Hollande dit ses "regrets" aux magistrats choqués par ses propos

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    * Hollande regrette la "blessure" des magistrats 
    * L'USM évoque un "début de réponse", attend des gestes 
    * Appels à une réforme constitutionnelle du CSM 
 
 (Actualisé avec réponses, détails, contexte) 
    PARIS, 14 octobre (Reuters) - François Hollande a écrit 
vendredi aux représentants des magistrats français pour leur 
dire qu'il "regrette profondément" la "blessure" qu'ils ont 
ressentie après ses propos rapportés sur la "lâcheté" de 
l'institution.  
    Ces propos "sont sans rapport avec la réalité de ma pensée 
comme avec la ligne de conduite et d'action que je me suis fixée 
comme président de la République, garant de l'indépendance de 
l'autorité judiciaire", écrit le président dans une lettre dont 
l'Elysée a transmis une copie.   
    "Je regrette profondément ce qui a été ressenti comme une 
blessure par les magistrats dont je mesure, chaque jour, le 
courage et le dévouement dans la mission difficile qui est la 
leur", ajoute François Hollande dans ce courrier adressé à tous 
les syndicats de magistrats, aux conférences de présidents et de 
procureurs et au Conseil supérieur de la magistrature.  
    Dans une réaction transmise à Reuters, la conférence des 
premiers présidents de cours d'appel a dit "noter le caractère 
exceptionnel de la lettre du président de la République, qui 
répond à une situation tout aussi exceptionnelle, tant le 
sentiment d'humiliation (...) est fort".  
    Pour l'Union syndicale de la magistrature (USM), majoritaire 
dans la profession, l'expression publique de regrets était "un 
préalable" nécessaire à tout apaisement.  
    "C'est un début de réponse. Sans ça, la crise risquait de 
s'enkyster, c'est une manière d'éviter ça", a dit à Reuters 
Olivier Janson, secrétaire général adjoint de l'USM. "Mais on 
attend autre chose après", a-t-il ajouté, demandant des "gestes 
d'apaisement concrets", à même de "redonner du crédit à la 
parole du président".  
    L'ensemble de la magistrature française avait dénoncé jeudi 
les propos de François Hollande publiés dans un livre de deux 
journalistes du Monde, évoquant une "nouvelle humiliation" après 
celles infligées par son prédécesseur Nicolas Sarkozy, qui a 
entretenu un lourd contentieux avec les juges sous sa 
présidence.   
    
    "DÉBUT DE RÉPONSE" 
    Face à cette colère inédite, le ministre de la Justice 
Jean-Jacques Urvoas a reçu vendredi les représentants de l'USM 
et des conférences des présidents de cour d'appel, tribunaux, 
procureurs et procureurs généraux pour les assurer de leur 
"confiance".   
    "On n'est pas susceptibles, ce n'est pas un honneur froissé. 
C'est une crise institutionnelle", assure Olivier Janson.  
    L'entourage de François Hollande, comme le ministre de la 
Justice, insistent depuis jeudi sur le "respect" dont le 
président a toujours fait preuve, disent-ils, à l'égard de 
l'institution judiciaire, et appellent à le considérer "au 
regard de ses actes et de ses discours publics". 
    Avant François Hollande, son prédécesseur à l'Elysée Nicolas 
Sarkozy s'était attiré les foudres des magistrats, notamment en 
les comparant à des "petits pois sans saveur". Pour Olivier 
Janson, la révélation des propos de l'actuel président donnent 
l'impression "qu'il y a un fil conducteur dans la classe 
politique française : ils ont un problème avec la justice."  
    A la faveur de cette crise, de nombreux magistrats, de l'USM 
au premier président de la Cour de cassation, ont d'ailleurs 
renouvelé leur demande d'une réforme constitutionnelle d'ampleur 
du Conseil supérieur de la magistrature, pour garantir la pleine 
indépendance des procureurs, notamment.  
    Dans un communiqué, Jean-Jacques Urvoas rappelle que ce 
projet de réforme a été présenté au parlement. "Cette réforme 
n'a pu aboutir du seul fait du reniement par l'opposition de ses 
votes antérieurs", assure-t-il. 
 
 (Elizabeth Pineau et Chine Labbé, avec Simon carraud, édité par 
Yves Clarisse) 
 
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  • rodde12 il y a un mois

    Moi j'ai bien aimé sa prédiction sur la Marianne en tchador. quant à ses propos sur les juges c'est du simple bon sens. Vous ne vous rappelez pas du mur des c ns? Les juges jugeant au nom du peuple français ? Oui s'ils sont élus . Non si c'est l'expression d'une catégorie administrative.

  • M898407 il y a un mois

    Quel courageux personnage ! Incapable d'assumer ses propos, pourtant officiels ! On lui demande de s'expliquer, pas de s'excuser ! Tout juste bon à être au mieux maire d'un petit village et d'en commémorer les faits divers....

  • CHANOMAR il y a un mois

    il faut pas grand-chose pour que leur honneur soie sauve mais les pensées dites sont toujours la

  • gustav10 il y a un mois

    Ne pas oublier le "Mur des cons" du syndicat de la magistrature.

  • g.marti4 il y a un mois

    Curieux... pour ceux qui suivent le feuilleton "plus belle la vie" il y a eu aussi une critique du monde judiciaire qui semble au-dessus des lois. Prémonition ? Ou alors Hollande suit-il "plus belle la vie" avec gourmandise ?

  • pbenard6 il y a un mois

    pitoyable, ridicule......

  • xk8r il y a un mois

    il n'a vraiment rien dans le sac ...................