Hollande avec les Grecs et contre les extrêmes à Athènes

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HOLLANDE AVEC LES GRECS ET CONTRE LES EXTRÊMES À ATHÈNES
HOLLANDE AVEC LES GRECS ET CONTRE LES EXTRÊMES À ATHÈNES

par Jean-Baptiste Vey

ATHENES (Reuters) - François Hollande a plaidé vendredi pour un "nouvel agenda" européen afin d'enrayer la progression des extrémismes lors d'une visite officielle à Athènes, où il a été salué pour son rôle dans le maintien de la Grèce dans la zone euro.

Le président français a renouvelé devant le Parlement grec son souhait de voir davantage d'investissements en Europe, au-delà du "plan Juncker", de faire de la jeunesse une priorité, de doter la zone euro d'un budget et d'un gouvernement économique et de donner au Parlement européen davantage de poids.

"Si j'ai souhaité qu'il puisse y avoir une nouvelle étape de la construction européenne (...), c'est parce que j'ai la conviction que si l'Europe n'avance pas, chaque pays finira par douter", a dit François Hollande.

"Je vois bien, y compris dans le mien, la poussée de l'influence de ceux qui veulent se retirer de tout, se replier, se barricader, ériger des murs, considérer l'autre comme un suspect, ne plus vouloir rien donner à ceux qui n'habitent pas dans le même endroit ou dans le même pays", a-t-il ajouté.

Une référence à la crise des migrants, pour laquelle la Grèce est en première ligne avec une estimation de 500.000 personnes arrivées sur son territoire cette année, et aux mouvements de rejet de la part de l'extrême droite constatés ces derniers mois dans de nombreux pays européens.

"Nous devons agir, c’est la raison pour laquelle je propose que l’Europe puisse se donner un nouvel agenda", a poursuivi François Hollande.

"L'AMI" FRANÇOIS HOLLANDE

Il a demandé à la Grèce d'appliquer les réformes imposées par ses créanciers internationaux, condition selon lui pour que la charge de la dette publique soit à l'avenir allégée.

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a salué lors d'un point de presse avec le président français l'aide apportée par son "ami François" lors des douloureuses négociations de l'été.

"François a été une personne qui m’a convaincu que je devais d’accepter un compromis difficile (...) en ayant pour objectif de garder l’Union européenne unie aux dépens des forces conservatrices extrêmes qui avaient des plans de division déjà prêts dans leur poche et qui n’ont pas encore abandonné ces plans", a dit le Premier ministre grec.

Pour le président français, "la question du 'Grexit' est derrière nous", à condition que la Grèce poursuive les réformes, ce dont les autorités grecques l'ont assuré.

"Je ne doute pas que chacun aura à coeur de respecter ses engagements pour que cette idée ne revoie pas le jour", a-t-il ajouté, en soulignant que le sujet avait disparu des discussions européennes depuis quelques semaines.

Les deux pays ont signé vendredi des accords de coopération par lesquels la France va notamment aider la Grèce à gérer ses actifs publics pour éviter des privatisations à prix cassés et à mettre en place un service pour les fraudeurs fiscaux voulant régulariser leur situation.

L'objectif pour la Grèce est d'éviter tout "bradage" de ces actifs, une situation qui s'est produite dans le passé, dans des conditions qui plus est opaques, a déclaré le ministre français des Finances, Michel Sapin, à des journalistes.

PARTENARIAT STRATÉGIQUE

La taille de ce fonds avait été estimée à 50 milliards d'euros, correspondant à la valeur des actifs sur le long terme.

Le service de régularisation des fraudeurs fiscaux détenant des comptes à l'étranger doit quant à lui s'inspirer du service de traitement des déclarations rectificatives (STDR) mis en place en France et qui permet aujourd'hui de drainer plus de 2 milliards d'euros supplémentaires en rythme annuel.

Le protocole signé vendredi porte également sur l'aide de la France à la Grèce pour réformer son administration et piloter ses finances publiques.

Un partenariat stratégique signé par François Hollande et le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, prévoit en outre d'accentuer la mobilisation des investisseurs avec la désignation de deux coordinateurs.

Ils seront chargés "d'identifier les secteurs d'intérêt commun et les opportunités de partenariats économiques, en vue de l'organisation, au premier semestre 2016, d'une réunion stratégique sur l’investissement en Grèce", précise le texte.

"Dans le cadre des privatisations de la période à venir, les deux parties aspirent à des propositions françaises d’investissement, au bénéfice des deux économies", poursuit-il.

Le coordinateur pour la France est le commissaire général à l'investissement, Louis Schweitzer.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • jmidy le vendredi 23 oct 2015 à 18:45

    Il profite de n'importe quelle occasion pour faire sa propagande ridicule sur les barricades et les barbelés. Il critique même ceux qui ne"veulent plus rien donner" comme si ils le pouvaient encore...ça augure mal pour le gel des impôts....

  • bordo le vendredi 23 oct 2015 à 18:11

    C'est chouette d'être président, on se balade, on bouffe, on va rue du cirque...

  • M9244933 le vendredi 23 oct 2015 à 17:43

    Avec moins de charl-eaux au service du clientélisme, qui dépensent plus que les recettes et font des montagnes de dettes au point de ne plus avoir de marge de manoeuvre quand les temps deviennent durs, les extrêmes n'auraient pas beaucoup d'audience. Mais dans des pays comme la France et la Grèce, c'est un voeu pieux depuis des décennies.

  • guerber3 le vendredi 23 oct 2015 à 17:41

    S' ils pouvaient le garder : quelle joie en France...!

  • mary2776 le vendredi 23 oct 2015 à 17:17

    Quel gui gui gui gui gui niol niol niol niol

  • jharguin le vendredi 23 oct 2015 à 17:17

    C'est bien qu'il aille se faire voir chez les Grecs

  • dumont47 le vendredi 23 oct 2015 à 16:32

    François se présente à Athènes ?

  • M3182284 le vendredi 23 oct 2015 à 16:04

    Sauf que syriza est un gouvernement d'extrémistes, et que la modération est difficile à trouver en Grèce.