Hollande annonce l'accueil de 24.000 nouveaux réfugiés

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* Le mécanisme de répartition doit être obligatoire, dit Hollande. * Les dirigeants européens seront saisis en cas de désaccord * Un échec pourrait menacer Schengen, prévient le chef de l'Etat (Actualisé avec autres déclarations de Hollande) PARIS, 7 septembre (Reuters) - La France accueillera 24.000 personnes sur deux ans dans le cadre des quotas de réfugiés européens figurant dans le nouveau plan de répartition que la Commission européenne s'apprête à proposer, a déclaré lundi François Hollande. Le président de l'exécutif européen, Jean-Claude Juncker, entend que les pays membres se répartissent un nouveau contingent de quelque 120.000 personnes ayant fui les zones de guerre et arrivant dans des pays comme l'Italie, la Grèce ou la Hongrie, a indiqué lundi une source au sein de l'Union. L'Allemagne accueillerait selon ce plan, qui sera présenté mercredi, 31.443 personnes et la France 24.031. "C'est une crise, elle est dramatique, elle est grave, elle peut être maîtrisée et elle le sera", a déclaré François Hollande lors d'une conférence de presse. Le chef de l'Etat, qui a proposé une conférence internationale pour les réfugiés à Paris, a précisé que les dirigeants européens seraient saisis si les ministres de l'Intérieur de l'Union ne parvenaient pas à s'entendre le 14 septembre sur le mécanisme de répartition des réfugiés. L'Allemagne et la France se sont rangées jeudi dernier derrière la proposition de quotas obligatoires pour prendre en charge les demandeurs d'asile arrivés ces dernières semaines en Italie, en Grèce et en Hongrie. Mais la Hongrie, la République tchèque, la Slovaquie et la Pologne rejettent toujours à la mise en place de quotas de répartition. François Hollande a insisté sur le fait que le mécanisme devait être "obligatoire" et "permanent" à l'échelle de l'Europe et a prévenu que son refus pourrait entraîner la fin du la libre circulation des personnes prévue par le traité de Schengen. "S'il n'y a pas cette politique d'ensemble, le mécanisme ne tiendra pas et ça sera à ce moment-là un flux considérable et sans doute la fin de Schengen, le retour aux frontières nationales", a-t-il dit. DÉBAT EN FRANCE SUR L'ACCUEIL DES RÉFUGIES Depuis le début de l'année, 300.000 personnes ont essayé de traverser la Méditerranée au péril de leur vie et plus de 2.600 y ont trouvé la mort. Le débat sur l'accueil des réfugiés qui affluent par milliers aux portes de l'Europe est monté d'un cran en France, où le Parti socialiste a lancé un appel à la solidarité tandis que la droite propose diverses solutions. Une manifestation de soutien aux migrants issus pour la plupart de la Syrie en guerre a rassemblé samedi plusieurs milliers de personnes place de la République, à Paris. Mais plusieurs sondages parus récemment ont montré qu'une majorité de Français restaient réticents à l'idée de voir la France accueillir plus de migrants et de réfugiés. François Hollande a estimé que c'était "l'honneur" de la France d'être capable "d'accueillir les martyrisés, les proscrits, les déplacés" et a refusé de se laisser dicter sa conduite par les sondages. Il s'est cependant efforcé de "rassurer" et de "dissiper" les inquiétudes, affirmant qu'il n'était pas question "d'organiser n'importe quel accueil, n'importe où et n'importe comment". Il entend, comme l'Allemagne, créer des centres d'enregistrement des demandeurs d'asile dans les pays européens d'arrivée qui feront le tri avec les migrants économiques. Des raccompagnements devront se faire pour les migrants qui ne relèvent pas du droit d'asile, a ajouté le chef de l'Etat, soulignant que le nombre de demandeurs d'asile en France atteindrait le nombre de 60.000 en 2015. (Gérard Bon, avec Francesco Guarascio à Bruxelles, édité par Yves Clarisse)

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