Hollande et Merkel à Moscou avec un maigre espoir

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* Hollande et Merkel reçus par Poutine * Une offensive diplomatique pour éviter une "guerre totale" * Peu d'espoirs de cessez-le-feu (Actualisé avec rencontre en cours) PARIS, 6 février (Reuters) - Au lendemain de leur visite à Kiev, François Hollande et Angela Merkel sont allés rencontrer vendredi Vladimir Poutine à Moscou avec le maigre espoir d'obtenir un cessez-le-feu, en préalable à un accord global sur la crise en Ukraine, où la violence redouble d'intensité. Signe des tensions suscitées par le conflit, le président français et la chancelière allemande se sont rendus directement au Kremlin sans passer devant les caméras pour les traditionnelles poignées de mains. Ils en sont sortis 75 minutes plus tard, à l'issue d'un dîner de travail, pour une séance de photos, avant de reprendre leurs discussions. Ce double déplacement "c'est bien pour aller chercher un accord et ensuite dire, s'il a été obtenu, les efforts consentis par les uns et par les autres et, s'il ne l'a pas été, qui en aura été responsable", avait dit François Hollande avant son départ pour Moscou. "Chacun est conscient que le premier pas doit être le cessez-le-feu mais qu'il ne peut pas suffire et qu'il faut aller chercher un règlement global", a-t-il ajouté, s'adressant aux journalistes avant de prendre le chemin de l'aéroport. A Berlin, Angela Merkel s'est elle aussi montrée prudente quant aux résultats de ces entretiens, jugeant "ouverte" la possibilité de parvenir à cessez-le-feu. "D'autres discussions seront peut-être nécessaires", a-t-elle dit lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre irakien. "Nous ne savons pas si les pourparlers de Moscou seront longs ou courts, si ce seront les derniers. Nous pouvons seulement faire ce qui est en notre pouvoir pour résoudre le conflit et surtout mettre fin au bain de sang", a-t-elle ajouté. RENCONTRE DE LA DERNIÈRE CHANCE ? Selon un membre de l'administration d'un grand Etat membre de l'UE ayant requis l'anonymat, le président russe n'a guère de raison d'intimer aux rebelles l'ordre de battre en retraite alors qu'ils ont le vent poupe. "Les séparatistes contrôlent la situation et gagnent du terrain. Il peut attendre tranquillement que la pression monte pour l'Ukraine et ses dirigeants", a-t-il estimé. Peu de choses ont filtré de la réunion de la veille à Kiev entre François Hollande, Angela Merkel et le président ukrainien Petro Porochenko. A Moscou, Iouri Ouchakov, principal conseiller diplomatique du Kremlin, a fait savoir que Vladimir Poutine était prêt à des entretiens constructifs avec François Hollande et Angela Merkel. L'ambassadeur de Russie en France, Alexandre Orlov, a pour sa part jugé cette rencontre à trois utile face à "une urgence, une vraie urgence d'éviter la guerre, d'éviter le massacre de civils." "C'est une rencontre d'espoir, je n'irai pas jusqu'à dire une rencontre de la dernière chance, mais c'est tout comme", a-t-il dit sur Europe 1 en précisant qu'elle avait été longuement préparée par des contacts entre Paris, Berlin, Moscou et Kiev. Engagé depuis juin dans un processus de facilitation dans la crise ukrainienne, François Hollande et Angela Merkel ont décidé de se rendre à Kiev et à Moscou pour donner une chance à la diplomatie à l'heure où le conflit menace de se transformer en "guerre totale", et en plein débat sur d'éventuelles livraisons d'armes aux forces ukrainiennes, auxquelles Paris et Berlin sont opposés. PARIS NE VEUT PAS DE L'UKRAINE DANS L'OTAN Le conflit qui oppose depuis neuf mois l'armée ukrainienne aux séparatistes pro-russes dans l'Est a fait plus de 5.000 morts et le cessez-le-feu conclu en septembre à Minsk sous l'égide de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) est resté lettre morte. Une nouvelle tentative d'obtenir un arrêt des hostilités s'est soldée par un échec, samedi dernier, dans la capitale biélorusse. En dépit des sanctions internationales qui pèsent sur l'économie russe, le soutien de Moscou aux séparatistes russes ne faiblit pas et a amené les Etats-Unis à envisager des livraisons d'armes à l'Ukraine, ce que Paris refuse à ce stade. S'adressant aux Russes, François Hollande a redit jeudi son opposition à une entrée de l'Ukraine dans l'Otan. "La France n'est pas favorable à ce que l'Ukraine entre dans l'Alliance atlantique", a-t-il dit. "Je le dis pour les Russes, qui s'inquiètent toujours, qui pensent qu'il y a la main des Américains." (Elizabeth Pineau, avec John Irish et Marine Pennetier à Paris, Madeline Chambers à Berlin, Claude Canellas à Bordeaux; Jean-Philippe Lefief pour la version française)

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  • M1178616 le vendredi 6 fév 2015 à 20:56

    IL VALAIT MIEUX ENVOYER Nicolas SARKOZY AVEC MERKEL. hollande .....mdr

  • 2445joye le vendredi 6 fév 2015 à 20:48

    Il est courageux, notre Hollande, d'aller au charbon contre Poutine avec aussi peu de légitimité.