Hollande au Vatican pour parler solidarité et chrétiens d'Orient

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    * Hollande salue les paroles du pape après les attentats 
    * La laïcité oblige la République à protéger les croyants, 
dit-il 
    * Paris préoccupé par le sort des chrétiens d'Orient 
 
    ROME, 17 août (Reuters) - François Hollande a cité la 
solidarité face au terrorisme, la laïcité et le sort des 
chrétiens d'Orient au chapitre des thèmes abordés avec le pape 
François en audience privée, mercredi au Vatican. 
    Le président français et le souverain pontife se sont 
entretenus en tête-à-tête pendant quarante minutes selon 
l'Elysée, qui a diffusé une photographie les montrant en train 
de se saluer chaleureusement.  
    Cette visite du président français au Saint-Siège survient 
trois semaines après l'assassinat d'un prêtre, en pleine messe, 
par deux hommes se réclamant de l'Etat islamique à 
Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime). 
    A son arrivée à Rome, François Hollande a salué l'attitude 
des autorités religieuses et les "paroles très réconfortantes" 
du pape après cet attentat.  
    "Il m'avait fait cette confidence qu'il se tenait comme un 
frère aux côtés du peuple français. Et c'est l'expression qu'il 
a reprise ensuite aux JMJ (journées mondiales de la 
jeunesse-NDLR) à Cracovie", a rappelé le président français 
devant la presse à la sortie de la basilique 
Saint-Louis-des-Français, église française située au coeur de 
Rome. 
    "Toutes les paroles qui ont été prononcées - je pense aussi 
à ce qui a été fait par les responsables de l'Eglise de France - 
ont été très importantes dans cette période puisque ça a 
contribué à rappeler l'unité de la France, le rassemblement qui 
doit se faire et aussi la solidarité du monde à l'égard de la 
France, qui a été victime des attentats terroristes", a-t-il 
ajouté. 
    François Hollande et le ministre de l'Intérieur et des 
Cultes, Bernard Cazeneuve, se sont recueillis à 
Saint-Louis-des-Français à la mémoire des victimes du 
terrorisme.   
    Aux yeux du président, les autorités de la France, pays 
laïc, ont le devoir de protéger les croyants, qui doivent pour 
leur part veiller au "respect des autres".  
     
    "LA RÉPUBLIQUE DOIT PROTÉGER TOUS LES CULTES"  
    "Quand une église est touchée, quand un prêtre est 
assassiné, c'est la République qui est profanée", a-t-il dit. 
"La République - c'est cela la laïcité - doit protéger tous les 
cultes et elle doit assurer la liberté de croire ou de ne pas 
croire. Et donc la possibilité pour les Français et ceux qui 
vivent en France d'avoir la religion de leur choix à condition 
qu'il y ait bien sûr le respect des autres".  
    "Voilà pourquoi ce message de la laïcité n'est pas un 
message qui peut blesser mais un message qui peut réunir et 
rassembler", a-t-il insisté. 
    Interrogé sur le burkini, maillot de bain très couvrant dont 
le port par certaines femmes musulmanes fait débat en France 
 , François Hollande a répondu que ce sujet "ne sera 
pas pour aujourd'hui." 
    La situation au Moyen-Orient, celle des réfugiés et le sort 
particulier des chrétiens d'Orient, persécutés dans des pays 
comme l'Irak, devaient en revanche être abordés avec le 
souverain pontife. 
    "Nous avons cette même vocation, chacun à notre place : la 
France parce que nous sommes parmi les protecteurs des chrétiens 
d'Orient, et bien sûr le pape parce qu'il sait combien les 
chrétiens d'Orient contribuent à l'équilibre dans la région", a 
expliqué François Hollande.  
    Organisée dans un contexte bien différent de celui de leur 
première rencontre, en janvier 2014, la rencontre de mercredi 
entre le pape et le président devrait faire oublier les tensions 
entre les autorités françaises et le Saint-Siège nées du 
"mariage pour tous" et de la nomination de l'ambassadeur de 
France au Vatican.- 
    Le Saint-Siège avait refusé la nomination de Laurent 
Stefanini, le chef du protocole de l'Elysée, dont 
l'homosexualité a été rendue publique, poussant Paris à désigner 
après une vacance de 14 mois une autre personnalité, Philippe 
Zeller. 
 
 (Philip Pullela, avec Elizabeth Pineau à Paris, édité par Yann 
Le Guernigou) 
 
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