Hollande et Valls veulent "débloquer" un pays à l'arrêt

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HOLLANDE ET VALLS VEULENT "DÉBLOQUER" UN PAYS À L'ARRÊT
HOLLANDE ET VALLS VEULENT "DÉBLOQUER" UN PAYS À L'ARRÊT

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Réformer malgré les crispations et l'absence de résultats, tel est le mot d'ordre d'un exécutif français confronté en ce début d'été aux pressions contradictoires de la gauche du PS et du patronat, à quelques jours de la conférence sociale.

C'est, officiellement, pour se concentrer sur ce rendez-vous crucial que le président a renoncé à se rendre vendredi au Brésil pour assister au quart de finale de la Coupe du Monde qui opposera la France et l'Allemagne.

Tout un symbole pour le chef de l'Etat, grand amateur de football, alors que les performances de l'équipe de France constituent l'une des rares bonnes nouvelles d'une actualité plombée par les revers sur le front économique, à commencer par le chômage qui a encore grimpé en mai.

L'emploi, au coeur de la troisième conférence sociale du quinquennat qui se déroulera lundi et mardi dans une atmosphère de tension entre patronat et syndicats, sera aussi au menu de l'interview télévisée présidentielle prévue le 14 juillet, jour de Fête nationale.

Manuel Valls a redit mercredi sa détermination à "réformer" et "faire avancer" une France où vivent plus de cinq millions de chômeurs ralentie par "les conservatismes".

"Les Français nous disent qu'il faut des réformes, qu'il faut que le pays avance. Ils attendent des résultats en matière de croissance, de chômage, cela prend trop de temps ", a-t-il déclaré sur RMC et BFM TV.

"Moi je suis un pragmatique, ce qui m'intéresse c'est ce qui avance, c'est ce qui marche", a dit le chef du gouvernement, qui a reporté la mise en place de la prise en compte de la pénibilité du travail dans l'espoir d'amadouer un patronat qui menace de boycotter la conférence sociale.

HOLLANDE VA-T-IL RECEVOIR LES PARLEMENTAIRES ?

Le Premier ministre s'est félicité d'avoir réglé le dossier Alstom, "tenu bon" sur la réforme ferroviaire malgré une longue grève des cheminots et évoqué la "résolution" en cours du conflit des intermittents du spectacle.

Balayant l'idée d'une dissolution de l'Assemblée nationale, il a appelé à la responsabilité les députés "frondeurs" du PS, qui ont voté mardi en faveur du projet de loi de finances rectificative mais menacent de rejeter le budget rectificatif pour la Sécurité sociale pour 2014, deux textes qui mettent en oeuvre le pacte de responsabilité et les économies prévues.

"Aujourd'hui, ils sont élus, on ne peut pas les faire taire. Ce qui peut changer la donne, ce sont des résultats. Ils seront moins audibles", commente un ministre.

Le climat délétère au PS incite élus et proches de François Hollande à demander au président de recevoir "avant les vacances" les députés, quitte à renier une promesse de campagne.

"Les parlementaires sont allés au front, ils ont vu leurs copains tomber aux municipales, ils ont reçu la claque des européennes. Vous ne pouvez pas demander des efforts à la majorité sans lui expliquer les choses", dit un ministre.

François Hollande peut compter sur Manuel Valls, avec lequel, selon un autre ministre, la "love story" continue.

"Je ne sais pas combien de temps ça va durer, mais pour l'heure il n'y a pas une feuille de papier à cigarette entre eux", souligne-t-il.

DES RÉSULTATS "D'ICI UN AN"

Confronté à une absence de résultats économiques, l'équipe de Manuel Valls sera au travail tout l'été avec un seul conseil des ministres supprimé, début août.

Très pris ces dernières semaines par l'actualité internationale - Ukraine, Irak, Europe - et les commémorations des deux conflits mondiaux du XXe siècle, François Hollande a quant à lui prévu de nombreux déplacements en régions.

Au pouvoir depuis deux ans et deux mois, le président le plus impopulaire de la Ve République gagne cinq points dans le dernier baromètre Ifop pour Paris Match, à 23% de satisfaits.

Thierry Mandon, secrétaire d'Etat à la Réforme de l'Etat, attribue cette embellie à une "amélioration de la gouvernance visible depuis quelques mois et puis des décisions de réformes courageuses sur lesquelles il faut tenir bon, et peut-être amplifier encore".

