Hollande et Valls s'invitent au procès Trierweiler contre La Frondeuse

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Un procès en diffamation intenté par la compagne de François Hollande Valérie Trierweiler s'est transformé lundi en affaire politique, du fait de courriers adressés à la justice par le chef de l'Etat et le ministre de l'Intérieur, en violation de la séparation des pouvoirs selon la défense.Contestant des passages de l'ouvrage attaqué, intitulé "La Frondeuse", MM. Hollande et Valls ont chacun écrit une lettre au tribunal de grande instance de Paris.Tandis que les réactions se multipliaient à droite sur cet apparent "mélange des genres", un proche de François Hollande a nié toute volonté du président de faire "pression" sur la justice, affirmant qu'il ne s'agissait que d'un "témoignage personnel".Dans une lettre manuscrite sans en-tête, M. Hollande dénonce "comme pure affabulation les passages du livre (p. 46 et 47) concernant une prétendue lettre jamais écrite". Les auteurs y affirment que M. Hollande a sollicité dans un courrier l'UMP Patrick Devedjian pour qu'il lui organise une rencontre avec le Premier ministre de l'époque Edouard Balladur.L'ouvrage, dont les auteurs sont attaqués pour "diffamation et atteinte à la vie privée", évoque notamment une liaison passée entre Mme Trierweiler et Patrick Devedjian.Manuel Valls, dans une lettre à en-tête de l'Intérieur, "confirme" de son côté avoir reçu en juin l'un des auteurs."Les propos qui me sont prêtés, dans ce livre, sont souvent approximatifs, partiels et sortis de leur contexte", y affirme le ministre, ajoutant que certains propos lui "sont attribués alors même qu'(il) ne les (a) pas tenus". Le ministre évoque notamment le passage sur le tweet de soutien de Valérie Trierweiler à l'opposant politique de Ségolène Royal.Valls en verbatim"Si on voulait impressionner votre tribunal en faisant intervenir les plus hautes autorités de l'Etat, on ne s'y serait pas pris autrement", a lancé à l'audience Me Olivier Pardo, avocat de l'éditeur de "La Frondeuse", qui a eu connaissance de ces lettres dimanche."La séparation des pouvoirs a été violée", s'était-il emporté devant la presse avant l'ouverture des débats, qui ont été totalement dépassés par la controverse créée par ces lettres. Le fond n'y a pas été abordé et le tribunal a fixé au 28 janvier sa décision sur des questions de procédure soulevées par la défense, qui a demandé l'annulation de l'assignation des auteurs du livre.L'avocate de Valérie Trierweiler, Me Frédérique Giffard, a nié toute "pression" sur la justice de la part du président qui, a-t-elle souligné, "n'est pas partie" au procès. Concernant la lettre de Manuel Valls, "c'est encore plus indirect, puisqu'il ne parle pas des passages litigieux", a encore estimé l'avocate.Ces deux lettres, qui datent de novembre, sont "annexes", a-t-elle ajouté, après avoir même suggéré à l'audience de les écarter."Pas du tout", a rétorqué Me Pardo, qui tient à conserver ces "nouvelles pièces" car, dit-il, la défense est en mesure de "produire l'intégralité de l'enregistrement du verbatim de Manuel Valls" et de prouver que les propos rapportés ont bien été tenus.L'UMP a exprimé sa "stupéfaction", estimant que ces lettres "peuvent légitimement être considérées comme un moyen de pression", selon son secrétaire national Bruno Beschizza. "Intervention ahurissante et choquante" a renchéri sur twitter le député R-UMP Eric Ciotti, tandis que Jean-François Copé se déclarait "très surpris". Mme Trierweiler réclame 80.000 euros de dommages et intérêts et 5.000 euros de frais de justice aux auteurs, Christophe Jakubyszyn, chef du service politique de TF1-LCI, et Alix Bouilhaguet, grand reporter politique à France 2, et à leur éditeur Yves Derai (Editions du Moment).

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  • finkbro1 le lundi 10 déc 2012 à 16:20

    moi président .... héhé