Hollande chiche en réformes structurelles, selon des économistes

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FRANÇOIS HOLLANDE CHICHE EN RÉFORMES STRUCTURELLES, ESTIMENT DES ÉCONOMISTES
FRANÇOIS HOLLANDE CHICHE EN RÉFORMES STRUCTURELLES, ESTIMENT DES ÉCONOMISTES

PARIS (Reuters) - François Hollande n'a pas dévoilé beaucoup de projets de réformes structurelles lors de la présentation de son programme présidentiel jeudi, estiment des économistes, selon lesquels sa stratégie de réduction des déficits pourrait en pâtir.

Le candidat socialiste entend réduire le déficit public à 3% du PIB fin 2013. Il compte sur une accélération de la croissance l'an prochain à 1,7% après 0,5% cette année, des hypothèses supérieures au consensus Reuters.

Les économistes d'Exane BNP Paribas soulignent le "peu de réformes de structurelles" dévoilées ce jeudi et notent que "la diminution du déficit se ferait majoritairement par une réforme fiscale".

"Peu de mesures concernent la dépense publique, la réforme des retraites devant être amendée, la RGPP (Révision générale des politiques publiques-NDLR) arrêtée et 60.000 emplois publics réalloués dans l'éducation", poursuivent Pierre-Olivier Beffy et Amélie de Montchalin. "Les marchés pourraient sanctionner le manque de réformes structurelles."

Chez Barclays Capital, Marion Labouré et Fabrice Montagné relèvent qu'"il n'a pas été question de la flexibilité du marché du travail et de sa régulation, des sujets sur lesquels Nicolas Sarkozy devrait faire des annonces dimanche".

Ils ajoutent néanmoins que François Hollande "souligne à raison le besoin d'accroître la compétitivité de l'économie française et de remettre en place des programmes de réindustrialisation".

IRRÉALISTE ?

Selon Joost Beaumont, économiste chez ABN Amro, "l'objectif de monsieur Hollande d'équilibrer le budget en 2017 semble irréaliste".

"Il est fondé sur des hypothèses économiques optimistes et la plupart des mesures annoncées visent à accroître les recettes", poursuit-il. "Je n'arrive pas à trouver des mesures concrètes dans ce plan pour réduire la dépense publique."

Marc Touati, économiste chez Assya compagnie financière, souligne le risque que fait peser sur l'économie la hausse des prélèvements annoncée par François Hollande.

"La récession va s'aggraver si monsieur Hollande engage une augmentation des impôts", dit-il. "Si tel est le cas, les prévisions de croissance du projet Hollande seront très loin de la réalité."

Le candidat socialiste prévoit une hausse du taux de prélèvements obligatoires, qui passerait de 45,1% du PIB en 2012 à 46,9% en 2017.

La majorité actuelle prévoit elle aussi la poursuite de la hausse des prélèvements, la loi de programmation pluriannuelle tablant sur un taux de 45,4% en 2015.

Le gouvernement a choisi l'angle de la réduction des dépenses pour attaquer le favori des sondages.

"Il y a de quoi être inquiet", a dit la ministre du Budget, Valérie Pécresse devant les sénateurs. "Monsieur Hollande donne un coup fatal au désendettement de la France."

François Hollande prévoit de ramener le déficit public à 4,5% du PIB à la fin de l'année, 3% fin 2013, 2,3% fin 2014, 1,6% fin 2015, 0,8% fin 2016 avant de retrouver l'équilibre en 2017.

La dette publique passerait elle de 88,7% du PIB fin 2012 à 88,6% fin 2013, 87,6% fin 2014, 85,8% fin 2015, 83,4% fin 2016, 80,2% fin 2017.

Jean-Baptiste Vey, avec Vicky Buffery, édité par Yves Clarisse

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  • chatnour le jeudi 26 jan 2012 à 20:37

    oui, c'est la gauche moralisatrice et censeur de l'honnêteté (des autres), celle qui prétend culpabiliser les "riches", les "nantis" ! Après les Bouches-du-Rhône de triste mais bien actuelle mémoire, le Nord-Pas de Calais, l'Hérault hier et à présent Clamart... qui ne se souvient de l'infâme Mitterrand et tous ses mensonges, de sa clique, le Dumas et sa statue de 300.000 euros et de sa "poule", le Fabius riche héritier d'une grande lignée d'antiquaires parisiens ? Votez pour eux et re-belote !