Hollande et Merkel divergent sur l'analyse du vote aux européennes

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HOLLANDE ET MERKEL DIVERGENT SUR L?INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS DES ÉLECTIONS EUROPÉENNES
HOLLANDE ET MERKEL DIVERGENT SUR L?INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS DES ÉLECTIONS EUROPÉENNES

STRALSUND Allemagne (Reuters) - François Hollande et Angela Merkel ont affiché samedi des opinions divergentes sur la manière dont les résultats des élections européennes doivent être interprétés pour remplacer José Manuel Barroso à la présidence de la Commission européenne.

Malgré leurs efforts pour mettre en scène une complicité sans faille lors d'une visite du fief électoral de la chancelière sur les bords de la Baltique, le président français a exprimé une lecture divergente du traité de Lisbonne de celle de son "amie" allemande.

Ce texte précise que les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne doivent "tenir compte" du vote des électeurs mais, pour les deux dirigeants, cette disposition peut être interprétée différemment.

Le président français s'est rallié explicitement jeudi dans une tribune publiée par Le Monde à la thèse défendue par le Parlement européen.

Selon cette interprétation, les Vingt-Huit sont tenus de désigner le prochain chef de l'exécutif européen sur la base du nombre de sièges que remportera chaque tête de liste aux élections qui se tiendront du 22 au 25 mai.

"Une élection au Parlement européen doit avoir des conséquences, si nous appelons au vote, c'est bien pour qu'il soit respecté dans ses résultats", a déclaré le président français lors d'une conférence de presse commune.

Le social-démocrate allemand Martin Schulz et le démocrate-chrétien luxembourgeois Jean-Claude Juncker, candidats de leurs groupes respectifs pour le poste, mènent une campagne électorale paneuropéenne et sont donnés au coude-à-coude pour remporter une majorité relative au Parlement européen.

A deux semaines d'un scrutin pour lequel le Front national est souvent donné en tête par les sondeurs, le président français tente de motiver les électeurs pour limiter une abstention qui s'annonce très élevée.

La chancelière allemande, rétive à l'idée de se voir imposer un nom par les eurodéputés, n'a pas encore renoncé au rôle décisif qui revient, selon elle, aux chefs d'Etat et de gouvernement.

"GRANDE COALITION"   

"Le 27 mai, le Conseil européen se réunit, et le traité de Lisbonne nous confie la responsabilité d'élaborer une proposition, aussi bien en ce qui concerne la personne du président de la Commission mais aussi du Haut représentant pour la politique étrangère", a dit la chancelière, qui entend prendre son temps.

"Il ne faut pas imaginer que mardi 27 ou mercredi 28 une décision soit prise, cela prendra un certain temps (...) et il faudra certainement plusieurs semaines avant que l'on puisse prendre ces décisions", a-t-elle ajouté, laissant entrevoir une négociation politique de longue haleine. 

"Tous les chefs d'Etat et de gouvernement n'appartiennent pas au mêmes mouvements politiques, il y a beaucoup de grandes coalitions en Europe, pas uniquement en Allemagne", a-t-elle relevé, au risque d'inquiéter certains parlementaires qui redoutent de voir les libéraux emmenés par l'ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt jouer un rôle d'arbitre.

En évoquant une "grande coalition", la chancelière ouvre la possibilité pour le Conseil de choisir une personnalité européenne qui représenterait mieux que Martin Schulz ou Jean-Claude Juncker, le résultat des urnes. 

Le Conseil doit formaliser son choix sur le futur président de la Commission européenne lors d'un sommet fin juin.

Un désaccord entre le Conseil et les députés européens ouvrirait une crise politique à Bruxelles car la Commission européenne ne peut entrer en fonction - en théorie début novembre - qu'à la condition de recevoir l'investiture du Parlement européen.

(Julien Ponthus, édité par Jean-Baptiste Vey)

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