Hollande et Merkel à Strasbourg pour esquisser l'avenir de l'UE

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* Une visite inédite depuis la chute du Mur de Berlin * Marine Le Pen devrait prendre la parole dans le débat * Les deux dirigeants attendus sur de nombreux dossiers PARIS, 6 octobre (Reuters) - François Hollande et Angela Merkel affirmeront mercredi devant le Parlement européen la nécessité de renforcer l'Europe face aux crises et à la montée des extrémismes, une visite conjointe inédite depuis celle de François Mitterrand et Helmut Kohl il y a 26 ans. Si ces crises et les tensions politiques qui les accompagnent, au premier rang desquelles celle des réfugiés, ne permettent pas d'envisager de saut institutionnel avant les élections de 2017 des deux côtés du Rhin, beaucoup peut être fait d'ici là, insiste-t-on à Paris. Très critiqué en France et en Europe ces dernières semaines, le traité de Schengen permet déjà d'avancer en créant un régime d'asile commun, une politique migratoire commune et une gestion des frontières unifiée, ajoute-t-on. Sur le front diplomatique, la coordination franco-allemande avec l'appui des Européens sur le conflit en Ukraine peut être un modèle pour un renforcement de la diplomatie européenne, par exemple au Proche-Orient. Quant aux questions du financement et de l'investissement, du pilotage de l'économie de la zone euro et de la convergence sociale et fiscale, elles progressent grâce aux propositions franco-allemandes, avec par exemple le plan d'investissements "Juncker", souligne-t-on. Avec la crise des réfugiés, l'Ukraine, la menace terroriste, le référendum britannique sur l'appartenance à l'Union et la situation économique toujours déprimée, "il est rare que l'Europe soit confrontée à tous ces défis en même temps", déclare une source française. "Dans tout cela, la France et l'Allemagne n'ont pas le rôle de directoire qui leur est souvent imputé mais le rôle de base politique, de capacité de mobilisation, de capacité de résolution", poursuit-elle. FACE AUX CRITIQUES De source allemande, on précise être en attente de précisions sur les propositions de la France pour renforcer la zone euro. Dernière en date, celle faite par François Hollande le 14 juillet de créer à terme un parlement de la zone euro. Le président français et la chancelière allemande s'exprimeront tour à tour à Strasbourg puis répondront aux critiques que les présidents des groupes politiques du Parlement pourraient leur adresser. La présidente du Front national, Marine Le Pen, pourrait ainsi trouver une tribune supplémentaire pour dénoncer l'impact sur la France et l'Europe du plus important mouvement de population sur le continent depuis la Seconde Guerre mondiale. La question des réfugiés est aussi au centre du débat politique en Allemagne, affectant la popularité d'Angela Merkel qui a atteint son plus bas niveau depuis quatre ans, tandis que ses alliés bavarois affirment publiquement leur mécontentement. Lundi, le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de Maiziere, a appelé à fixer une limite au nombre de réfugiés entrant dans le pays. Selon le quotidien Bild, les autorités allemandes s'attendraient à accueillir jusqu'à un million de demi de réfugiés cette année contre 800.000 à un million auparavant, un chiffre que n'a ni confirmé ni infirmé le ministère de l'Intérieur. La dernière intervention conjointe des dirigeants français et allemand devant le Parlement, celle de François Mitterrand et Helmut Kohl, avait eu lieu le 27 novembre 1989, après la chute du Mur de Berlin. (Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse)

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  • charleco le mardi 6 oct 2015 à 17:59

    L'avenir de l'UE passe par la sortie d l'OTAN, c'est à dire que ce n'est pas demain la veille, avec tous ces pays de l'ancien bloc de l'Est qui n'ont rien compris à la stratégie du pentagone...