Holcim pénalisé par le franc et la hausse des coûts au 3e trimestre

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ZURICH (Reuters) - Holcim, le deuxième cimentier mondial, s'est déclaré mercredi plus confiant pour le secteur de la construction en Amérique du Nord malgré un troisième trimestre 2011 en demi-teinte dans la région et a dit anticiper une demande encore "solide" sur plusieurs marchés européens.

Le groupe suisse réalise la plus grosse partie de son chiffre d'affaires dans les marchés émergents mais, comme le reste du secteur, il a subi une forte correction en Bourse ces derniers mois en raison des craintes sur la croissance et les questions de dettes souveraines, qui font peser d'importantes incertitudes sur les grands chantiers.

"En Amérique du Nord, le groupe s'attend à une légère amélioration dans le secteur de la construction", a-t-il dit mercredi.

Malgré une légère hausse des ventes à périmètre comparable, le résultat opérationnel des activités américaines a été fortement impacté par la hausse des coûts des matières premières, des transports et de l'énergie.

Cette forte hausse des coûts a été observée sur l'ensemble de régions où opère Holcim, l'inflation n'ayant pas pu être entièrement répercutée sur les prix.

Alors que le chiffre d'affaires trimestriel a reculé de 6,1%, à 5,32 milliards de francs (4,32 milliards d'euros), l'Ebitda (bénéfice avant impôts, intérêts, dépréciations et amortissement) opérationnel a ainsi accusé une baisse plus marquée, chutant de 13% sur un an, à 1,07 milliards de francs.

Holcim a néanmoins maintenu ses objectifs, visant un Ebitda opérationnel à périmètre comparable proche de celui de l'année passée. En 2010, le résultat opérationnel s'était élevé à 4,51 milliards de francs.

À L'AFFÛT D'ACQUISITIONS

Cette pression sur les coûts, à laquelle s'est ajoutée la force du franc suisse, avait été anticipée par les analystes.

La semaine dernière, le français Lafarge, numéro un du secteur, et l'allemand HeidelberCement, avaient déjà évoqué une forte hausse de leurs coûts lors de la publication de leurs trimestriels.

A cette occasion, Bruno Lafont, le directeur général de Lafarge, avait néanmoins déclaré s'attendre à ce que l'inflation des coûts ralentisse en 2012.

A 12h50 GMT, le titre Holcim, qui avait ouvert en hausse, perdait 2,76% à 51,15 francs, alors que l'indice SMI perd 1,39%. Au même moment, Lafarge reculait de 3,74%, sous-performant l'indice européen de la construction et de matériaux, en baisse de 2,66%.

"Le troisième trimestre montre une légère amélioration de tendance par rapport aux attentes et les perspectives aux Etats-Unis sont un peu plus confiantes", commentent les analystes de la Banque Cantonale de Zurich dans un communiqué.

Lors d'une conférence de presse, le directeur général d'Holcim a précisé que le groupe restait à l'affût d'acquisitions.

Le cimentier suisse, qui s'appuie sur le bilan le plus solide du secteur, dispose d'une bonne marge de manoeuvre en la matière, à l'heure où ses concurrents, tels que Lafarge, se voient contraints de se séparer d'une partie de leurs activités pour faire face à leurs dettes.

En 2009, Holcim avait ainsi racheté les activités australiennes du groupe mexicain Cemex.

Nathalie Olof-Ors, édition Pascal Schmuck et Marc Angrand

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