que la croissance se fait attendre et que la note de la France vient d'être dégradée par l'agence Fitch.

"La politique, ce n'est pas de la magie, ce n'est pas un tour de passe-passe, c'est une volonté, une stratégie, une cohérence", a-t-il répété, invitant ses concitoyens à ne "pas céder au pessimisme, à une forme de résignation".

Réitérant son engagement au sérieux budgétaire, François Hollande a assuré que l'Etat ferait "autant d'économies que possible pour qu'il y ait le moins de prélèvements" en 2014 tout en soulignant qu'il y aurait "des financements à assumer" l'année prochaine.

"Je ne ferai d'augmentations d'impôts que si elles sont absolument indispensables", a-t-il dit.

Président le plus impopulaire de la Ve République à ce stade de son mandat, François Hollande a mis en avant son "devoir" de redresser la France pour éluder la litanie des mauvais sondages.

"NON" AU GAZ DE SCHISTE

"On me dit 'vous n'êtes pas populaire'. Je ne cherche pas à être populaire, je ne cherche pas à ne pas être populaire. J'ai un devoir qui va bien au-delà", a-t-il expliqué, affirmant vouloir faire en sorte "qu'on puisse dire que j'ai permis de faire avancer le pays".

"Nous sommes un grand pays", a-t-il dit à plusieurs reprises, exhortant les Français, mais aussi et surtout sa turbulente majorité, à lutter "unis" à ses côtés.

"Je respecte, mais il y a un principe : si on veut gagner, si on veut réussir, il faut être à mes côtés, il faut être soudés", a lancé le chef de l'Etat à ceux qui doutent de sa politique au sein de la majorité.

"Je respecterai tous les débats, mais il y a de grandes questions qui nous attendent", a-t-il insisté, citant la réforme des retraites, celle de la formation professionnelle et les échéances électorales de 2014 et 2015.

Le chef de l'Etat a de nouveau donné des gages aux écologistes en déclarant qu'il n'y aurait pas d'exploration de gaz de schiste en France tant qu'il serait président.

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, s'est attiré les critiques d'Europe Ecologie-Les Verts pour avoir plaidé en faveur d'une compagnie nationale et publique d'exploitation "écologique" du gaz de schiste.

Un nouvel écart que François Hollande ne sanctionne pas au motif qu'il ne touche pas à la ligne rouge budgétaire.

Elu il y a 16 mois, le chef de l'Etat a fixé l'horizon de son action à dix ans, comme s'il envisageait déjà, même s'il s'en défend, de se présenter pour un second mandat en 2017.

"Nous voulons dessiner pour les dix ans qui viennent, pour que nous soyons plus forts au terme de cette période", a-t-il déclaré avant d'ajouter dans le cours de l'entretien :

"J'ai suffisamment de préoccupation pour le service de l'Etat sans regarder pour 2017".

Commentant l'actualité politico-judiciaire avec parcimonie, François Hollande a jugé que son rival de 2012 revenu sur le devant de la scène, Nicolas Sarkozy, avait "tout à fait le droit" de se lancer à nouveau dans la course à l'Elysée.

Prié de dire s'il craignait son retour, le président de la République a répondu: "Non".

Edité par Sophie Louet

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • pichou59 le dimanche 14 juil 2013 à 18:28

    ce matin à l'applaudimètre, la Légion était la plus forte - j'ai cru entendre des sifflets pour l'autre????

  • lorant21 le dimanche 14 juil 2013 à 18:21

    A quel moment c'est de l'optimisme et à quel moment de l'aveuglement? Je parie pour l'aveuglement..

Partenaires Taux