Hollande en Israël pour une visite placée sous le signe iranien

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FRANÇOIS HOLLANDE EN VISITE EN ISRAËL
FRANÇOIS HOLLANDE EN VISITE EN ISRAËL

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - François Hollande fera valoir la position de fermeté de la France dans le dossier du nucléaire iranien lors de sa première visite présidentielle en Israël et dans les territoires palestiniens, qu'il entame ce dimanche.

De Jérusalem à Tel Aviv en passant par Ramallah, le chef de l'Etat tentera aussi de porter la voix de la France pour soutenir un processus de paix relancé du bout des lèvres cet été sous l'égide des Etats-Unis.

Paris s'est distingué le week-end dernier à Genève en s'opposant à un accord ne garantissant pas de façon vérifiable que l'Iran ne cherche pas à se doter de l'arme atomique.

La reprise des négociations entre l'Iran et le groupe P5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu et l'Allemagne) est prévue le 20 novembre, quelques heures après la fin de la visite de François Hollande en Israël.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué la "cohérence" et la détermination de la France.

"Nous espérons que la France ne fléchira pas", a-t-il déclaré dans une interview publiée vendredi sur le site internet du Figaro. "Sur le dossier iranien, nos deux pays défendent des positions communes depuis de nombreuses années, quelle que soit la majorité au pouvoir, et nous poursuivons ce partenariat essentiel avec le président Hollande."

Les présidents français et américain ont affiché mercredi leur détermination commune sur ce dossier tout en mettant la balle dans le camp de Téhéran, invité à "apporter une réponse positive" aux propositions de ce groupe.

Israël pousse en faveur du démantèlement complet des installations iraniennes d'enrichissement de l'uranium et redoute un allègement prématuré des sanctions économiques à l'encontre de Téhéran.

"MOMENT D'ESPOIR"

"Nous n'avons peut-être pas la même approche tactique que les Israéliens mais nous avons en commun le souhait que ce programme doit cesser", dit-on à l'Elysée.

François Hollande, qui s'adressera lundi à la Knesset, encouragera la difficile relance du processus de paix, encore fragilisée par la récente démission de la délégation palestinienne aux négociations, faute de progrès constatés.

"C'est un moment d'espoir qu'on peut nuancer, minimiser, mais malgré tout d'un espoir d'arriver à un accord", dit un conseiller de François Hollande.

Le président français souhaite "encourager les parties israélienne et palestinienne au compromis, à faire l'effort, à avoir le courage nécessaire pour avancer et mettre sur pied une solution acceptable pour tout le monde", ajoute-t-il.

Il devrait réaffirmer son opposition à la colonisation, conformément à la position de l'Union européenne, quelques jours après que Benjamin Netanyahu a ordonné le gel d'un important projet de constructions en Cisjordanie.

"Nous sommes opposés à la colonisation et à toute extension qui ne peut que nuire au processus de paix donc la plus grande retenue est certainement nécessaire si on veut aboutir à un accord", rappelle un diplomate français.

Soucieux d'équilibre, le programme de 48 heures du président annonce des entretiens avec les président et Premier ministre israéliens Shimon Peres et Benjamin Netanyahu, ainsi qu'une rencontre avec le chef de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

VOLET ÉCONOMIQUE

François Hollande se recueillera au mémorial dédié à l'ancien président palestinien Yasser Arafat, mort en 2004, ainsi que sur la tombe du Premier ministre israélien assassiné en 1995, Itzhak Rabin.

Un passage au domaine de Sainte-Anne, site administré par la France dans le Vieux Jérusalem, est annoncé, de même qu'une visite au mémorial de Yad Vashem et un hommage aux victimes de l'attentat du 19 mars 2012 dans une école juive de Toulouse, qui avait fait quatre morts, dont trois enfants.

A Ramallah, François Hollande s'entretiendra avec Mahmoud Abbas pour la quatrième fois depuis son arrivée au pouvoir, dans les pas de François Mitterrand qui s'était déclaré favorable à la création d'un Etat palestinien dès 1982.

La France, qui a soutenu l'idée d'accorder à l'Autorité palestinienne le statut d'observateur aux Nations unies obtenu l'an dernier, confirmera son aide à des territoires qui bénéficient chaque année de 300 millions d'euros de l'Union européenne.

L'aspect économique n'est pas oublié et une quarantaine de grands patrons font partie de la délégation présidentielle, qui compte aussi six ministres dont celui de l'Economie, Pierre Moscovici.

L'Union européenne est le premier partenaire commercial d'Israël mais Paris juge insuffisants les flux commerciaux entre les deux pays, qui s'élèvent à 2,4 milliards d'euros annuels.

La France est le 11e fournisseur d'Israël, une place qu'elle juge "pas à la hauteur des liens" qui unissent les deux pays.

Avec John Irish à Paris et Maayan Lubell en Israël, édité par Yves Clarisse

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  • dsta le dimanche 17 nov 2013 à 09:51

    Il va montrer aux israéliens comment il faut faire pour régler les problèmes d'otages...et surtout pour en avoir de plus en plus ! Voilà une courbe croissante: ce serait risible si ce n'était aussi grave ! UN VRAI AMATEUR !

  • M2280901 le dimanche 17 nov 2013 à 09:40

    il y a le feu à la maison et il va se promener