Hollande et Valls espèrent sortir de la tempête par la pédagogie

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    * Entretien entre Valls et Hollande à l'Elysée 
    * A Matignon "jusqu'en 2017", Valls refuse de "baisser les 
bras" 
    * Le président veut "expliquer" sa ligne et sa méthode 
 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 31 mars (Reuters) - Mauvais sondages, chômage record, 
abandon de la réforme constitutionnelle, colère contre la loi 
Travail : les nuages noirs s'accumulent pour François Hollande 
et Manuel Valls, qui espèrent rebondir en démontrant la 
cohérence de leur action.    
    Au lendemain de l'abandon de la réforme constitutionnelle, 
les commentaires ne sont pas tendres pour le président français, 
coupable d'"un désastre politique majeur", écrit le quotidien Le 
Monde, tandis que la droite raille ce recul en rase campagne.  
    Avant son départ pour un sommet sur la sécurité nucléaire à 
Washington, qui le tiendra hors de France jusqu'à samedi, il a 
fait le point avec son Premier ministre jeudi matin à l'Elysée. 
    Manuel Valls a dit jeudi sur RTL sa détermination à "mener 
les réformes" sans "baisser les bras" malgré l'atmosphère 
délétère illustrée par une nouvelle journée d'action contre la 
réforme du travail, marquée par une forte mobilisation dans 
toute la France.   
    Résolu à rester à Matignon "jusqu'au bout, jusqu'en 2017", 
le chef du gouvernement a lié les mécontentements actuels à un 
"manque d'explication" et des "erreurs de méthode" que 
l'exécutif entend bien corriger.  
    "Et moi je ne baisse pas les bras, si je suis ici devant 
vous, c'est parce que je considère que le pays se renforce et 
que le temps du bilan viendra", a-t-il insisté. "Il faut garder 
le cap ferme, ne pas baisser les bras (...) Il ne faut pas être 
brinquebalé dans ces moments-là, il faut rester solide."  
     
   "EXPLIQUER ET EXPLIQUER ENCORE" 
   "Sans doute il y a un manque d'explication et des erreurs de 
méthode (...) J'assume ma part de responsabilité mais je demande 
à chacun d'être à la hauteur de ses responsabilités", a-t-il 
ajouté à l'adresse de la droite mais aussi du Parti socialiste, 
dont les divisions ne facilitent pas la tâche du gouvernement. 
    Dans l'entourage du président, on se montre flegmatique. 
    "Des moments difficiles, il y en a eu plein dans le 
quinquennat. Nous restons dans l'action, nous faisons le job", 
dit un proche. "Le président a toujours considéré que le débat, 
la négociation, ce n'est pas un problème mais une force. Cela 
signifie qu'il est possible de penser au-delà de soi-même".  
    Pour ses défenseurs, l'honnêteté, le sang-froid et le 
constant souci de rester en mouvement restent les atouts de 
François Hollande, dont les sondages mesurent chaque jour une 
impopularité à un niveau rarement atteint sous la Ve République. 
  
    "Il en prend plein la tête mais il tient bon. Les Français 
le voient", ajoute ce proche.  
    "Les Français n'ont pas le culte du sauveur suprême, ils 
savent qu'il ne peut pas tout régler mais ils veulent du 
collectif. La ligne, la méthode, il faut l'expliquer et 
l'expliquer encore : c'est ce à quoi le président va s'employer 
dans les prochaines semaines".      
    François Hollande sera l'invité d'une émission de France 2 
le 14 avril prochain, où il devrait être interrogé par des 
journalistes et des citoyens.  
    Un proche dit son souci de "saisir les occasions pour mettre 
en perspective".  
    "Il faut le faire dès maintenant, sinon ce sera vu à l'aune 
de la campagne présidentielle. Et dans la tête des Français, on 
est loin d'y être encore", ajoute-t-il.   
    A un an du scrutin suprême, les choses se présentent mal 
pour le président, qui a fait de la baisse du chômage -- dont la 
courbe ne s'inverse toujours pas -- une condition de son entrée 
en lice pour un second mandat.   
     Pour le chef du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, 
Bruno Le Roux, le président sortant reste pourtant "le meilleur 
candidat".  
    "Il va y avoir une année dont on a du mal à imaginer les 
contours. Et donc une élection présidentielle ne se joue pas 
aujourd'hui", a-t-il estimé jeudi sur iTELE.  
 
 (Avec Jean-Baptiste Vey et Simon Carraud, édité par Yves 
Clarisse) 
 
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  • charleco le vendredi 1 avr 2016 à 09:42

    De la pédagogie! Ils vont nous enseigner la théorie du genre...

  • M4189758 le jeudi 31 mar 2016 à 14:07

    JPi - Par ce que le rétropédalage c'est de la pédagogie ?