Hollande devance Sarkozy au 1er tour, Le Pen entre 18% et 20%

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Hollande devance Sarkozy au 1er tour, Le Pen entre 18% et 20%
Hollande devance Sarkozy au 1er tour, Le Pen entre 18% et 20%

PARIS (Reuters) - Le socialiste François Hollande est arrivé dimanche nettement en tête du premier tour de l'élection présidentielle française avec environ 29% des voix devant Nicolas Sarkozy (25,5% à 27%), en position défavorable pour emporter un second mandat, selon les premières estimations des instituts de sondage.

La candidate du Front national, Marine Le Pen, qui menait à 43 ans sa première campagne dans le sillage de son père, signe le meilleur score présidentiel de l'extrême droite française sous la Ve République avec 18,2% à 20% des suffrages, d'après quatre instituts de sondage.

François Hollande obtiendrait 29,3% selon CSA, 28,7% selon Harris Interactive-Viadeo, 28,6% selon TNS-Sofres, 28,4% selon Ipsos. Nicolas Sarkozy est crédité respectivement de 26%, 26,9%, 27%, 25,5% dans le même ordre d'instituts.

Le député de Corrèze, qui ambitionne de ramener la gauche au pouvoir en France 31 ans après la victoire de François Mitterrand, et le président-candidat, handicapé pour le second tour par un faible réservoir de voix, s'affronteront le 6 mai.

C'est la première fois sous la Ve République qu'un chef de l'Etat sortant n'est pas en tête à l'issue du premier tour. Le scénario du second tour n'en est pas pour autant écrit.

François Mitterrand l'avait par exemple emporté en 1981 après avoir été deuxième à l'issue du premier tour et ayant été éliminé en 1974 après avoir devancé Valéry Giscard d'Estaing.

Cinq ans après un scrutin présidentiel marqué par une participation exceptionnelle au premier tour (83,77%), les 44,5 millions d'électeurs appelés aux urnes se sont fortement mobilisés, démentant des enquêtes alarmantes sur l'abstention et une désaffection supposée des Français envers la politique.

Le taux de participation s'est élevé aux alentours de 80%, selon les instituts de sondage.

MÉLENCHON EN QUATRIÈME POSITION

Marine Le Pen réussit donc le pari d'obtenir la troisième place, dépassant largement le score qui avait permis à son père de se qualifier le 21 avril 2002 pour le second tour aux dépens du socialiste Lionel Jospin (16,86%).

Un temps considéré comme "le troisième homme" possible du scrutin par les instituts de sondage, le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui vivait lui aussi son baptême du feu électoral, échoue à détrôner le FN.

Dans la bataille du "front contre front", le député européen recueille de 10,8% à 11,7% des voix, une déception pour le trublion à la cravate rouge qui dispose toutefois d'un ascendant notable pour peser dans l'entre-deux-tours et au-delà.

Il avait par avance appelé à voter pour François Hollande au second tour, tandis que Marine Le Pen a refusé de donner une consigne de vote à ses électeurs.

Selon les projections, les reports de voix FN vers l'UMP au second tour sont plus mauvais qu'en 2007, ce qui obère d'autant plus les chances de réélection de Nicolas Sarkozy, qui avait obtenu 31,18% des voix au premier tour il y a cinq ans en captant une bonne part de l'électorat frontiste.

Cette année, moins d'un électeur de Marine Le Pen sur deux serait prêt à se prononcer pour le chef de l'Etat sortant, qui avait pourtant tenté une nouvelle entreprise de séduction.

ÉCHEC POUR FRANÇOIS BAYROU

Signe d'une élection dite de "crise", deux candidats "anti-système" se placent ainsi dans le quatuor de tête.

Le centriste François Bayrou fait les frais de cette recomposition politique. Troisième en 2007 avec 18,57% des voix, le président du Mouvement Démocrate (MoDem) est relégué en cinquième position avec moins de 10% des voix (8,5% à 9,1%, selon les premières estimations.

Le député béarnais, qui entend rassembler la diaspora centriste au lendemain du 6 mai, n'a pas dévoilé pour l'heure ses intentions pour l'entre-deux-tours - consigne de vote, ou pas, comme en 2007. François Bayrou, qui avait promis "un choix clair" pour 2012 et a combattu le PS comme l'UMP, a annoncé que le MoDem prendrait cette année une décision "collégiale".

La candidate écologiste Eva Joly ne recueillerait qu'environ 2% des voix, mieux que Dominique Voynet en 2007 (1,57%) mais loin du meilleur score présidentiel des Verts : Noël Mamère avec 5,25% des voix en 2002.

Les candidats d'extrême gauche Philippe Poutou (NPA) et Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) obtiennent près de 2% à eux deux.

Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, président de "Debout la République", est crédité d'environ 1,5%, Jacques Cheminade de 0,2 à 0,3%.

Au vu du rapport de forces entre gauche et droite à 20h00, le candidat socialiste François Hollande s'impose comme le favori pour le second tour.

"Au-delà de deux points d'écart avec Nicolas Sarkozy, ça se présente très très très bien pour le second tout", déclarait dimanche un responsable du PS.

Sophie Louet, édité par Yves Clarisse et Gilles Trequesser

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