Holcim appelé à revoir l'accord de fusion avec Lafarge

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HOLCIM APPELÉ À REVOIR L'ACCORD DE FUSION AVEC LAFARGE
HOLCIM APPELÉ À REVOIR L'ACCORD DE FUSION AVEC LAFARGE

ZURICH (Reuters) - Le cimentier suisse Holcim s'est retrouvé lundi sous la pression de son plus gros actionnaire qui réclame, selon la presse helvétique, une révision des termes de la fusion avec le français Lafarge.

Thomas Schmidheiny, qui détient environ 20% du capital du groupe suisse, et l'investisseur institutionnel suisse Ethos, qui représente quelque 200 fonds de pension, demandent des modalités plus favorables aux actionnaires de Holcim, a rapporté dimanche le journal SonntagsZeitung.

"Le conseil d'administration de Holcim a pris note de déclarations dans la presse sur les modalités de la fusion", a réagi l'entreprise suisse dans un communiqué. "Le conseil d'administration de Holcim ne commente pas ces déclarations sinon pour dire qu'aucune citation directe ne peut être attribuée à Holcim."

La fusion avec Lafarge, qui doit donner naissance au premier cimentier mondial, a été convenue en avril dernier mais depuis lors, les analystes ont mis en avant un risque de divergence entre les perspectives de résultats des deux groupes, soulevant ainsi la possibilité d'une renégociation de ses modalités.

"La pression monte depuis que nous avons évoqué la probabilité croissante d'un ajustement des termes de la fusion, les résultats du quatrième trimestre montrant des divergences grandissantes entre les performances des deux sociétés", commente ainsi Phil Roseberg, analyste de Bernstein.

Il évoque en outre une campagne de presse critiquant les termes de la fusion, qui prévoient d'échanger chaque action Lafarge pour un titre Holcim.

L'accord doit encore obtenir l'aval des autorités de la concurrence de plusieurs pays, dont l'Inde, le plus gros marché de Holcim, des Etats-Unis et du Canada.

Une augmentation de capital rendue nécessaire par la fusion sera par ailleurs soumise à une approbation de la part des deux tiers des actionnaires du cimentier suisse, qui doivent se réunir début mai ou fin juin.

Les actionnaires de Holcim doivent réclamer des termes plus avantageux, estime Patrick Appenzeller, analyste chez Baader-Helvea.

"Pourquoi les actionnaires de Holcim devraient-ils accepter l'accord ?", fait-il valoir.

"L'accord est manifestement mauvais si vous en étudiez les fondamentaux. Je m'attends à un ratio final de 57-43 mais il faudra vraisemblablement attendre juste avant la réunion des actionnaires pour avoir une décision", ajoute-t-il.

Lundi, l'espoir de meilleures conditions pour ses actionnaires a fait monter le titre Holcim, qui prenait 1,14% vers 15h00 GMT.

Au même moment à Paris, l'action Lafarge reculait de 1,07% après avoir abandonné plus de 2% en début de séance.

(Joshua Franklin et Oliver Hirt,; Wilfrid Exbrayat, Véronique Tison et Patrick Vignal pour le service français, édité par Marc Angrand)

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  • versail1 le lundi 9 mar 2015 à 17:39

    C'était Lafarge l'initiateur et c'est Holcim qui va absorber Lafarge!Et si Lafarge retirait son offre?est-ce vraiment une opération intéressante ?A partir d'une certaine taille les synergies ne sont-elles pas illusoires?

  • M6437502 le lundi 9 mar 2015 à 17:20

    Et s'il y avait révision,comment évaluer les pertes dues aux ventes effectuées pour que la fusion soit acceptées pas les autorités des différents pays? Une fusion à ce niveau doit plutôt tenir compte de l'évolution sur le long terme et non ponctuellement.