Hinkley Point: Bouygues et Vallourec nient un conflit d'intérêt

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BOUYGUES ET VALLOUREC NE VOIENT AUCUN CONFLIT D'INTÉRÊT SUR LE DOSSIER HINKLEY POINT
BOUYGUES ET VALLOUREC NE VOIENT AUCUN CONFLIT D'INTÉRÊT SUR LE DOSSIER HINKLEY POINT

par Geert De Clercq

PARIS (Reuters) - Bouygues et Vallourec ont démenti mercredi que leurs administrateurs siégeant aussi au conseil d'EDF se trouvaient en conflit d'intérêt lors du vote en faveur du projet de réacteurs nucléaires d'Hinkley Point au Royaume-Uni.

Le conseil d'administration d'EDF a approuvé le 28 juillet à dix voix contre sept le projet controversé de 18 milliards de livres (21 milliards d'euros).

Les syndicats d'EDF estiment que le projet doit être repoussé non seulement parce qu'ils le jugent financièrement risqué, mais aussi parce qu'ils estiment que de possibles conflits d'intérêts au sein du conseil ont pu avoir une influence sur le vote.

Selon eux, trois administrateurs d'EDF auraient dû s'abstenir car ils siègent aussi au conseil d'autres entreprises clientes du groupe et pouvant donc bénéficier du projet.

Colette Lewiner siège à la fois au conseil d'EDF et à celui de Bouygues, destiné à être l'un des principaux entrepreneurs engagés sur le chantier d'Hinkley Point.

"Concernant Mme Colette Lewiner, il n'y a aucun conflit d'intérêt", a déclaré un porte-parole de Bouygues.

Il a souligné que Colette Lewiner siégeait au conseil de Bouygues en tant qu'administratrice indépendante et que les décisions du groupe de BTP concernant Hinkley Point n'étaient pas prises au niveau du conseil d'administration.

Colette Lewiner n'était pas joignable dans l'immédiat.

En octobre 2013, une coentreprise entre BouyguesTravaux Publics (TP) et le groupe britannique Laing O'Rourke avait indiqué avoir eu la confirmation qu'elle serait le partenaire privilégié pour le principal contrat d'ingénierie civile et de construction de Hinkley Point, évalué à deux milliards de livres.

Un autre administrateur d'EDF, Philippe Crouzet, préside aussi le conseil d'administration de Vallourec, dont la filiale Valinox fabrique des tubes destinés aux centrales nucléaires.

Une porte-parole de Vallourec a confirmé que le groupe vendait des tubes pour les générateurs de vapeur d'Areva, qui fournira les deux réacteurs d'Hinkley Point.

Elle n'a pas souhaité fournir de précisions sur les ventes à des clients spécifiques, ni faire de commentaire sur le vote de Philippe Crouzet concernant le projet.

Les activités nucléaires de Vallourec ne représentent que 3% du chiffre d'affaires mondial du groupe, a-t-elle également indiqué. Un troisième administrateur d'EDF, Christian Masset, secrétaire général du ministère français des Affaires étrangers, siège aussi au conseil d'Areva. Il n'était pas immédiatement joignable pour commenter.

Le président du conseil d'Areva Philippe Varin a abandonné en mai son mandat d'administrateur d'EDF à la suite des interrogations soulevées par les syndicats et la presse française sur de possibles conflits d'intérêts.

(Cyril Altmeyer, édité par Patrick Vignal)

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  • anto14 il y a 4 mois

    Partir sur un projet coûte que coûte,est déjà louche en soi. Il n'y a aucun sens industriel, l'EPR est une techno non aboutie, il y a le contexte du Brexit... Quel est l'industriel assez fou pour se lancer là-dedans aussi vite quand on voit Flamanville et Olkiluoto ? Tout est piloté par l’État, mais la machine va se gripper car tout a été fait fans la précipitation et sans aucun discernement.

  • franck8 il y a 4 mois

    Oui, tout ceci est de plus en plus louche.