Hollande et Valls jouent l'apaisement après avoir frôlé la crise

le , mis à jour à 18:58
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    * Président et Premier ministre s'expliquent à l'Elysée 
    * Valls refuse l'idée d'une "crise institutionnelle" 
    * Vive tension dans l'attente de la décision de Hollande 
pour 2017 
 
 (Actualisé avec déjeuner Hollande-Valls, ministre) 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 28 novembre (Reuters) - François Hollande et Manuel 
Valls se sont efforcés lundi de faire baisser la tension née la 
veille des propos du Premier ministre évoquant sa candidature à 
l'élection présidentielle. 
    Au terme d'un week-end de forte tension, un déjeuner entre 
les deux hommes à l'Elysée avait notamment pour objectif de 
clarifier la stratégie de la majorité pour 2017, alors que le 
chef de l'Etat, impopulaire et affaibli, doit annoncer 
prochainement s'il brigue ou non un second mandat. 
    Pour Manuel Valls, cité par son entourage, "il ne peut pas y 
avoir de crise institutionnelle" dans un pays où règne la menace 
terroriste.  
    "Il a expliqué qu'il ne pouvait pas y avoir, dans ce moment 
très précis pour la France, de confrontation politique entre un 
président de la République et un Premier ministre", a-t-on 
ajouté. "Et ce, encore moins entre deux personnalités dont les 
rapports sont basés sur la confiance." 
    Aux dires d'un membre de l'entourage de François Hollande,  
l'"explication claire et franche" réclamée en début de journée 
par le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, s'est 
transformée en discussion "cordiale et studieuse".      
     
    "C'EST LE PRÉSIDENT QUI DÉCIDE" 
    Après un déjeuner en tête-à-tête, président et Premier 
ministre ont été rejoints pour le café par la directrice de 
cabinet de Manuel Valls, Véronique Bedague-Hamilius, et le 
secrétaire général de l'Elysée, Jean-Pierre Jouyet. 
    François Hollande et Manuel Valls sont apparus souriants au 
moment du départ du Premier ministre, qui s'est ensuite envolé 
pour la Tunisie. 
    Cette mise au point est intervenue au terme de semaines de 
tension au sommet de l'Etat sur fond de pression de la part des 
proches de Manuel Valls, qui a déclaré dans le Journal du 
dimanche qu'il était "prêt" à participer à la primaire que la 
gauche organise en janvier pour l'élection présidentielle. Des 
propos considérés par le camp "hollandais" comme un affront au 
chef de l'Etat.   
    "Ce que fait Valls n'est pas clair car on n'est pas au bout 
de la séquence", analysait lundi un proche de François Hollande. 
"Cela fait longtemps que le Premier ministre considère que le 
président doit réfléchir avant de se lancer, ce qui d'un certain 
point de vue n'est pas faux. Mais c'est le président qui décide, 
et c'est lui parlera", a-t-il fait valoir.  
    Lundi matin sur Europe 1, Stéphane Le Foll a écarté l'idée 
d'une confrontation Hollande-Valls à la primaire PS, dans une 
allusion au président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone, 
qui a émis le souhait que les deux têtes de l'exécutif 
participent à un scrutin le plus ouvert possible.   
    "Ça n'existe pas, ça ne peut pas s'imaginer, sauf dans des 
esprits qui ont un peu tendance à confondre leur ressentiment 
personnel avec l'intérêt général", a-t-il dit.  
    Une explication entre les locataires de l'Elysée et de 
Matignon s'imposait pour tenter de redonner un cap à une gauche 
balkanisée, alors même que la droite vient de désigner François 
Fillon pour la représenter en 2017, à l'issue d'une primaire 
populaire et incontestée.   
     
    "RIEN D'IRRÉPARABLE N'A ÉTÉ DIT" 
    Elle était aussi réclamée par le premier secrétaire du PS, 
Jean-Christophe Cambadélis, à la tête d'un parti aux abois 
particulièrement indiscipliné. 
    Sur France 2, le patron des socialistes a tenté de calmer 
les esprits, préférant parler de "discussion" plutôt que de 
"crise" au sein de l'exécutif.  
    "Rien d'irréparable n'a été dit", a-t-il souligné. 
    Pour Stéphane Le Foll, une entrée effective de Manuel Valls 
dans la course à l'Elysée se traduirait forcément par un départ 
de Matignon. "A ce moment-là, il n'est plus Premier ministre, 
c'est aussi simple que ça", a-t-il dit. 
    Signe de la nervosité ambiante, l'Elysée a formellement 
démenti dimanche soir les rumeurs de changement de Premier 
ministre, réclamé par certains proches du président et des 
candidats déclarés à la présidentielle comme Arnaud Montebourg 
et Emmanuel Macron.    
    Ce week-end politiquement embouteillé a aussi vu l'annonce 
de la candidature à l'Elysée de la représentante du Parti 
radical de gauche, Sylvia Pinel, et le soutien du Parti 
communiste au candidat de "France insoumise", Jean-Luc 
Mélenchon. Deux candidatures annoncées hors primaire du PS.  
    Cette semaine de tous les dangers pour le couple exécutif 
doit s'achever samedi par un rassemblement de la Belle alliance 
populaire, mouvement lancé par le PS pour tenter de mettre en 
ordre de bataille une primaire "ouverte" désormais compromise.   
 
 (Avec Jean-Baptiste Vey et Yann Le Guernigou, édité par Yves 
Clarisse) 
 
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  • mark92 il y a 6 mois

    On bouffe bien à l'élysée ??

  • M2949628 il y a 6 mois

    Vas-y Manuel !! Avant l'heure, ce n'est pas l'heure, après l'heure, ce n'est plus l'heure !!! Donc, c'est l'heure !!!