Hollande et Valls mettent en garde contre une Europe disloquée

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    * L'Europe "peut sortir de l'Histoire", dit Valls 
    * Crise des migrants, projet de Brexit menacent l'UE 
    * Hollande veut "redonner une perspective" à l'Europe 
 
 (Actualisé avec Valls et contexte) 
    PARIS/DAVOS, 21 janvier (Reuters) - François Hollande et 
Manuel Valls ont mis en garde jeudi contre la dislocation de 
l'Europe si elle ne parvient pas à répondre à la crise des 
réfugiés et à la menace terroriste, le président français 
renouvelant sa promesse de réformes de la zone euro. 
    Pour répondre à un autre péril, la sortie de la 
Grande-Bretagne de l'UE, le chef de l'Etat et le Premier 
ministre français ont souhaité que l'Europe s'approche d'un 
compromis dès le Conseil européen du mois prochain.   
    Le président de la Commission européenne a de nouveau alerté 
mercredi sur la menace liée aux entorses à la libre circulation 
dans l'espace Schengen décidées face à la plus grande crise 
migratoire sur le continent depuis la Deuxième Guerre mondiale. 
    Si Schengen venait à disparaître, l'euro lui même serait 
rapidement menacé, a dit Jean-Claude Juncker.   
    Lors d'une intervention au Forum de Davos, Manuel Valls 
s'est montré alarmiste.  
    "L'Europe peut sortir de l'Histoire, peut se disloquer, le 
projet européen peut mourir - et pas dans quelques décennies, 
pas dans quelques années - très vite, si nous ne sommes pas 
capables de répondre au défi de la sécurité", a-t-il dit.    
     "Oui, l'Europe peut sortir de l'Histoire, elle a oublié 
qu'il y avait des frontières et elle a oublié que l'Histoire 
pouvait être tragique", a-t-il insisté. 
    Un peu plus de deux mois après les attentats islamistes qui 
ont fait 130 morts en France, Manuel Valls a décrit un continent 
engagé dans "une guerre mondiale, une guerre globale" contre le 
terrorisme, qui durera "une génération".  
    En outre, "il y a la crise des réfugiés, que les opinions 
peuvent être amenées à confondre avec celle des défis 
terroristes", a-t-il dit. 
    Dans ses voeux au corps diplomatique, François Hollande a 
lui aussi évoqué les menaces que fait peser l'afflux de réfugiés 
sur l'avenir de l'Europe.  
    La réponse européenne doit être "conforme à ses principes de 
solidarité mais fondée sur les règles de Schengen", a-t-il dit. 
"L'enjeu est de renforcer Schengen et non de l'affaiblir. 
L'urgence pour l'Europe, c'est de retrouver la maîtrise de ses 
frontières extérieures." 
     
    PROPOSITIONS FRANCO-ALLEMANDES SUR LA ZONE EURO 
    Comme son Premier ministre, il a évoqué les risques de 
"dislocation" de l'Europe, notamment symbolisés par le projet de 
référendum en Grande-Bretagne sur la sortie de l'Union.     
    "La France souhaite que la Grande-Bretagne reste dans 
l'Union européenne. C'est l'intérêt de l'Europe et c'est 
l'intérêt de la Grande-Bretagne", a-t-il dit, jugeant qu'aucune 
des demandes formulées par le Premier ministre britannique, 
David Cameron, n'était "insurmontable". 
    "Que le Royaume-Uni veuille prendre une voie différente dans 
l'Union européenne, je peux l'admettre", a-t-il ajouté. "Mais ça 
ne doit pas empêcher les pays qui ont décidé d'aller plus loin 
dans l'intégration, notamment monétaire, de pouvoir le faire." 
    Face à l'émergence des extrémismes dans toute l'Union, le 
président a jugé urgent de "redonner une perspective à l'Europe 
tout entière. Sinon la tentation du repli national gagnera, avec 
le risque de dislocation du projet européen".  
    Il a rappelé le projet de la France et de l'Allemagne de 
présenter "avant la fin de l'année" des propositions pour 
poursuivre l'approfondissement de la zone euro.  
    Elles "aborderont le cadre politique et démocratique, les 
institutions et les instruments de solidarité qui seront 
nécessaires pour assurer la stabilité et la croissance dans la 
zone euro", a dit François Hollande, qui rencontrera la 
chancelière Angela Merkel à Strasbourg le 7 février.      
    Après ce rendez-vous, le Conseil européen des 18 et 19 
février devra donner l'assurance que "la zone euro puisse 
poursuivre son approfondissement" car "nous devons aller plus 
loin dans l'intégration de l'Union économique et monétaire et en 
même temps redonner une nouvelle perspective à l'Europe tout 
entière". 
 
 (Jean-Baptiste Vey et Elizabeth Pineau à Paris, avec les 
équipes de Reuters à Davos, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • d.contan il y a 11 mois

    la grande bretagne a raison de s'interroger sr l'europe incapable de solution radicale avec les migrants.....

  • benoitdh il y a 11 mois

    Avec ces messieurs La France disparaît déjà de l'Histoire!Il faut reconstruire la France et la République avant de songer à l'Europe qui n'existe pas en tant qu'entité nationale!