Hollande annonce un plan global en faveur des policiers

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* Les syndicats de police estiment avoir été entendus par Hollande * Des négociations devront déboucher sur un protocole en mars PARIS, 22 octobre (Reuters) - François Hollande a annoncé jeudi aux syndicats de police reçus à l'Elysée un plan global destiné à répondre à l'exaspération des forces de l'ordre, qui avaient manifesté leur colère la semaine dernière devant le ministère de la Justice. L'ensemble des syndicats ont estimé avoir été entendus par le chef de l'Etat, qui les reverra fin mars au terme de négociations menées par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et visant à déboucher sur un protocole d'accord. Le seul bémol pour les syndicalistes consiste à savoir comment l'exécutif financera les mesures annoncées, qu'ils ne peuvent chiffrer pour l'instant mais implique "des budgets importants", ont-ils dit à leur sortie de l'Elysée. François Hollande a également reçu des représentants des gendarmes, qui se sont également déclarés satisfaits. Des milliers de policiers - 7.500 à 10.000 selon les sources - avaient manifesté le 14 octobre devant le ministère de la Justice à Paris pour dénoncer des conditions de travail "insupportables" et le laxisme, à leurs yeux, de la chaîne pénale après qu'un des leurs eut été abattu par un délinquant qui aurait dû se trouver derrière les barreaux. Le Premier ministre, Manuel Valls, avait aussitôt annoncé des mesures, notamment une simplification de la chaîne pénale et un durcissement des peines liées aux armes lourdes, mais le dispositif était jugé très insuffisant par les syndicats. François Hollande leur a donc proposé un plan global comportant une redéfinition des missions, afin de mettre fin aux taches indues, une augmentation des moyens matériels, une modernisation de la chaîne pénale et, surtout, une amélioration des carrières et de certaines primes. "RÉPONSES PRÉCISES ET CLAIRES" "Nous avions des revendications fortes et nous avons eu des réponses précises, claires, qui correspondent à nos attentes, avec un calendrier précis", a déclaré Jean-Claude Delage au nom de la CFE-CGC et du syndicat Alliance. "Mais reste à savoir quel sera le financement de ces mesures", a-t-il ajouté. "Notre appel a été entendu, des mesures fortes ont été annoncées", a également déclaré Yves Lefevre, du syndicat SGP unité police. "Mais si le budget ne suit pas, il n'y aura pas de protocole d'accord", a-t-il prévenu. Jean-Claude Bailleul, de la CFDT, a estimé que François Hollande, qui a procédé à des recrutements dans la police depuis le début du quinquennat, avait enfin "ouvert des perspectives", même si lui aussi attend une concrétisation budgétaire. Le major Emmanuel Franchet, l'un des représentants des gendarmes, s'est félicité d'avoir obtenu la création de 500 postes pour 2016 et, pour les budgets 2015 et 2016, 40 millions d'euros qui permettront d'acquérir quelque 2.000 véhicules. Le message "légitime" des gendarmes et policiers "a été entendu au plus haut niveau de l'Etat", a estimé Bernard Cazeneuve, qui assistait aux entretiens. "Il serait vain de chercher à opposer police et justice qui doivent oeuvrer ensemble à la satisfaction d'un but commun : faire respecter le droit en préservant nos libertés", a-t-il ajouté. (Gérard Bon et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)

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