Hollande et Valls au défi du rebond post-européennes

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FRANÇOIS HOLLANDE ET MANUEL VALLS AU DÉFI DU REBOND POST-EUROPÉENNES
FRANÇOIS HOLLANDE ET MANUEL VALLS AU DÉFI DU REBOND POST-EUROPÉENNES

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Impliqués chacun à leur manière dans la campagne européenne, François Hollande et Manuel Valls réfléchissent à une réponse politique pour contrer le mauvais score annoncé du Parti socialiste doublé d'une poussée de l'extrême droite.

Le Premier ministre a appelé mercredi à Barcelone à une "insurrection démocratique" à même de faire mentir les études d'opinion pour le scrutin de dimanche, où le PS est donné en troisième position, derrière le Front national et l'UMP.

"Je me bats", a-t-il dit sur i>TELE avant un meeting dans sa ville natale, fustigeant un FN "qui n'aime pas l'Europe et qui n'aime pas la France" et appelant de ses voeux une Union qui "peut être utile à condition qu'elle s'occupe des vrais sujets" comme la croissance et l'emploi.

François Hollande a largement laissé le champ dans la campagne à son Premier ministre nommé il y a six semaines.

Un effacement élyséen que Manuel Valls a justifié en expliquant qu'"il n'est pas de tradition que le chef de l'Etat s'engage dans les élections européennes".

Le Premier ministre, chef de la majorité, s'exprimera vraisemblablement dimanche dès l'annonce des résultats, en conclusion d'une campagne courte mais active menée de Lille à Barcelone en passant par son fief d'Evry, dans l'Essonne.

"Manuel Valls est un Européen convaincu. Ç'aurait été une erreur politique de sa part de ne pas faire campagne, et il l'a fait à fond", dit un de ses proches, le député Carlos Da Silva.

"PARLER D'AUTRE CHOSE"

Organisée début mai sur fond de crise en Ukraine, la séquence européenne de François Hollande a inclus la publication d'un plaidoyer pour l'Europe en marge des cérémonies du 8-Mai et un week-end d'amitié franco-allemande dans le nord-est de l'Allemagne à l'invitation de la chancelière Angela Merkel.

Le président sera mardi à Bruxelles pour une réunion d'analyse par les dirigeants européens des résultats du scrutin dont le vainqueur doit, selon le Parlement européen, être nommé président de la Commission.

Une interprétation du traité de Lisbonne partagée par François Hollande, ce qui impliquerait la nomination du démocrate-chrétien luxembourgeois Jean-Claude Juncker ou du social-démocrate allemand Martin Schulz, mais sur laquelle Angela Merkel a émis plus que des réserves.

Une longue séquence internationale attend ensuite le président français en juin avec un voyage à Varsovie pour le 25e anniversaire de la République polonaise suivi d'un G7 à Bruxelles et des cérémonies du 70e anniversaire du Débarquement en Normandie, où se retrouveront 17 chefs d'Etat et de gouvernement, dont Vladimir Poutine et Barack Obama.

Un sommet européen, censé désigner le futur président de la Commission, conclura le mois prochain.

Si les résultats de dimanche sont vraiment mauvais, la tentation de "parler rapidement d'autre chose" sera forte, prédit un député socialiste et, de ce point de vue-là, la réforme territoriale est un thème de diversion tout trouvé.

Le président devrait la présenter lui-même d'ici une dizaine de jours selon certains de ses interlocuteurs, ce que son entourage n'a pas confirmé.

La transition énergétique, la réforme pénale et le projet de loi de finance rectificative comptent parmi les autres sujets appelés à faire débat avant l'été, y compris au sein d'un PS très déprimé depuis sa défaite aux élections municipales.

"AUTANT LIRE DANS LE MARC DE CAFÉ"

La colère a atteint son apogée avec le vote du projet d'économies de 50 milliards d'euros proposées par l'exécutif, entaché de 41 abstentions socialistes.

"Je ne vois pas le mouvement s'élargir en cas déroute aux européennes parce que tout le monde l'a anticipée", tempère un député.

Pour dimanche, le PS s'accroche à l'espoir d'un score qui lui permettrait de conserver son niveau actuel, soit 14 élus.

Les socialistes français misent, en Europe, sur un "effet Martin Schulz", leur candidat à la présidence de la Commission.

Quant aux pronostics, "autant lire dans le marc de café", sourit un élu, là où d'autres n'espèrent guère plus de 12% à moins qu'il ne rappellent les 14,5 obtenus sous Michel Rocard en 1994 ou les 16,5% de 2009.

Un député se refuse à toute prédiction sur un scrutin "où on se détermine très tard". "Il y a aussi un phénomène de dispersion des voix, beaucoup de listes qui ne compteront pas dans la répartition des sièges", dit-il.

Carlos Da Silva dit ressentir un "frémissement de l'opinion" depuis l'arrivée de Manuel Valls à Matignon.

"Les Français ont le sentiment que le message des municipales a été entendu", dit-il. "Personne ne travaille à un scénario catastrophe. On doit tout faire pour mobiliser le coeur de l'électorat socialiste".

Un avis que ne partage pas Thierry Mandon, porte-parole du PS à l'Assemblée nationale, un peu désabusé par ses récentes rencontres sur le terrain.

"On a l'impression d'être une ONG. Les gens compatissent, il nous disent 'bon courage'...", raconte-t-il.

La droite a beaucoup reproché à Manuel Valls son annonce d'une baisse d'un milliard d'euros d'impôts pour les plus modestes, jugée opportuniste à dix jours des élections.

Thierry Mandon y voit au contraire une tentative de "reconquête" de François Hollande, au plus bas dans les sondages. "Une mesure à l'adresse de la majorité, le début de l'inflexion sociale de la deuxième moitié du quinquennat."

(Avec Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse)

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  • M1310580 le jeudi 22 mai 2014 à 16:42

    A "l'insurrection démocratique", il aura une réponse, celle de "l'insurrection républicaine"

  • M1765517 le jeudi 22 mai 2014 à 15:57

    Lui , il préfère Leonarda !

  • M2766070 le jeudi 22 mai 2014 à 15:25

    marcsim le vote blanc c est un chèque en blanc, tu m en fais 1 ? j't'envoi mon adresse de suite !!! y a l UPR pour changer de suite !!!

  • M6418959 le jeudi 22 mai 2014 à 15:14

    lui-même, ne vient-il pas de l'immigration!!!!!

  • marcsim5 le jeudi 22 mai 2014 à 14:49

    Depuis le 1er avril 2014, le vote blanc est comptabilisé (loi du 21 février 2014) : " Les bulletins blancs sont décomptés séparément et annexés au procès-verbal. Il en est fait spécialement mention dans les résultats des scrutins. Une enveloppe ne contenant aucun bulletin est assimilée à un bulletin blanc......A cet égard, les prochaines élections européennes seront une première.....

  • cavalair le jeudi 22 mai 2014 à 14:21

    fustigeant un FN "qui n'aime pas l'Europe et qui n'aime pas la France" IL est g/onfle. Ils sont en train de tuer le pays avec l'immigration et il ose dire cela.

  • ch.orru le jeudi 22 mai 2014 à 14:17

    On sent comme un grand désarroi dans la force tranquille de gauche.