Hollande demande à La Havane la levée totale de l'embargo US

le , mis à jour à 19:39
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* Hollande demande que l'ouverture de Washington soit "confirmée" * Les groupes français veulent consolider leur position dans l'île (Actualisé avec citations) par Elizabeth Pineau LA HAVANE, 11 mai (Reuters) - François Hollande a appelé lundi à La Havane à "élargir" les relations entre la France, l'Europe et Cuba, appelant de ses voeux la levée totale de l'embargo américain qui a "tant nui" à l'économie de l'île communiste depuis plus de 50 ans. Le président français a dit sa volonté d'accompagner la normalisation en cours entre les Etats-Unis et Cuba, annoncée en décembre et scellée le mois dernier entre Barack Obama et Raul Castro en marge du sommet des Amériques. ID:nL5N0X9002 "Je viens dans un contexte qui est particulièrement important mais encore incertain", a-t-il déclaré lors d'un échange avec des étudiants à l'université de La Havane. "Tout ce que la France pourra faire pour que (...) l'ouverture soit confirmée, pour que les mesures qui ont tant nui au développement de Cuba puissent être enfin annulées, supprimées, pour que néanmoins chaque pays soit respecté dans son identité, voilà ce que avons à faire", a-t-il ajouté. Conscient de l'aspect très symbolique de sa visite, la première d'un responsable européen depuis celle de l'Espagnol Felipe Gonzalez en 1986, François Hollande a appelé l'Europe à agir dans le respect des spécificités de Cuba, dirigée par un régime communiste depuis la Révolution de 1959. "FAVORISER LE MOUVEMENT EN COURS" Il a dit son intention de "rendre compte de ce voyage, de cette visite, des attentes du peuple cubain, et de ce que l'Europe peut faire pour accompagner, favoriser le mouvement". Outre une coopération accrue sur plan universitaire, François Hollande a demandé le soutien de Cuba aux efforts déployés pour obtenir un accord à la conférence sur le changement climatique de décembre à Paris. "Si Cuba prend des initiatives, beaucoup de pays suivront." Le chef de l'Etat est accompagné d'une importante délégation où l'on trouve de grands groupes comme Accor ACCP.PA , impliqué dans une industrie touristique florissante et Orange ORAN.SA , qui veut prendre le train du développement d'un système de télécommunications encore très imparfait. "Il est important pour le président Hollande de s'assurer que les entreprises françaises profitent de leurs positions existantes dans l'économie cubaine, même si la concurrence avec les Etats-Unis s'accroît", analyse Renata Keller, spécialiste de l'Amérique latine à l'université de Boston. "Cela montre aussi que, même si l'embargo est toujours en place, le rapprochement entre les Etats-Unis et Cuba a déjà des conséquences importantes et les tierces parties doivent prendre des mesures sans précédent pour y répondre." Le président français a entamé sa visite par un entretien à la résidence de France avec le cardinal Jaime Ortega. L'archevêque de La Havane a souvent joué un rôle de médiateur entre le régime castriste et les opposants, qui attendent beaucoup de la visite du pape François, prévue en septembre, pour faire évoluer la question des libertés à Cuba. François Hollande, qui a inauguré l'Alliance française locale, devait ensuite entamer une séquence officielle de sa visite aux côtés du président Raul Castro, 83 ans, qui dirige Cuba depuis le départ du pouvoir de son frère Fidel, 88 ans. Une rencontre dans la journée avec le père de la Révolution cubaine n'est pas exclue, selon l'entourage du président. (avec Daniel Trotta, Claudia Gaillard et Richard Taffe, édité par Yves Clarisse)


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