Hollande et Merkel en mission de paix à Kiev et Moscou

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* Hollande et Merkel à Kiev jeudi, à Moscou vendredi * Vont présenter une nouvelle proposition de sortie de conflit * La France opposée pour l'heure à une livraison d'armes (Actualisé avec déclarations, précisions) par Marine Pennetier PARIS, 5 février (Reuters) - François Hollande et Angela Merkel ont décidé de se rendre jeudi à Kiev et vendredi à Moscou pour donner une chance à la diplomatie en Ukraine, à l'heure où le conflit menace de se transformer "en guerre totale", nourrissant un débat sur une livraison d'armes aux forces ukrainiennes. Plus de 5.000 personnes sont mortes dans le conflit qui oppose depuis neuf mois l'armée ukrainienne aux séparatistes pro-russes dans l'Est et pour lequel aucune initiative diplomatique n'a pour l'heure abouti à un cessez-le-feu durable entre les deux parties. "En Ukraine, c'est la guerre, des armes lourdes sont utilisées, des civils tous les jours sont tués", a déclaré François Hollande jeudi lors d'une conférence de presse à l'Elysée. "On est passé en quelques mois de ce qui était un différend à un conflit et d'un conflit à la guerre (...) Nous sommes dans la guerre et dans une guerre qui peut être totale". Face à ce risque, la France va tenter une nouvelle carte diplomatique en présentant, avec l'Allemagne, une nouvelle proposition de règlement de ce conflit qui a ravivé les tensions entre la Russie et l'Occident. "Le temps presse, et il ne sera pas dit que la France et l'Allemagne n'auront pas tout tenté , tout entrepris pour préserver la paix", a souligné François Hollande. Initiateurs des réunions quadripartites dites "de Normandie" (France, Allemagne, Russie et Ukraine), les deux dirigeants se rendront à Kiev jeudi pour présenter à Petro Porochenko cette proposition de règlement du conflit, qui sera fondée sur "l'intégrité territoriale de l'Ukraine", puis à Vladimir Poutine à Moscou vendredi. François Hollande et Angela Merkel devraient être rentrés dans leurs pays respectifs vendredi en fin de matinée et ils n'emmènent avec eux aucun journaliste pour préserver la discrétion de leurs tractations, a-t-on appris à Paris. FRANCE "HORS DÉBAT" SUR LES ARMES Conclu en septembre sous l'égide de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), l'accord de Minsk, qui prévoyait entre autres un cessez-le-feu immédiat et le départ des "groupes armés illégaux", n'a pratiquement jamais été respecté. Une nouvelle tentative diplomatique en vue d'obtenir un cessez-le-feu s'est soldée par un échec samedi dernier à Minsk. Sur le terrain, l'offensive des rebelles séparatistes se poursuivait jeudi autour de Debaltseve, noeud ferroviaire stratégique au nord-est de Donetsk tenu par les forces gouvernementales. En dépit des sanctions internationales qui pèsent sur l'économie russe, le soutien apporté par Moscou aux séparatistes russes ne faiblit pas, alimentant la frustration des Occidentaux face à l'inflexibilité russe et relançant le débat sur la livraison d'armes à l'Ukraine. A Kiev, Pedro Porochenko a estimé que l'escalade du conflit devrait conduire l'Otan "à fournir davantage de soutien" militaire à son pays, notamment "des armes modernes de protection et de résistance" ( ID:nL6N0VF01Z ). Pour l'heure, le débat sur une livraison d'armes n'a pas été tranché. Aux Etats-Unis, Ashton Carter, nouveau secrétaire américain à la Défense pressenti, s'est ainsi dit favorable mercredi à l'envoi d'armes en Ukraine. A Berlin, Angela Merkel a elle exclu d'équiper militairement l'armée ukrainienne. "La France ne rentre pas dans le débat de la fourniture des armes", a déclaré pour sa part François Hollande lors de sa conférence de presse, répétant au passage que la France n'était pas favorable à l'intégration de l'Ukraine au sein de l'Otan. Pour autant, l'option de la diplomatie, de la négociation (...) ne peut pas être prolongée indéfiniment", a-t-il souligné. "Je souhaite que, et le président Porochenko et le président Poutine mesurent bien maintenant leurs responsabilités". S'exprimant devant des journalistes, le principal conseiller du Kremlin sur la politique extérieure Yuri Ushakov a fait savoir que Vladimir Poutine était prêt à avoir des entretiens constructifs avec François Hollande et Angela Merkel. (Avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)

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