Hollande entame à Vaulx-en-Velin une tournée des banlieues

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FRANÇOIS HOLLANDE VEUT MOBILISER L'ÉLECTORAT DES BANLIEUES DÉFAVORISÉES
FRANÇOIS HOLLANDE VEUT MOBILISER L'ÉLECTORAT DES BANLIEUES DÉFAVORISÉES

par Catherine Lagrange

VAULX-EN-VELIN, Rhône (Reuters) - François Hollande a entamé vendredi à Vaulx-en-Velin, près de Lyon, une tournée de deux jours au coeur des banlieues défavorisées qu'il a invitées à voter et à avoir confiance en sa promesse de "changement" pour le prochain quinquennat.

Le candidat socialiste sera vendredi soir à Creil (Oise) sur le thème de la rénovation urbaine.

Sa journée de samedi le conduira de Trappes (Yvelines) à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), où il tiendra meeting, en passant par les Ulis (Essonne), Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).

"Je vais aller pendant 48 heures dans un certain nombre de villes qu'on appelle de banlieue, des villes populaires qui attendent beaucoup du changement", a expliqué le député de Corrèze à son arrivée à Vaulx-en-Velin, commune emblématique qui a bénéficié d'un vaste plan de rénovation.

S'il a salué les efforts engagés par les collectivités locales, François Hollande a reconnu que des problèmes aigus continuaient d'handicaper nombre de quartiers, comme le chômage des jeunes, qui y dépasse souvent les 40%, et le logement.

Vaulx-en-Velin a souvent été le berceau d'émeutes urbaines qui se sont ensuite étendues à d'autres banlieues.

"C'est ici qu'il y a eu une prise de conscience qui a entraîné la création du ministère de la Ville", a dit François Hollande, qui propose la création d'un ministère de l'Egalité des territoires.

"Nous avons ce devoir: que tout citoyen, où qu'il vive, puisse se dire qu'il a les mêmes droits, les mêmes devoirs, les mêmes chances de réussir", a-t-il expliqué devant la presse.

François Hollande a été acclamé à son arrivée au Carré de Soie, nouveau quartier de Vaulx relié directement au centre de Lyon par le métro, puis au Mas du Taureau, théâtre de graves émeutes au début des années 1990.

"J'AI CONFIANCE EN CET ÉLECTORAT"

Enfants et mères de famille ont salué le candidat aux cris de "François président" et "François, on compte sur toi".

Interrogé sur le risque d'abstention dans les banlieues, le candidat socialiste a rappelé "qu'aucun vote n'était acquis".

"Ce n'est pas parce qu'il y a des jeunes, des quartiers populaires que ça va faire des votes en ma direction", a-t-il noté, lançant un appel à l'électorat populaire "qui s'était considérablement mobilisé en 2007 pour Ségolène Royal".

"Je veux dire à cet électorat populaire qui s'est découragé, démotivé, tant il a supporté les conséquences d'une politique injuste et douloureuse, que le moment du vote est essentiel et que chacun doit être conscient de sa responsabilité. J'ai confiance en cet électorat", a-t-il dit.

Si François Hollande entre à l'Elysée, les banlieues devraient être les premiers bénéficiaires des 150.000 emplois d'avenir qu'il souhaite créer, de la caution solidaire permettant aux jeunes de se loger et de l'augmentation la proportion de logements sociaux de 20% à 25% dans certaines communes afin de favoriser la mixité sociale.

A 16 jours du premier tour, l'élu socialiste a brocardé la politique de la ville de Nicolas Sarkozy, qui avait promis en 2007 un "plan Marshall" pour les banlieues.

"Ce sont les collectivités qui font l'essentiel de l'effort. Les associations n'ont pas eu les financements attendus, l'école n'a pas été soutenue, la déscolarisation s'est développée", a-t-il dit. "Les banlieues n'attendent pas un plan Marshall (...), elles attendent de la considération et des politiques durables, en éducation, dans les services publics, pour l'emploi".

François Hollande a réitéré ses piques devant plus de 500 personnes réunies en plein air au Jardin des Libertés.

"Certains se disent, tranquillement, que vous ne viendrez pas voter", a-t-il lancé en référence au président-candidat. "Certains se disent, si ces citoyens des banlieues pouvaient se disperser entre toutes les familles. Mais je sais, que dès le 22 avril, vous choisirez le vote du changement".

"Ne vous laissez pas abuser, ni intimider, ni impressionner", a-t-il insisté. "Quand je le vois plastronner, fanfaronner, car c'est son caractère, je me dis battons-nous, rien n'est fait, rien n'est acquis, rien n'est gagné".

Avec Elizabeth Pineau à Paris, édité par Yves Clarisse

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