Hollande demande discipline et exemplarité à ses ministres

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Hollande demande discipline et exemplarité à ses ministres
Hollande demande discipline et exemplarité à ses ministres

par Emmanuel Jarry et Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - François Hollande a demandé jeudi discipline collective et exemplarité au gouvernement, dont il a présidé le premier conseil des ministres quelques heures avant de s'envoler pour son premier grand déplacement à l'étranger, aux Etats-Unis.

Entre arrivée à pied savamment orchestrée dans la cour du Palais de l'Elysée et traditionnelle "photo de famille", les trente-quatre ministres et leur chef Jean-Marc Ayrault ont dû signer une "charte de déontologie".

La première des règles sera la solidarité, a précisé la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem.

"Le conseil des ministres accueillera chaque semaine la délibération collective mais les ministres sont ensuite invités à une solidarité sans faille à l'égard des décisions prises et des délibérations adoptées", a-t-elle déclaré, lors du compte rendu du conseil des ministres.

Une recommandation classique pour les chefs d'Etat et de gouvernement en début de mandat, soucieux d'éviter l'expression publique de désaccords, en particulier lorsque le gouvernement reflète toute la diversité de leur majorité.

"L'expression directe ou indirecte de désaccords ne peut qu'affaiblir le gouvernement et susciter le scepticisme des citoyens à l'égard de la crédibilité de l'action politique", lit-on dans la charte, diffusée par l'Elysée.

Il y est aussi question de "concertation", "transparence", "impartialité", "disponibilité", "intégrité" et "exemplarité".

Le conseil des ministres a adopté sur ce chapitre plusieurs mesures symboliques, dont un décret réduisant de 30% la rémunération des membres du gouvernement.

Selon un communiqué gouvernemental, la rémunération brute d'un ministre sera ainsi de 9.940 euros par mois au lieu de 14.200 et celle d'un secrétaire d'Etat 9.443 euros au lieu de 13.490.

Pour le président et le Premier ministre, cette réduction nécessite une disposition dans la prochaine loi de finances rectificative pour 2012 avec entrée en vigueur rétroactive au 15 mai. Leur rémunération brute sera alors de 14.910 euros par mois au lieu de 21.300 euros, précise le communiqué.

"GRANDE SOBRIÉTÉ"

Les ministres devront par ailleurs limiter le nombre de leurs collaborateurs à 15 et les ministres délégués à 10 et les dotations financières des cabinets seront réduite de 10%, a précisé Najat Vallaud-Belkacem.

Selon le communiqué gouvernemental, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a également recommandé aux membres de son gouvernement de faire preuve de la "plus grande sobriété" dans leur comportement et de séparer strictement dépenses publiques et dépenses privées.

Ils devront en outre remplir une déclaration d'intérêts, qui sera rendue publique dans les prochains jours.

La charte de déontologie leur impose par ailleurs de privilégier le train pour les déplacements de moins de trois heures et, s'ils voyagent par la route, de le faire dans la discrétion et le respect du code, "sauf contrainte particulière justifiant une escorte motocycliste".

Joignant le geste à la parole, le Premier ministre est venu au conseil des ministres dans une relativement modeste Peugeot 407, habituellement réservée aux directeurs de cabinet.

Pour ce premier compte rendu, les journalistes n'ont pas été autorisés à poser des questions et ont dû se contenter des communiqués et de la brève déclaration de la porte-parole.

Celle-ci a qualifié ce conseil de "concentré, sérieux, studieux, avec une forme de gravité et en même temps empreint de chaleur humaine et de confiance".

"Il y avait autour de la table une haute conscience des responsabilités et des vraies difficultés à surmonter qui nous attendent, en matière de comptes publics en particulier", a poursuivi Najat Vallaud-Belkacem.

Jean-Marc Ayrault a précisé qu'il avait demandé au premier président de la Cour des comptes de lui remettre d'ici le 1er juin un rapport d'évaluation sur l'exécution de la loi de finances 2012 et l'état des comptes publics.

Selon la porte-parole, le chef de l'Etat et le Premier ministre "ont martelé trois mots : rigueur, devoir, honneur".

Ils ont demandé aux ministres de respecter les promesses faites pendant la campagne présidentielle, de respecter le Parlement, les élus territoriaux, les administrations et les partenaires sociaux, même s'il y a un calendrier à tenir.

Ils ont aussi rappelé l'exigence pour les ministres de ne pas cumuler leurs fonctions avec un mandat exécutif local.

Emmanuel Jarry et Yann Le Guernigou, édité par Sophie Louet

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