Hollande cherche à calmer le jeu sur l'exil de Depardieu

le
1
FRANÇOIS HOLLANDE REFUSE DE BLÂMER L'EXIL FISCAL DE GÉRARD DEPARDIEU
FRANÇOIS HOLLANDE REFUSE DE BLÂMER L'EXIL FISCAL DE GÉRARD DEPARDIEU

CHATEAU-RENAULT, Indre-et-Loire (Reuters) - François Hollande a refusé lundi de "blâmer" l'exil fiscal de l'acteur Gérard Depardieu en Belgique et a pris ses distances avec les critiques de son gouvernement, préférant louer les mérites des Français qui paient leurs impôts dans leur pays.

L'affaire a fait des vagues, Gérard Depardieu ayant laissé entendre qu'il pourrait demander la nationalité belge après que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault eut qualifié d'"assez minable" son choix de devenir résident fiscal belge.

"Moi, plutôt que blâmer tel ou tel, je veux saluer le mérite de ceux qui font certes beaucoup mais qui acceptent de payer leurs impôts en France, de produire en France, de faire travailler en France et de servir leur pays", a dit le président lors d'un déplacement à Château-Renault (Indre-et-Loire).

"C'est ceux-là auxquels il faut s'adresser en leur disant merci pour cette conception patriotique. Parce que nous avons besoin de tout le monde dans cette période, des salariés, des actionnaires, des dirigeants, de tous ceux qui ont envie que leur pays soit fort, soit juste."

Auparavant, Jean-Marc Ayrault avait amorcé un recul, se défendant d'avoir critiqué la personne de Gérard Depardieu.

"Je n'ai pas traité de minable M. Depardieu. J'ai dit que ça avait un côté minable effectivement" d'établir sa résidence en Belgique pour payer moins d'impôts, a-t-il dit lors d'un déplacement à Clermont-Ferrand.

La polémique a pris de l'ampleur depuis dimanche, l'opposition de droite reprochant de faire de l'acteur un bouc émissaire, alors qu'il est peut-être "l'arbre qui cache la forêt" des exilés fiscaux.

Selon la Commission des naturalisations belge, citée par le Figaro.fr, les Français sont 15 à 20% plus nombreux depuis la rentrée à poser en urgence une demande de nationalité belge et, au total, les noms de quelque 500 ressortissants de l'Hexagone figurent aujourd'hui sur les listes d'attente.

Dans une lettre ouverte à Jean-Marc Ayrault, publiée dimanche Gérard Depardieu, 63 ans, rappelle qu'il a commencé à travailler à l'âge de 14 ans et assure avoir toujours payé ses taxes et ses impôts.

85% D'IMPOTS EN 2012 ?

Il affirme notamment avoir "payé, en 2012, 85% d'impôts sur (s)es revenus" et "145 millions d'euros d'impôts en quarante-cinq ans".

"Je vous rends mon passeport et ma Sécurité sociale dont je ne me suis jamais servi", ajoute-t-il. "Nous n'avons plus la même patrie, je suis un vrai Européen, un citoyen du monde."

Depuis trois mois, le comédien, qui possède de nombreux commerces à Paris et des vignobles en province, a mis en vente son hôtel particulier de 1.800 m2 dans le VIe arrondissement de la capitale.

Des spécialistes ont jugé le prix de vente de 50 millions d'euros évoqué par la presse excessif, mais le groupe immobilier Daniel Féau, chargé de la vente, affirme qu'il est supérieur à ce montant.

"On a pas commenté le prix (de 50 millions). Mais il est supérieur à ce montant", a dit son président, Charles-Marie Jottras, à Reuters télévision.

Le dirigeant de Daniel Féau, spécialisé dans l'immobilier de luxe, a souligné que Gérard Depardieu s'était "investi lui-même dans la décoration de ce lieu", en particulier un ancien théâtre situé dans le jardin, au-delà de l'hôtel de Chambon inscrit à l'inventaire des Monuments historiques.

"Gérard Depardieu y a mis de lui-même, il a du goût, c'est certain", a ajouté Charles-Marie Jottras, précisant qu'au-delà de 20 millions d'euros, les acheteurs étaient surtout étrangers.

Mourad Guichard, avec Lucien Libert, édité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • SaasFee le lundi 17 déc 2012 à 20:08

    Actionnaire de Peugeot, j'espère que la famille actionnaire va enfin réaliser que derrière le mot patriotisme, il n'y a rien d'autre que du toujours plus, du mépris et des insultes publiquement assumées pas nos dirigeants. Ainsi ils prendront le taureau par les cornes et cesseront de privilégier le territoire France, au détriment de leur patrimoine et de celui de leurs actionnaires.