Histoire : «Bienvenue à Val-Civique, citoyen !»

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Histoire : «Bienvenue à Val-Civique, citoyen !»
Histoire : «Bienvenue à Val-Civique, citoyen !»

Automne 1793, la grande transhumance estivale touche à sa fin. Après des mois passés à faire paître leurs troupeaux sur les hauteurs du Piémont, c'est l'heure, pour des milliers de bergers provençaux, de « far la routo » (faire la route) en sens inverse. A la tête de sa cohorte de moutons, Eusèbe redescend vers son Alès natal. Un long parcours à pied où il faut savoir ménager des étapes. Un pâtre lui a justement dit le plus grand bien de Barcelonnette. Eusèbe a suivi ses indications à la lettre et, début novembre, en découvrant une belle bourgade au fond d'une vallée, il pense être arrivé à bon port.

« Bonjour, monsieur, lance-t-il à un homme en armes à l'entrée de la ville. Suis-je bien à Barcelonnette ? » « Il n'y a plus de monsieur ici, répond son interlocuteur d'un ton bourru. Et plus de Barcelonnette non plus. » « Mais où suis-je alors ? » reprend Eusèbe. « Bienvenu à Val-Civique, citoyen ! »*

Quiconque quittait -- comme Eusèbe -- la France pendant quelques mois en 1793 aurait été sacrément déphasé. Car, dans cette année terrible où la Terreur se met en place, la Révolution s'accélère, s'emballe et bouleverse tous les repères. Le 6 octobre, le calendrier républicain est entré en vigueur. Et le 17 octobre (le 25 vendémiaire, donc), un décret est pris pour officialiser les changements de nom des communes. Depuis des semaines en effet, elles sont des milliers à avoir été rebaptisées par les sans-culottes.

Marseille, puni, devient Commune-Sans-Nom

Souvent, ce sont des villes au nom religieux auquel on substitue une appellation laïque, voire franchement républicaine. Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) devient Bains-sur-Seine, La Villedieu (Charente-Maritime) est renommée La Carmagnole. Que ce soit à travers le calendrier ou les noms de communes, il s'agit pour les révolutionnaires de « régénérer la société, décrypte Jean-Luc Chappey, maître de conférences ...

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