Hollande et Poutine espèrent une trêve rapide en Ukraine

le
2

par Vladimir Soldatkin MOSCOU, 6 décembre (Reuters) - François Hollande et Vladimir Poutine, qui se sont brièvement rencontrés samedi après-midi à l'aéroport moscovite de Vnoukovo, ont espéré qu'un cessez-le-feu pourrait être rapidement appliqué et respecté dans l'est de l'Ukraine. Le président français, lors de cette escale imprévue au retour de son voyage au Kazakhstan, a dit souhaiter que "le cessez-le-feu qui sera proclamé demain ou après-demain puisse être effectif, c'est-à-dire pleinement, entièrement respecté". Il n'a pas donné plus de détails. François Hollande est le premier dirigeant d'une puissance occidentale majeure à se rendre à Moscou depuis l'annexion de la Crimée en mars et l'éclatement du conflit séparatiste dans l'est de l'Ukraine en avril. Sa venue, qui n'a été annoncée que samedi matin, souligne l'inquiétude des Occidentaux face au conflit ukrainien et à la rhétorique de plus en plus hostile de Vladimir Poutine. Dans son discours annuel sur l'état de la fédération russe, le président russe a imputé jeudi aux Occidentaux, les "ennemis d'hier", la plupart des difficultés de la Russie, les accusant de vouloir faire subir à son pays le "scénario de la Yougoslavie" des années 1990 et de s'en remettre à la "politique d'endiguement" comme à chaque fois que la puissance russe redevient forte. (voir ID:nL6N0TO1EK ) "J'ai écouté le discours que vous avez prononcé il y a quelques heures et je pense que nous devons éviter qu'il y ait d'autres murs qui viennent nous séparer", lui a répondu François Hollande au début de leur rencontre. "A un moment, a-t-il insisté, il faut être aussi capable de dépasser les obstacles et trouver les solutions." "Je voulais avec le président Poutine envoyer un message qui est celui de la désescalade et aujourd'hui elle est possible", a-t-il déclaré ensuite lors de sa brève intervention devant la presse à l'issue de leurs échanges. DISCUSSIONS MARDI À MINSK A Kiev, le président ukrainien Petro Porochenko, avec lequel Hollande s'est entretenu dans la journée par téléphone, a annoncé pratiquement au même moment qu'un accord préliminaire avait été conclu en vue de la tenue de pourparlers mardi prochain à Minsk. Négocié en septembre dans la capitale biélorusse par des représentants de l'Ukraine, des séparatistes pro-russes de l'Est, de la Russie et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), le Protocole de Minsk, qui prévoyait une sortie de crise en douze points, bute depuis sur le non respect du cessez-le-feu entre les forces régulières ukrainiennes et les rebelles armés. (voir ID:nL6N0TQ0F9 ) D'après des données réunies par les Nations unies, les pertes enregistrées depuis l'entrée en vigueur théorique de cette trêve, le 5 septembre, ont été de 13 morts en moyenne par jour parmi l'armée, les forces rebelles et les populations civiles. "J'espère vraiment que dans un proche avenir, une décision finale liée au cessez-le-feu sera prise", a déclaré Vladimir Poutine. "Nous en avons parlé de façon très détaillée avec le président français", a-t-il poursuivi. Le président russe, pas plus que Hollande, n'a précisé s'il évoquait les discussions annoncées par Porochenko ou une autre initiative. En revanche, a rapporté Poutine, les deux chefs d'Etat, qui s'étaient déjà rencontrés le mois dernier en marge du sommet du G20 à Brisbane, n'ont pas abordé le sujet sensible des porte-hélicoptères Mistral. Signé en 2011, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, le contrat prévoit la livraison pour un montant d'environ 1,2 milliard d'euros de deux porte-hélicoptères Mistral à la Russie. La livraison du premier bâtiment, le Vladivostok, devait initialement intervenir en octobre, puis en novembre, mais les autorités françaises l'ont repoussée, estimant que les conditions ne sont pas réunies du fait des tensions en Ukraine et du rôle imputé à la Russie par le gouvernement de Kiev et les Occidentaux. (avec Alexander Reshetnikov et Timothy Heritage à Moscou, Pavel Politiyuk à Kiev et Jean-Baptiste Vey à Paris; Henri-Pierre André pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • mlaure13 le samedi 6 déc 2014 à 23:34

    Rien à secouer Pépère : F Hollande accumule 32 ans de droits pour 3 ans de travail effectif à la Cour des comptes. Soit une retraite de 5 000 €/ bruts/mois; s'ajoutent 6 000 € / fonctions locales, puis 6 800 €/ fonctions de parlementaire, et 6 000 €/ retraite de président de la République et encore 12 000 € (futur) membre du Conseil constitutionnel !...Soit + de 35 000 €/mois. Belle la vie de nos Elus politicards mafieux...Moyenne en France: 1 200 €?... ça interpelle sur les prochains votes

  • LeRaleur le samedi 6 déc 2014 à 19:26

    Pour les deux, du Machiavélisme pur et dur.