Hillary Clinton appelle à une levée de l'embargo sur Cuba

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(Actualisé avec citations) MIAMI, Floride, 31 juillet (Reuters) - Hillary Clinton a appelé vendredi le Congrès américain à lever "une bonne fois pour toutes" l'embargo économique contre Cuba en vigueur depuis plus d'un demi-siècle qui, selon elle, ne produit pas les effets escomptés. La candidate à l'investiture démocrate en vue de la présidentielle américaine de 2016 a également promis, si elle est élue présidente, de faciliter les déplacements des Américains vers l'île communiste. L'ancienne chef de la diplomatie de Barack Obama a profité de son discours, prononcé à Miami, pour prendre le contre-pied de deux candidats à l'investiture républicaine pour la Maison blanche: Jeb Bush, ancien gouverneur de Floride, et Marco Rubio, actuel sénateur du même Etat. Les deux républicains ont fait part de leur scepticisme vis-à-vis de la récente politique de rapprochement entamée par Washington et La Havane sous l'impulsion du président américain et de son homologue cubain, Raul Castro. Ils mettent en avant la situation des droits de l'homme dans le pays. A l'inverse, la diplomatie et le dialogue sont plus susceptibles d'améliorer les conditions de vie sur l'île, selon Hillary Clinton. "Il faut mettre fin à l'embargo une bonne fois pour toutes", a-t-elle dit lors de son intervention en Floride, un Etat qui accueille une grande partie de la diaspora cubaine. Les deux pays ont formellement rétabli ce mois-ci leurs relations diplomatiques, après plus de cinquante ans d'hostilité réciproque, et John Kerry, qui a succédé à Hillary Clinton à la tête de la diplomatie états-unienne, est attendu le 14 août prochain à Cuba. (voir [ID:nL5N1002WF)) Mais pour ce qui est d'une levée totale de l'embargo économique et commercial, le dernier mot revient au Congrès. "Nous ne pouvons plus attendre qu'une politique qui a échoué porte ses fruits", a déclaré sous les applaudissements l'ancienne secrétaire d'Etat. "Nous devons maintenant oeuvrer pour le changement sur une île qui en a désespérément besoin." L'intervention d'Hillary Clinton traduit un changement de climat en Floride, où les jeunes générations de Cubains d'origine sont moins favorables à un blocus que leurs aînés. Pour autant, la méfiance n'a pas totalement disparu: selon un éditorial publié dans le Miami Herald, le gouvernement cubain doit d'abord accorder davantage de droits à ses ressortissants avant d'espérer une fin de l'embargo. Jeb Bush a jugé le discours d'Hillary Clinton "insultant" et estimé que sa prise de position équivalait à un "recul dans la lutte pour la démocratie à Cuba". Marco Rubio, dont les parents ont quitté l'île dans les années 1950, s'est montré tout aussi critique. (Jean-Stéphane Brosse et Simon Carraud pour le service français)

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