Hollande et Merkel évoquent des "initiatives" pour les migrants

le
0
HOLLANDE ET MERKEL ÉVOQUENT DES "INITIATIVES" POUR LES MIGRANTS
HOLLANDE ET MERKEL ÉVOQUENT DES "INITIATIVES" POUR LES MIGRANTS

PARIS (Reuters) - François Hollande s'est entretenu jeudi avec Angela Merkel et le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, qui préside actuellement l'Union européenne, pour préparer des initiatives en faveur des migrants, dont le sort divise l'Europe.

Le chef de l'Etat français devrait s'entretenir dans la journée avec le président du Conseil européen et le président turc, a-t-on précisé dans son entourage.

Une réunion ministérielle est prévue dans l'après-midi à 16h00 à l'Elysée sur ce dossier qui nourrit les émotions, notamment après la publication de photos d'un enfant syrien retrouvé mort sur une plage turque.

"Il avait un nom : Aylan Kurdi. Urgence d'agir. Urgence d'une mobilisation européenne", écrit le Premier ministre Manuel Valls sur son compte Twitter.

Manuel Valls, Ségolène Royal (Ecologie), Bernard Cazeneuve (Intérieur), Christian Eckert (Budget), Sylvia Pinel (Logement) et Harlem Désir (Affaires européennes), notamment, se retrouveront auprès du président français à l'Elysée.

Le 24 août à Berlin, François Hollande et Angela Merkel avaient appelé l'Europe à agir de concert pour venir en aide aux dizaines de milliers de migrants qui arrivent aux frontières de l'Europe. Une réunion exceptionnelle des ministres de l'Intérieur européens est prévue le 14 septembre.

L'afflux exceptionnel de candidats à l'asile venus de Syrie, d'Erythrée, du Soudan, mais aussi de migrants venant de pays dits "sûrs", comme l'Albanie, a provoqué deux types de réactions dans la classe politique européenne.

SOLIDARITÉ ET FERMETÉ

Pour le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, qui a fait construire une clôture de 175 km de long à sa frontière avec la Serbie pour contenir les migrants qui affluent par le Sud, ce phénomène menace les racines chrétiennes de l'Europe qui doit selon lui contrôler ses frontières avant de décider d'accueillir des candidats à l'asile.

Mais en Allemagne, malgré quelques manifestations hostiles, un puissant mouvement de solidarité se fait jour.

La France, elle, réaffirme sa position - solidarité envers les réfugiés qui fuient les guerres et les dictatures mais fermeté envers les migrants économiques qui doivent être renvoyés chez eux, avec nécessité de bâtir une politique commune de l'asile cohérente dans l'Union européenne.

Bernard Cazeneuve a souligné dans une tribune publiée mercredi par Libération que la France venait d'adopter une ambitieuse réforme du droit d'asile qui permet notamment d'accélérer le délai d'octroi du statut de réfugié.

Pour aider les trois principaux pays de première entrée - Grèce, Italie et Hongrie -, qui doivent selon les règles européennes prendre en charge les réfugiés, Paris et Berlin sont prêts à accueillir sur une base volontaire une partie de ces migrants grâce à un mécanisme de solidarité européenne.

La France et l'Allemagne veulent aussi que des centres d'accueil ouvrent en Grèce et en Italie, ce qui permettra de faire le "tri" entre ceux qui peuvent obtenir l'asile et ceux qui sont considérés comme des migrants économiques.

Pour dissuader les migrants irréguliers de venir en Europe, leur retour vers les pays d'origine doit être organisé.

Le développement en Afrique, une des réponses au phénomène, sera abordé au sommet de La Valette, où seront réunis les pays européens et les pays africains en novembre 2015.

(Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant