Hollande au Louvre après les pillages en Irak et en Syrie

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* Visite symbolique au département des antiquités orientales * Sites pillés, statues et des sculptures détruites * Bagdad veut des frappes aériennes pour protéger les sites par Marine Pennetier PARIS, 18 mars (Reuters) - François Hollande a effectué mercredi une visite symbolique au département des antiquités orientales du Louvre à l'heure où la communauté internationale apparaît démunie face à la destruction d'oeuvres et au pillage de sites en Irak et en Syrie. La mise à sac par l'Etat islamique (EI) des cités historiques de Nimroud et de Hatra en Irak et l'assaut lancé contre le musée de Mossoul ont suscité l'indignation, l'Unesco dénonçant un "nettoyage culturel" et un "crime de guerre". La guerre menée par les djihadistes est multiforme, a souligné le chef de l'Etat à l'issue de sa visite au Louvre, quelques heures après l'attaque survenue au musée du Bardo en Tunisie, pour laquelle il a exprimé sa "solidarité". Au-delà des attentats prenant pour cible les populations, "nous sommes également concernés lorsque des oeuvres en Irak en Syrie sont détruites par les mêmes fanatiques, les mêmes terroristes", a déclaré François Hollande aux côtés de la directrice générale de l'Unesco Irina Bokova. "C'est le même dessein, la même volonté : briser, casser, rompre, éradiquer tout ce qui a existé avant, éradiquer les valeurs essentielles de l'humanité". Face aux menaces qui planent sur le patrimoine mondial, il faut à tout prix "préserver les trésors" archéologiques, a-t-il ajouté après s'être fait présenter quatre oeuvres emblématiques. Le musée du Louvre est le premier à avoir présenté des antiquités assyriennes issues de fouilles au XIXe siècle sur le site de Khorsabad dans le nord de l'Irak. "On a tout intérêt à faire connaître ce que l'Irak et la Syrie ont apporté à l'humanité, les terroristes veulent faire disparaître le passé (de ces peuples), mais le passé ne disparaîtra pas quoi qu'ils fassent", dit Francis Joannes, professeur d'histoire du Proche-Orient à l'université Paris 1. "PAS DE SOLUTION SATISFAISANTE" Sur le terrain, la marge de manoeuvre est mince au vu du chaos régnant sur les deux théâtres de guerre qui ont fait plus de 200.000 morts et des millions de déplacés. En décembre, l'Institut des Nations unies pour la formation et la recherche a fait état de près de 300 sites du patrimoine culturel syrien détruits, endommagés ou pillés par les différents camps depuis le début du conflit. En Irak, l'EI est accusé de piller des sites archéologiques et de revendre les objets d'art au marché noir pour se financer. "Dans un contexte comme celui-ci, de guerres sur deux théâtres différents, il n'y a pas de solution satisfaisante en matière de protection de patrimoine et la priorité aujourd'hui est de préserver l'essentiel, de lutter contre les trafics et préserver l'avenir", souligne-t-on à l'Elysée. Pour tenter d'endiguer ce trafic, le Conseil de sécurité de l'Onu a adopté en février une résolution condamnant les destructions du patrimoine culturel irakien et appelant les Etats à lutter contre le commerce illicite des biens culturels. En parallèle de l'action menée avec Interpol, la France insiste sur l'importance de dresser des inventaires précis des oeuvres détruites ou pillées en vue de la reconstitution future des collections, et de poursuivre la formation de spécialistes pour éviter que des générations d'archéologues ne disparaissent. Une "grande exposition" sur la Mésopotamie sera en outre organisée en 2016 au Louvre Lens en coopération avec l'Irak. Début mars, le ministre irakien du Tourisme et des Antiquités a demandé à la coalition internationale de mener des frappes aériennes contre l'EI pour empêcher la poursuite des destructions de sites archéologiques. "L'objectif militaire qui a été défini c'est d'affaiblir Daesh, on l'affaiblit dans toutes les dimensions possibles, y compris dans la dimension de propagande", dit-on à l'Elysée. La réouverture du musée national irakien fin février à Bagdad fait figure de note d'espoir. Près d'un tiers des 15.000 pièces volées lors du pillage du musée en avril 2003 après la chute de Saddam Hussein auraient été restituées. (Edité par Yves Clarisse)

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