Hollande envisage une nationalisation du site de Florange

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PAS D'ACCORD ENTRE FRANÇOIS HOLLANDE ET LE PDG D'ARCELORMITTAL SUR FLORANGE
PAS D'ACCORD ENTRE FRANÇOIS HOLLANDE ET LE PDG D'ARCELORMITTAL SUR FLORANGE

PARIS (Reuters) - François Hollande a évoqué mardi une nationalisation du site sidérurgique menacé de Florange, ce dont il s'est entretenu avec son propriétaire, le PDG d'ArcelorMittal.

Le président français a reçu Lakshmi Mittal en fin d'après-midi à l'Elysée pour discuter de l'avenir du site mosellan, au coeur d'un débat en France impliquant le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg.

La nationalisation de Florange, "ça fait partie des sujets de la discussion (...) sur ce site", a dit François Hollande à la presse après une rencontre avec le Premier ministre belge, Elio Di Rupo.

Les autorités françaises pressent ArcelorMittal de céder plus d'activités que prévu à l'origine, le groupe s'étant dit prêt à vendre les hauts fourneaux et l'aciérie, mais pas la phase à froid que Paris juge essentielle pour intéresser un repreneur.

En officialisant le 1er octobre l'arrêt de la "filière liquide" de Florange, le géant de l'acier avait accepté un délai de deux mois pour la mettre en oeuvre, le temps de permettre au gouvernement français de trouver un investisseur.

François Hollande et Lakshmi Mittal ne sont pas parvenus à un accord mardi, à en croire le communiqué publié par la présidence française à l'issue de la rencontre.

Le président "a demandé que les discussions se poursuivent entre l'Etat et l'entreprise jusqu'au terme du délai qui avait été convenu pour trouver un éventuel repreneur", peut-on y lire.

"UNITÉ NATIONALE"

Plus tôt dans la journée, Arnaud Montebourg avait salué l'unité nationale qui se dessine selon lui sur une nationalisation temporaire du site de Florange.

"Il y a comme une sorte d'unité nationale qui se construit progressivement autour du projet de nationalisation temporaire", s'est réjoui le ministre du Redressement productif lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, citant plusieurs personnalités d'opposition ayant validé cette idée.

Il a évoqué "la proposition que nous formulons aujourd'hui de prise de contrôle public temporaire avec un repreneur industriel qui met lui-même son argent".

Arnaud Montebourg avait annoncé la semaine dernière que le gouvernement avait reçu "deux offres et marques d'intérêt sur un périmètre plus large que celui octroyé par la famille Mittal".

Le bras de fer avec le sidérurgiste s'est accentué alors qu'approche la date-butoir du 1er décembre.

Arnaud Montebourg a ainsi déclaré dans un entretien publié lundi que "nous ne voulons plus de Mittal en France parce qu'ils n'ont pas respecté la France", avant de préciser qu'il visait non pas la présence du groupe en France mais ses méthodes.

Elio di Rupo a pour sa part fait état de progrès dans les négociations sur une restructuration du site de Liège, en Belgique, également confronté à une fermeture programmée de sa phase à chaud.

"Les négociations sont extrêmement avancées et on me dit qu'on pourrait avoir un accord si chacun y mettait un peu du sien", a dit Elio Di Rupo.

Jean-Baptiste Vey, Elizabeth Pineau et Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse

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