Hollande et Poutine s'entendent pour coopérer contre Daech

le , mis à jour à 00:08
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    * Echanges d'informations, frappes intensifiées 
    * Moscou accepte de préserver les groupes luttant contre 
l'EI 
    * Aucune avancée quant au sort de Bachar al Assad 
 
 (Actualisé avec conférence de presse Hollande-Poutine) 
    par Elizabeth Pineau et Denis Pinchuk 
    MOSCOU, 26 novembre (Reuters) - François Hollande et 
Vladimir Poutine ont affirmé jeudi soir à Moscou leur souhait 
commun d'intensifier les échanges de renseignements pour être 
plus efficaces dans leurs frappes contre Daech en Syrie.  
    Au terme d'un dîner de travail, les présidents russe et 
français sont convenus de combattre Daech en préservant les 
groupes armés locaux qui combattent l'Etat islamique. Jusque 
récemment, les Occidentaux accusaient Moscou de frapper les 
rebelles hostiles au président syrien Bachar al Assad. 
    "Nous allons augmenter les échanges d'informations et les 
renseignements de toute nature, et notamment entre nos forces", 
a expliqué François Hollande devant la presse au Kremlin. "Les 
frappes contre Daech seront intensifiées et feront l'objet d'une 
coordination pour augmenter leur efficacité et notamment sur le 
transport du pétrole." 
    "Troisièmement, les forces luttant contre Daech et les 
groupes terroristes ne doivent pas être visés par nos avions, 
nous devons aller frapper les groupes terroristes et Daech", 
a-t-il ajouté. 
    Vladimir Poutine a de son côté indiqué que la Russie était 
prête à apporter "une contribution pratique à la formation d'une 
coalition antiterroriste très large, à savoir un front 
antiterroriste sous l'égide de l'Onu". 
    Sur le sort de Bachar al Assad, les positions n'ont pas 
avancé d'un iota, le président russe refusant toujours de se 
rallier à l'avis des Occidentaux qui considèrent le président 
syrien comme responsable de près de cinq ans de guerre civile et 
veulent le voir quitter le pouvoir.  
    "Le destin du président de la Syrie doit être à 100% entre 
les mains du peuple syrien. La seule armée capable de lutter 
contre Daech, c'est l'armée syrienne de Bachar al Assad", a dit 
le chef du Kremlin.  
    François Hollande a évoqué l'idée de confier les pouvoirs 
exécutifs à un gouvernement d'union nationale indépendant, le 
temps d'une transition conduisant vers des élections.  
     
    MARATHON DIPLOMATIQUE 
    Moscou a constitué une étape importante du marathon 
diplomatique engagé par le président français pour tenter de 
concentrer le combat contre l'EI, tenu pour responsable des 
pires attentats jamais commis à Paris, qui ont fait 130 morts le 
13 novembre.  
    Daech a également revendiqué avoir abattu le 31 octobre 
au-dessus du Sinaï un avion charter transportant des touristes 
russes, faisant 224 morts.    
    Outre ses voyages à Washington et Moscou, François Hollande 
en a appelé à la solidarité européenne. L'Allemagne a offert de 
participer aux missions de protection, de reconnaissance et de 
logistique aux opérations de lutte contre Daech en Syrie et en 
Irak.  
    Si Vladimir Poutine s'est dit prêt à combattre un "ennemi 
commun", la "grande coalition unique" contre Daech souhaitée par 
le président français a peu de chances de voir le jour en raison 
de réticences diverses et des tensions sur le terrain. 
    Le ton est monté mardi entre Moscou et Ankara, membre de 
l'Otan, après la destruction d'un avion chasseur-bombardier 
russe abattu par les forces turques qui l'accusaient de violer 
leur espace aérien.  
    Jeudi soir, Vladimir Poutine a encore eu des mots durs pour 
les Turcs, qu'il a accusés de fermer les yeux sur le trafic de 
pétrole en provenance de zones contrôlées par Daech.  
    François Hollande a considéré que l'incident "éminemment 
regrettable" de l'avion abattu appelait plus que jamais une 
meilleure coordination, sans perdre de vue l'objectif principal 
: "lutter contre Daech".   
    "Il est essentiel, dans cette zone et dans cette période, 
d'éviter tout risque et tout nouvel incident et de prévenir 
cette escalade", a-t-il estimé. 
    Vladimir Poutine en a appelé à la vigilance de Washington. 
"Nous sommes prêts à participer à une coalition dirigée par les 
Etats-Unis. Mais bien sûr des incidents comme la destruction de 
notre appareil et la mort de nos hommes (..) sont absolument 
inacceptables". 
    Vladimir Poutine et François Hollande se retrouveront lundi 
prochain pour l'ouverture de la conférence mondiale sur le 
climat, qui réunira quelque 140 chefs d'Etat et de gouvernement 
dans la capitale française. 
 
 (Edité par Guy Kerivel) 
 
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