Hinkley Point-Le PDG et les syndicats d'EDF restent dos à dos

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    * Les syndicats veulent un report après 2016, voire de 3 ans 
    * Un report de plusieurs années n'est pas faisable, selon le 
PDG 
    * Lévy prône un lancement après l'avis du CCE d'EDF 
 
 (Actualisé avec audition du PDG) 
    PARIS, 27 avril (Reuters) - L'intersyndicale CGT, CFE-CGC et 
FO d'EDF  EDF.PA  a défendu mercredi sa demande d'un report de 
la décision du groupe d'investir dans la construction de deux 
réacteurs nucléaires de type EPR à Hinkley Point, en Angleterre, 
jugeant qu'un lancement rapide serait "destructeur". 
    Jean-Bernard Lévy, le PDG de l'électricien public, a 
toutefois répété qu'un décalage de plusieurs années n'était "ni 
nécessaire, ni faisable" et qu'il remettrait en cause l'ensemble 
du projet. 
    EDF a annoncé vendredi qu'il consulterait son comité central 
d'entreprise (CCE) avant de se prononcer sur Hinkley Point mais 
le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a assuré que ce projet 
de 18 milliards de livres sterling (23 milliards d'euros 
environ) pourrait être confirmé en septembre.   
  
    "Je suis convaincu qu'Hinkley Point doit se faire, il doit 
se faire maintenant, dès que nous aurons eu l'avis du comité 
central d'entreprise", a dit Jean-Bernard Lévy mercredi lors 
d'une audition en commission au Sénat. 
    Le PDG a une nouvelle fois mis en avant le taux de 
rentabilité d'environ 9% par an du projet, qui bénéficiera d'un 
prix garanti sur 35 ans, et rappelé que tous les accords pour le 
lancer étaient prêts et validés par la Commission européenne. 
    S'exprimant au nom de l'intersyndicale, Marie-Claire 
Cailletaud, porte-parole de la CGT, a pour sa part exclu un 
report a minima. 
    "Consulter, c'est bien. Ecouter tous ceux qui, très 
nombreux, demandent un report du lancement de ce projet, c'est 
mieux. Nos trois organisations syndicales [CGT, CFE-CGC et FO] 
ne sauraient se satisfaire d'un décalage de deux ou trois mois 
(...)", a-t-elle dit lors d'une audition en commission à 
l'Assemblée nationale.  
    Marie-Claire Cailletaud a ajouté qu'un lancement "immédiat 
et précipité" serait "plus que destructeur" et rappelé que les 
conditions financières du projet avaient changé, EDF devant 
notamment porter aujourd'hui les deux tiers de l'investissement, 
contre 40% en 2013, ce qui "ferait exploser sa dette à 61 
milliards d'euros".     
     
    SÉGOLÈNE ROYAL VEUT DES "PREUVES COMPLÉMENTAIRES" 
    La CGT, CFE-CGC et FO ont aussi redit leur souhait qu'EDF ne 
lance pas Hinkley Point avant de bénéficier du retour 
d'expérience des EPR en cours de construction en France 
(Flamanville) et en Chine (Taishan). 
    Défendant le décalage d'un feu vert au-delà de 2016, voire 
de trois ans, l'intersyndicale a assuré qu'elle continuait de 
"croire" au projet mais qu'il devait notamment reposer sur une 
véritable alliance industrielle franco-britannique et sur un 
modèle d'EPR "simplifié".     
    Vincent Rodet, coordonnateur CFDT chez EDF, a pour sa part 
déclaré aux députés que son syndicat souhaitait l'examen des 
conséquences de trois scénarios: un lancement dès septembre, un 
report de deux ou trois ans, et un abandon pur et simple. 
    La ministre de l'Energie Ségolène Royal a par ailleurs 
répété mercredi qu'elle attendait des "preuves complémentaires" 
du bien-fondé des investissements prévus par EDF, notamment à 
Hinkley Point, qui risquent selon elle de pénaliser les énergies 
renouvelables.   
    EDF a annoncé vendredi une série de mesures pour renforcer 
sa structure financière, dont une augmentation de capital de 
quatre milliards d'euros à laquelle l'Etat participera à hauteur 
de trois milliards, l'option d'un versement des dividendes en 
action pour 2016 et 2017, et un plan de cessions d'environ 10 
milliards à l'horizon 2020.   
    "Les choses ont été calculées de manière à rendre nos 
investissements et notre bilan cohérents", a commenté mercredi 
Jean-Bernard Lévy, ajoutant que l'augmentation de capital 
donnerait au groupe les moyens de financer ses investissements, 
en particulier dans le nucléaire en France, et qu'il 
n'envisageait pas d'ouvrir le capital de ses centrales.      
    En Bourse, l'action EDF s'adjuge 6,793% à 12,345 euros à 
13h10, parmi les plus fortes hausses de l'indice SBF 120 
 .SBF120  (+0,35%). 
 
 (Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot) 
 

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  • clausfer il y a 7 mois

    On a bien compris l'attitude de Ségolène: temporiser au maximum pour ne pas froisser des amis verts, et surtout ne pas s'engager. Elle a moins de courage qu'une épicière de quartier et compte sur les prochains élus pour prendre les décisions, quitte à faire capoter le projet.