Hollande complète sa tournée des "grands" d'Europe en Pologne

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FRANÇOIS HOLLANDE ATTENDU EN POLOGNE
FRANÇOIS HOLLANDE ATTENDU EN POLOGNE

PARIS (Reuters) - François Hollande complète ce vendredi sa tournée des "grands" pays de l'Union européenne par une visite d'Etat en Pologne, une occasion de resserrer les liens avec un pays parfois délaissé par la France au profit de l'influente Allemagne.

Après des déplacements en Allemagne, au Royaume-Uni, en Italie et en Espagne, c'est au tour de la patrie de Marie Curie, à laquelle un hommage est prévu, d'accueillir le président français qui fait ses premiers en Europe centrale.

Point d'orgue de ce déplacement, François Hollande doit prononcer un discours à la Diète polonaise où il pourrait préciser sa vision de l'Europe et de "l'intégration solidaire" qu'il appelle de ses voeux face au "bond fédéral" allemand.

Intégrée à l'Union européenne en 2004, la Pologne devrait rejoindre la zone euro à l'horizon 2015 et l'on s'attend à ce qu'elle fasse partie des principaux protagonistes de la bataille pour le budget européen qui se déroulera au sommet des 22 et 23 novembre à Bruxelles.

La Pologne, à l'instar d'autres pays qui bénéficient des fonds structurels européens et des aides agricoles, fait partie des pays qui ont le plus à craindre du coup de rabot qui devrait affecter le budget de l'Union sur la période 2014-2020.

Très politique, le déplacement en Pologne comportera néanmoins un important volet commercial avec le forum économique franco-polonais où François Hollande et le président polonais Bronislaw Komorowski prononceront un discours.

L'entourage du chef de l'Etat prévient néanmoins qu'il ne s'agit pas de renouer avec la "diplomatie de contrat" chère à Nicolas Sarkozy et que si François Hollande souhaite soutenir les entreprises françaises à l'export, il n'endossera pas le costume d'un représentant de commerce.

COOPÉRATION MILITAIRE ?

Une nombreuse délégation de chefs d'entreprises françaises devrait être présente, dont EDF et Areva, deux groupes qui entendent profiter des projets du pays dans l'énergie nucléaire.

La coopération militaire entre les deux pays pourrait aussi donner lieu à des opportunités pour les groupes d'armement français, notamment le constructeur naval militaire DCNS intéressé par la modernisation de marine polonaise.

La France et la Pologne font partie du Triangle de Weimar, auquel est aussi lié l'Allemagne, une association lancée au même moment que la dissolution de l'Union soviétique en 1991.

Les relations diplomatiques de la France et de la Pologne ont connu un coup de froid à l'occasion de l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis, la Pologne ayant rejoint la coalition.

La France a en outre tenté de retarder l'entrée de la Pologne dans l'UE, estimant qu'elle fragiliserait l'ensemble européen avec l'intégration d'un pays jugé beaucoup trop proche des positions américaines sur tous les dossiers.

Mais Nicolas Sarkozy avait privilégié les relations avec les cinq "grands" de l'Union européenne, dont il estimait qu'ils avaient plus de responsabilités, et donc plus de droits, que les 22 autres Etats membres moyens ou petits.

Cette politique avait été perçue par les "petits" comme une tentative d'imposer un directoire des grandes puissances mais n'avait jamais débouché sur des résultats concrets.

Les "grands" ont en effet souvent des intérêts divergents et n'adoptent que rarement des positions communes au sein de l'Union européenne. Paris et Varsovie défendent par exemple le maintien des aides de la Politique agricole commune que Londres rêve d'abolir tandis que Berlin veut les réduire.

Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse

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  • ANOSRA le vendredi 16 nov 2012 à 12:04

    L'Elysée annonce qu'il n'endossera pas le costume d'un représentant de commerce, une façon de dire que s'il ne ramène rien, c'est qu'il n'a rien tenté! Au prochain contrat étranger, il fera comme les autres "c'est moi qui l'a obtenu" !