Hollande en terre ouvrière pour finir, sur les pas de Sarkozy

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Hollande en terre ouvrière pour finir, sur les pas de Sarkozy
Hollande en terre ouvrière pour finir, sur les pas de Sarkozy

par Thierry Lévêque

VITRY-LE-FRANÇOIS, Marne (Reuters) - François Hollande a terminé vendredi un an de campagne présidentielle par un déplacement dans des villes moyennes ouvrières du nord-est du pays, qui furent séduites par Nicolas Sarkozy et le Front national en 2007.

Le candidat socialiste faisait ses derniers pas en campagne d'avant-premier tour, alors que les derniers sondages lui promettent une avance au premier tour sur le président sortant et une large victoire au second.

A Vitry-le-François (Marne), il a appelé les électeurs à se détourner du FN et a estimé que les promesses de Nicolas Sarkozy au monde ouvrier, avec le fameux slogan "travailler plus pour gagner plus", n'avaient pas été tenues.

"Je viens dans une région qui avait fait confiance à Nicolas Sarkozy, qui était même venu dans les Ardennes faire un discours sur l'industrie, l'emploi, les ouvriers. Chacun peut mesurer l'ampleur de la désillusion, de la déception", a-t-il dit à la presse.

Il devait tenir dans la soirée une dernière réunion publique en plein air sur une place de Charleville-Mézières (Ardennes), là-même où Nicolas Sarkozy avait prononcé en 2007 un discours qui devait l'emmener vers une victoire dans les suffrages ouvriers.

François Hollande a également adressé un message aux électeurs tentés par Marine Le Pen, créditée d'une possible troisième place au premier tour, dimanche.

"Il y a une colère qui ne doit pas aller vers la dérive de l'extrême-droite, qui ne donnera aucun espoir et en définitive compliquera même la vie démocratique", a-t-il dit. Il a ajouté qu'il ne souhaitait pourtant pas parler comme le Front national, ce que fait, selon lui, Nicolas Sarkozy.

Les défaites électorales du PS, qui n'a plus remporté la présidentielle depuis 1988 et se trouve dans l'opposition depuis dix ans, est imputé en partie par les spécialistes à une désaffection de l'électorat populaire et ouvrier au profit du FN et de la droite.

LE SOUVENIR DE MITTERRAND

Le Parti socialiste, qui a en partie refait son retard dans les scrutins intermédiaires, tous largement remportés depuis 2007, s'est attaché lors de cette campagne à manifester une attention à cette partie du corps électoral, avec le thème du "patriotisme industriel" exprimé par François Hollande.

Le candidat PS s'est attaché à dire qu'à ses yeux, l'élection n'était pas jouée et leur a demandé de voter pour lui dès le premier tour, alors que le candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon termine en trombe une campagne où il a doublé ses intentions de vote dans les sondages de 7% à 14%.

"L'idée que je veux chasser, c'est que le résultat serait connu avant même que les Français se soient déplacés. Rien n'est acquis", a-t-il dit.

Il s'est cependant aussi déjà projeté dans la fonction présidentielle, expliquant aux journalistes qu'il tenterait de maîtriser son comportement au début d'un éventuel mandat, une allusion aux erreurs imputées en 2007 à Nicolas Sarkozy, le dîner du Fouquet's le soir de la victoire et des vacances de luxe.

"J'essayerai d'adopter le comportement qui conviendra, si les Français m'en donnent la possibilité, dès le départ. Parce que quand un quinquennat a mal commencé, le plus probable c'est qu'il finisse également mal", a-t-il dit.

Son équipe de campagne a précisé qu'il mettait une fois de plus, en cette dernière journée de campagne de premier tour, ses pas dans ceux de François Mitterrand, qui avait aussi en 1981 visité des petites villes ouvrières de l'est de la France.

Dans un documentaire que doit diffuser Canal+ la semaine prochaine, François Hollande raconte une rencontre fortuite à la gare d'Arras en 1994 avec le président Mitterrand, alors malade et en fin de mandat.

En absorbant des médicaments, ce dernier lui avait dit alors, à lui et à un autre élu PS, que l'avenir leur appartenait, s'est souvenu François Hollande. Il a dit se souvenir de cette recommandation: "n'attendez rien de personne et jouez vous-même votre propre destin".

Edité par Patrick Vignal

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  • M1154013 le vendredi 20 avr 2012 à 16:01

    BRAVO HOLLANDE! ET DEGAGE MOI CE SARKOZY arrogant, qui se croit maître d 'école avec les autres candidats, il se prend pour le sauveur, alors qu'il a coulé le bateau!!!...SLOGAN NORMAL POUR UN PRESIDENT PAS NORMAL!!

  • chatnour le vendredi 20 avr 2012 à 15:12

    REFLECHISSEZ BIEN, vous qui seriez tentés de voter hollande ou mélan-chions, non parce que ce sont vos idées mais CONTRE SARKO : la France, qui n'est pas majoritairement de gauche, n'acceptera pas leurs idées et ça finira comme en Russie en 1917 : les rouges contre les blancs et donc, LA GUERRE CIVILE ! Est-ce VRAIMENT CE QUE VOUS VOULEZ car c'est ce qui va arriver, la France QUI BOSSE CONTRE la France DES FAINEANTS, DE LA PROTECTION SOCIALE DEBRIDEE et DES ALLOCATIONS-BRAGUETTE !