Hollande et Merkel quittent Moscou sans résultat concret

le
0

MOSCOU (Reuters) - François Hollande et Angela Merkel ont quitté le Kremlin sans promesse de cessez-le-feu dans l'est de l'Ukraine, au terme d'un entretien de cinq heures avec Vladimir Poutine.

Le président russe, son homologue français et la chancelière allemande sont toutefois convenus de travailler à la rédaction d'un document conjoint sur la mise en oeuvre du plan de paix adopté à Minsk en septembre et resté lettre morte, selon Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, qui a parlé de discussions constructives. Ils doivent reprendre contact dimanche par téléphone.

"Les discussions sont maintenant terminées et nos hôtes sont déjà en route pour l'aéroport", a déclaré Dmitri Peskov, s'adressant à la presse.

"En ce moment, un travail est en cours pour préparer le texte d'un éventuel document conjoint sur la mise en oeuvre des accords de Minsk, un document qui mentionnerait les propositions faites par le président ukrainien et celles formulées et ajoutées aujourd'hui par le président Poutine", a-t-il expliqué.

Ses propos ont été confirmés par un porte-parole du gouvernement allemand. "Sur la base des propositions de la chancelière allemande et du président français, un projet de document conjoint va être mis en chantier", dit Steffen Seibert dans un communiqué.

Dans l'entourage de François Hollande, on fait également état de discussions "substantielles et constructives".

"Sur la base de leurs propositions, ils (le président et la chancelière) travaillent à un texte commun pour incorporer les propositions (du président ukrainien Petro) Porochenko et de Poutine. Le travail continue à Moscou avec des membres de chaque délégation qui vont rester sur place à Moscou", a-t-on ajouté.

Jeudi, François hollande et Angela Merkel s'étaient rendus à Kiev pour rencontrer Petro Porochenko.

"ALLER CHERCHER UN ACCORD"

Ce double déplacement "c'est bien pour aller chercher un accord et ensuite dire, s'il a été obtenu, les efforts consentis par les uns et par les autres et, s'il ne l'a pas été, qui en aura été responsable", avait dit François Hollande avant son départ pour Moscou.

"Chacun est conscient que le premier pas doit être le cessez-le-feu mais qu'il ne peut pas suffire et qu'il faut aller chercher un règlement global", a-t-il ajouté, s'adressant aux journalistes avant de prendre le chemin de l'aéroport.

L'ambassadeur de Russie en France, Alexandre Orlov, a pour sa part jugé cette rencontre à trois utile face à "une urgence, une vraie urgence d'éviter la guerre, d'éviter le massacre de civils."

"C'est une rencontre d'espoir, je n'irai pas jusqu'à dire une rencontre de la dernière chance, mais c'est tout comme", a-t-il dit sur Europe 1 en précisant qu'elle avait été longuement préparée par des contacts entre Paris, Berlin, Moscou et Kiev.

Engagé depuis juin dans un processus de facilitation dans la crise ukrainienne, François Hollande et Angela Merkel ont décidé de se rendre à Kiev et à Moscou pour donner une chance à la diplomatie à l'heure où le conflit menace de se transformer en "guerre totale", et en plein débat sur d'éventuelles livraisons d'armes aux forces ukrainiennes, auxquelles Paris et Berlin sont opposés.

(Gabriela Baczynska et Elizabeth Pineau, Jean-Philippe Lefief pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant