Hollande conforté par les urnes sur le chemin de l'Elysée

le
1
Hollande conforté par les urnes sur le chemin de l'Elysée
Hollande conforté par les urnes sur le chemin de l'Elysée

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - "Je suis plus fort puisque je suis premier !"

Dès l'aéroport de Brive-la-Gaillarde où il a pris l'avion dimanche soir pour Paris, François Hollande résumait le sentiment de son camp sur un premier tour qui l'a vu gagner son pari d'arriver en tête, avec 28,63% des voix, confortant ses chances d'être élu à l'Elysée le 6 mai.

Au traditionnel jeu de la "dynamique d'entre-deux tours", le député de Corrèze a assuré dans sa première déclaration être "le mieux placé" pour succéder à Nicolas Sarkozy, à un point et demi derrière lui (27,18%).

"Un mouchoir de poche", dit-on à l'UMP. Un "désaveu historique" pour un président sortant dans l'histoire de la Ve République, souligne-t-on au PS.

François Hollande a refusé l'idée de Nicolas Sarkozy de tenir plusieurs débats de second tour, estimant que ce n'est pas parce que le président "va mal qu'il faut changer la règle".

"C'est comme les mauvais élèves qui disent qu'on va changer l'organisation de l'épreuve", a-t-il dit, plantant d'emblée le décor du duel des deux semaines à venir qui sera donc ponctué par un seul débat télévisé, sans doute le mercredi 2 mai.

Face à un président en mauvaise posture pour espérer remporter un second mandat, François Hollande affirme ne pas sous-estimer la violence des coups à venir.

"Comme il est en très grande difficulté, je ne doute pas qu'il utilisera tous les leviers de la peur", croit-il savoir.

François Hollande, qui a engrangé les soutiens plus ou moins enthousiastes de la candidate d'Europe Ecologie-Les Verts Eva Joly (2,31%), de celui du Front de Gauche Jean-Luc Mélenchon (11,11%) et du représentant du Nouveau parti anticapitaliste Philippe Poutou (1,15%), totalise 43,2% des voix à gauche.

Le second tour reposera donc sur les électeurs -beaucoup moins nombreux que prévu- s'étant abstenus au premier, les reports des 9,13% des voix engrangées par le centriste François Bayrou et des suffrages recueillis par la candidate du Front national Marine Le Pen, à 17,9%, un niveau historique pour la formation d'extrême droite.

Selon les différents instituts de sondages, environ 20% des voix du Front national pourraient aller vers le candidat PS.

VOTE PAR COLÈRE

A la question de savoir comment s'adresser à ces électeurs, François Hollande répond par son leitmotiv du rassemblement, tout en accusant l'UMP d'avoir attisé les braises de l'extrême droite.

"Je vais adresser un message à tous les Français mais je ne vais pas chercher à séduire l'extrême droite", a-t-il déclaré lundi matin à son siège de campagne.

"L'extrême droite est à un haut niveau et Nicolas Sarkozy en est responsable et puis il y a des électeurs qui ont pu aller vers ce vote par colère, c'est ceux-là que je dois entendre", a aussi estimé le candidat après avoir passé une partie de la nuit à rédiger sa profession de foi pour le second tour.

Le Parti socialiste ne saurait pour autant s'exonérer de la responsabilité de n'avoir pas su convaincre jeunes et ouvriers, traditionnels électeurs de gauche tombés pour une bonne part dans l'escarcelle de Marine Le Pen, si l'on en croit les premières analyses du scrutin de dimanche.

Pourtant, le "pacte productif" et surtout la jeunesse, angoissée par le chômage et le manque de perspectives, ont été élevés au rang de priorités absolues par le candidat socialiste.

"Il y a beaucoup d'électeurs qui ont exprimé une colère", a reconnu François Hollande. "Les voix du Front de gauche permettent à la gauche d'être haute mais ça ne peut pas non plus suffire, donc il faut que j'aille chercher les électeurs qui veulent se rassembler pour le changement".

En Bretagne lundi après-midi, l'élu PS a prévu une campagne de second tour active, à défaut d'être très différente de celle du premier tour sur le fond.

Il sera mardi soir à 20h00 sur TF1, jeudi soir à "Des paroles et des actes" sur France 2. Des meetings sont annoncés vendredi à Limoges, le 1er mai à Nevers et le 3 mai à Toulouse.

L'idée d'un grand meeting commun de la gauche, potentiellement le 1er mai, a été lancée, mais le Front de gauche est pour l'instant réticent.

L'équipe de Jean-Luc Mélenchon et celle de François Hollande ne sauraient cependant faire l'économie de discussions en vue des élections législatives pour lesquelles aucun accord n'a été passé, à la différence des écologistes.

Edité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • laquitta le lundi 23 avr 2012 à 13:24

    faut pas pousser, hollande comme tous nos présidents en fait représente à peine un quart des inscrits. Donc il faut pour les legislatives obtenir la proportionnelle qui est la seule vraie représentation des français. Le reste c'est du pipo!