Il a présenté mercredi en conseil des ministres la première étape de la réforme de l'Etat qui constituera, si elle est mise en oeuvre, l'un des piliers du quinquennat, parallèlement à la réforme territoriale engagée le mois dernier.

Sur ce dernier point, Manuel Valls a dit sa détermination à aller jusqu'au bout malgré la mauvaise humeur du Sénat. "Nous ne céderons à aucune menace", a-t-il prévenu.

Jacques Attali invite lui aussi l'exécutif à faire preuve de fermeté dans l'adversité.

"Un président doit faire preuve de courage et d'indifférence parce qu'il a un projet et sait l'expliquer", a dit l'ancien conseiller de François Mitterrand au Journal du dimanche.

Au chapitre des éléments à lancer rapidement, il cite la réforme territoriale, la réorientation vers les chômeurs des 32 milliards annuels consacrés de la formation et le lancement d'un vaste plan européen d'investissements.

La France espère, grâce à la présidence italienne de l'Union européenne qui a débuté le 1er juillet avec Matteo Renzi aux commandes, mener à bien l'inflexion pour la croissance et l'investissement décidée lors du Conseil de Bruxelles, sous l'impulsion des sociaux-démocrates au pouvoir à Paris et Rome.

Au moment où l'UMP se débat dans des luttes internes sur fond de démêlés de l'ex-président Nicolas Sarkozy avec la justice, un ministre français donne un an à l'exécutif pour préserver les chances socialistes à la prochaine présidentielle.

"Il nous faut des résultats d'ici l'été 2015, qui se matérialiseront aux élections régionales de décembre", dit-il. "D'ici là, il y aura des épreuves sociales et politiques."

(Edité par Yves Clarisse)

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  • M5706880 le mercredi 2 juil 2014 à 21:30

    Aller courage! On peut y arriver! C'est vrai qu'ils sont nuls.... mais c'est les meilleurs qu'on aient! xDL'ancien est en garde à vue, la prochaine elle va mettre le pays en guerre civile et/ou en faillite.Alors bon, le destin de la France est entre leur main :)

  • M5706880 le mercredi 2 juil 2014 à 21:26

    aller cour

  • M4888303 le mercredi 2 juil 2014 à 19:13

    La premiere solution ,c'est de démissionner!La seconde ,c'est la dissolution.

  • M8637171 le mercredi 2 juil 2014 à 19:13

    Ils ont compris enfin qu'il y a le feu. mais pour l'instant ce ne sont que des paroles et toujours des paroles. on attende les vrais actes. je crois qu'ils ont compris car Fabius prend de l'importance dans le gouvernement de brêles, jouyet et attali font plus que conseiller hollandouille. Et Gattaz a été dire à hollandouille que les entreprises sont asphyxiées.

  • frk987 le mercredi 2 juil 2014 à 18:33

    Bravo pour la comparaison Laurel et Hardy, la seule différence c'est que ces comiques étaient intelligents.

  • sarestal le mercredi 2 juil 2014 à 18:31

    Pauvre de nous, ils vont ajouter des taxes, des surtaxes, une csg progressive pour promouvoir la floraison des chances....on imagine !

  • frk987 le mercredi 2 juil 2014 à 18:22

    Suite : Tulle la paillasse, la bien nommée !!!!!

  • frk987 le mercredi 2 juil 2014 à 18:22

    J'oubliais aussi injure à la France en envisageant de décaler le défilé du 14/07 pour motifs futiles alors que c'est pour éviter sifflets et huées. Courageux le pleutre, uniquement à Tulle qu'il va.......

  • M4841131 le mercredi 2 juil 2014 à 18:22

    solo92 ==> 45.5 milliards de dette en plus au 1er trimestre 2014, à ce train là, çà fera 910 milliards en 5 ans, alors sarko (que je n'ai pas voté) aura fait mieux que le p'tit gros, mais çà ne change pas le pb, umpps faut tous les virer, 33 ans de nullité, çà suffit

  • frk987 le mercredi 2 juil 2014 à 18:20

    En fait c'est haute justice pour trahison, incapacité, mensonges éhontés, fraude fiscale, abus de biens sociaux (le scooter ne lui appartient pas).....Comme Pétain , gâteux qu'il est le prostatique.