Hollande et Merkel pressent Tsipras de conclure un accord

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(Actualisé avec déclarations françaises et grecques) par Renee Maltezou et Andreas Rinke RIGA, 22 mai (Reuters) - Le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel, qui rencontraient jeudi soir à Riga le Premier ministre grec Alexis Tsipras, lui ont rappelé la nécessité d'en faire davantage pour obtenir les financements indispensables pour éviter une banqueroute. Cette réunion, en marge du sommet du Partenariat oriental qui réunit l'Union européenne et plusieurs pays d'Europe de l'Est, s'est achevée bien après minuit (21H00 GMT) après plus de deux heures d'échanges. Selon un porte-parole de la délégation allemande, les discussions entre les trois dirigeants ont été "amicales et constructives" et ont porté sur un "achèvement fructueux de l'actuel plan d'assistance". "Les discussions se sont focalisées sur la volonté de parvenir à un accord sur le programme en cours. Ils (les trois dirigeants) sont convenus de la nécessité pour les autorités grecques de poursuivre leur travail avec les trois institutions (ndlr, l'Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international)", ont rapporté des responsables allemand et français dans des déclarations quasi identiques. Athènes et le "groupe de Bruxelles" - les trois institutions mentionnées par les délégations allemandes et françaises - négocient depuis plus de trois mois les réformes réclamées aux autorités grecques en échange du versement de 7,2 milliards d'euros, la dernière tranche du plan d'assistance financière en cours. Le temps presse car la Grèce risque de se trouver dans l'incapacité d'honorer à la fois les prochaines échéances des prêts que lui a accordés le FMI et le paiement des traitements des fonctionnaires et des pensions de retraite. Selon un responsable grec présent à Riga, Merkel et Hollande ont proposé à Tsipras leur aide personnelle pour accélérer la recherche d'un règlement à long terme de la crise de la dette grecque qui, a dit le Premier ministre grec, "créerait la perspective d'une sortie de la crise". "Les deux autres dirigeants ont compris la nécessité d'un tel accord et sont prêts à contribuer personnellement à accélérer le processus vers un tel accord", a poursuivi ce responsable grec. Mais la chancelière allemande et le président français, qui représentent les deux premières économies de la zone euro, ont insisté sur la nécessité pour le gouvernement de gauche Syriza, arrivé au pouvoir à la faveur des législatives de janvier, de boucler d'abord les négociations sur le déblocage du dernier versement. En février, Athènes et ses partenaires ont négocié une prolongation de quatre mois du programme d'assistance financière en échange d'engagements du nouveau pouvoir grec. (voir ID:nL5N0VU1O8 ) "MOMENT DE VÉRITÉ" Les communiqués allemand et français ne font pas mention de perspectives à long terme mais se concentrent sur la nécessité immédiate de s'entendre sur les réformes promises par Antonis Samaras, le prédécesseur de Tsipras, à l'UE, à la BCE et au FMI, dont dépend le déblocage de la dernière tranche d'aide. "Nous sommes plus proches d'un accord", a estimé le responsable grec qui a cependant ajouté que des divergences demeuraient sur une réforme du marché du travail, des retraites et de la TVA ainsi que sur la question de l'excédent budgétaire primaire (avant paiement du service de la dette). "Ce n'est pas ici, à Riga, que nous allons négocier la question de la Grèce mais c'est vrai que cela nous permet de préparer l'échéance qui est attendue, notamment la réunion de l'Eurogroupe à la fin du mois ou au tout début du mois de juin", avait prévenu François Hollande à son arrivée dans la capitale lettone. Tsipras doit rencontrer ce vendredi à 14h30 (11h30 GMT) le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a annoncé pour sa part l'exécutif européen. De son côté, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a dit dans un entretien accordé jeudi à Reuters qu'il ne pouvait pas exclure un défaut de l'Etat grec. "Il n'y a pour l'instant aucun élément concret permettant d'affirmer que nous nous sommes rapprochés d'un accord", a-t-il dit. "Je ne peux rien exclure, en aucun cas", a-t-il répondu interrogé sur la possibilité d'un défaut de la Grèce. A Munich, Valdis Dombrovskis, le vice-président de la Commission européenne chargé de l'euro, a démenti pour sa part des informations de presse sur une possible prolongation du plan d'aide à Athènes jusqu'à l'automne. "Le scénario privilégié vise à achever le plan d'aide en cours, qui se termine fin juin", a-t-il ajouté. (voir ID:nL5N0YC3YI ) Le député Nikos Filis, porte-parole de Syriza au Parlement, a prévenu mercredi que la Grèce ne rembourserait pas au Fonds monétaire international (FMI) la prochaine échéance de ses prêts, le 5 juin, si aucun accord n'est conclu d'ici là. "Nous sommes arrivés au moment où les négociations doivent aboutir. C'est désormais le moment de vérité, le 5 juin", a-t-il dit. (voir ID:nL5N0YB1WB ) (avec Adrian Croft à Riga et Michelle Martin et Gernot Heller à Berlin; Marc Angrand, Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André pour le service français)

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